dimanche 31 juillet 2011

Quand l'amour meurt...



Un jour, ou c’était peut être un soir, il lui a promis qu’il le lui dira, quelle sera la première à le savoir, qu’il ne lui cachera pas une chose d’une telle importance.

Il lui a promis qu’il l’informera si un jour il la cherchera et ne la trouvera plus couler dans ses veines…

Qu’il lui dira quand il perdra les traits de son visage, de son sourire et de son regard où il aimait lire tous les messages…

Qu’il lui parlera de son doigt quand il arrêtera de dessiner son nom dans l’air ou sur chaque surface qui se présente à lui en pensant à elle…

Qu’il lui confiera la lourdeur du vide qu’elle aura laissé en lui quand elle partira ou quand elle n’emplira plus son être qu’elle avait seule possédé...

Qu’il lui annoncera quand il sera hanté par tous les souvenirs qu’il a essayé d’effacer, d’oublier et quand c’est les beaux qui disparaissent pour laisser place à ceux qui le blessaient…

Qu’il lui dira tout simplement que son amour pour elle, avec toute sa grandeur, toute son ampleur, toute son intensité aura dévasté son intérieur, aura quitté son cœur et ses pensées… Quand son amour pour elle n’existera plus…

Quand il a tenu ses mains, quand il a regardé ses yeux, il était lui-même surpris de sa froideur, de son indifférence, il ne retrouve plus son trouble et tous ses frissons qu’elle était la seule à éveiller en lui… Il était surpris de ne plus la reconnaitre, de la sentir lointaine, de ne retrouver en lui aucun beau moment, aucun beau souvenir qui l’avaient hanté pour des années et l’avaient tenu à elle malgré tout ce qui s’était passé…

D’autres souvenirs le hantent maintenant, pas ceux qui les approchaient comme à chaque fois qu’ils se chamaillaient et se retrouvaient plus amoureux qu’ils ne l’étaient. Ce sont d’autres souvenirs qui le hantaient maintenant, des souvenir qui ne font que les pousser chacun vers le coté opposé…

Ils disent que l’amour est aveugle, non, il ne l’a jamais été, l’amour est un bon voyant et un bon voyeur, mais il a le pouvoir de déformer toutes les réalités. Il a le pouvoir de voir les défauts comme qualités, de transformer l’obscurité en lumière, de voir dans la guerre une paix, le pouvoir de transformer les coups en gestes protecteurs déclenchés par la jalousie d’amour …

Quand l’amour n’est plus là, la réalité est mise à nue, le démon n’a plus le visage d’un ange ou d’une fée, le cœur qu’on voyait grand et plein de bonté dévoile ses cotés durs et rancuniers et toute la haine qu’il peut emporter apparait. L’amour qu’on pensait intense et vrai, dévoile son égoïsme et son égocentrisme exagérés… Quand l’amour n’est plus là, c’est juste à ce moment qu’on voit la vérité qu’on a essayé pour longtemps de ne pas admettre.

Avec elle, maintenant, il voit les choses différemment, le voile qu’elle a su étaler devant ses yeux, la toile d’araignée qu’elle a tissée pour le mettre à ses pieds n’existent plus et il voit plus clair.

Dès le début, on l’a mis en garde, ne l’approche pas, elle va te faire souffrir, elle te fera un mal que tu ne pourras pas supporter, mais il a fait la sourde oreille et a cru en sa sincérité. Une femme, sensible, blessée par une trahison qu’elle n’a pas pu pardonner ne fera pas le même mal à l’être aimé. Une femme qui l’engueule pour chaque mot ou chaque geste mal placé ne peut être que correcte et elle n’a rien à se reprocher, pour lui c’est elle seule qui détient la vérité et tout le monde veut juste l’éloigner.

Il l’a même présenté à ses amis, il les voyait se parler et des longues nuits passées à discuter, un pincement de jalousie l’emportait mais jamais il n’a douté, elle est pour lui très haut placée, et aucune bassesse elle ne pourra lui infliger, mais elle l’a fait, elle l’a poignardé avec le même couteau qu’elle prétendait être blessée, et même pire, c’est avec son ami que lui-même lui a présenté… Il a failli mourir, ou devenir fou, jamais il n’a pu l’imaginer, ou voir venir ce qu’elle manigançait, bien que des signes l’aient mis en garde mais il avait comme d’habitude tout déformé pour la mettre au dessus de tout soupçon. Et quand elle lui a dit qu’elle a été manipulée, comme un idiot il l’a cru…

Il a pardonné, ou peut être son amour était si intense qu’il a pu effacer l’ampleur de ce mal et faire revivre le rosier qu’ils ont a deux planté. Il a pardonné, mais il n’a jamais pu oublier. Il n’a pas su que ça sera une suite de concessions, qu’elle abusera de sa vulnérabilité, sure de son amour pour elle, elle était sure qu’à chaque fois il lui reviendra, il n’est plus que cette marionnette qu’elle tire les ficelles à sa guise et selon ses humeurs, le pousser loin puis le réclamer pour le voir errer en larmes à ses pieds… Surement un sentiment de grand plaisir, de réussite, de gloire et de fierté il lui procurait surtout quand elle trouve les mots pour le rendre coupable et responsable de ce qu’elle appelait un jeu de chat et de souris et qui causait ses excès de colères souvent trop blessant et injustifiés.

Et à un moment, il n’a plus la force de supporter, ou plutôt, même avec son amour si fort, une carapace épaisse s’est endurcie autour de son cœur, et il commence à voir la vérité, sa vérité, et l’amour qu’il lui portait, après une longue agonie, a laissé son âme filer vers le non retour.
Il la voit aujourd’hui, courir vers d’autres bras, crier son désarroi. Jouer le rôle de la victime trahit pour la deuxième fois, pleurer sa malchance, elle, l’être douce qui peut tout tolérer sauf qu’on la trahie ou qu’on touche à son honneur. Pauvre la nouvelle proie qui tombera entre ses mains, aura-t-elle la chance d’être mise en garde ? Il a déjà pitié de lui, celui qui la croira et lui offrira son cœur dans un plat...

Elle peut se lamenter sur son sort, pleurer toutes les larmes, susciter la pitié de tous les hommes qui croiront en sa sincérité et sa grandeur d’âme jusqu’au jour ou le soleil illuminera leur voie.

Elle ne saura pas un jour se mettre devant le même miroir de jugement qu’elle met à tout son entourage sauf à elle-même…

Ce sont ces souvenirs qui surgissent, qui le hantent, rien de beau, rien de grand, rien d’intense, rien de vrai, sauf le mal, et c’est pour ça qu’il est temps qu’elle sache que dans son cœur elle n’est plus la reine, que le trône restera vide, il a besoin de temps, de beaucoup de temps, pour guérir ses blessures.

Pour la première fois, il part sans regarder derrière lui, sans vouloir savoir ce que ses mots ou ses actes vont engendrer, mais qu’elle aille raconter ses histoires et ses déceptions à qui elle voulait, ça ne lui fera plus rien, mais il a juste pitié de celui qui va croire à ses manigances et tomber dans ses pièges bien camouflés, elle aime trop jouer à la victime, à l’innocente qui juge tout le monde sans un jour penser à se juger…

Elle trouvera surement quelqu’un d’autre à l’aimer ou à la croire, mais elle ne pourra plus retrouver ce qu’elle a perdu, car, heureusement pour lui, il ne l’aime plus.

mardi 26 juillet 2011

Marie Laforet - Y'a pas d'raison




Y a pas de raison que l'on se mette à pleurer
Y a pas de raison parce que tu veux t'en aller
Pour vivre Vivre ailleurs qu'ici
Y a pas de raison pour en faire tout une histoire
Y a pas de raison pour qu'on dessine tout en noir
Faut faire, rien faire

L'amour c'est comme les années qui s'en vont
Y en a qui disent merci d'autres disent pardon
Moi je n'ai rien fait pour ça
Alors ne me demande pas de changer tout ça
La vie n'est pas comme on dit dans les chansons
C'est quelquefois plus gais quelquefois plus con
Moi je n'ai rien fait pour ça
Alors ne me demande pas de pleurer pour toi

Y a pas de raison pour que l'été ne revienne pas
Y a pas de raison même si toi tu n'es plus là
J'espère, j'espère mais j'y crois pas

Y a pas de raison que je ne descende plus au jardin
Les fleurs ça pousse même si on a du chagrin
C'est bête, trop bête
Les souvenirs ça se cultive comme les pois de senteur
C'est fragile faut pas exposer aux malheurs
C'est facile de garder tout ce qu'on a eu de beau
Ensemble autrefois
C'est vrai que j'ai pas rajeuni depuis le temps
Que l'on s'est rencontré, je me trouve mieux qu'avant
La jeunesse c'est pas douer pour le bonheur un peu
deux tout simplement
Quand tu reviendras je serai là
Je dirai rien ni au chien ni aux voisins

Les souvenirs ça se cultive comme les pois de senteur
C'est fragile faut pas exposer aux malheurs
C'est facile de garder tout ce qu'on a eu de beau
Ensemble autrefois

Y a pas de raison

lundi 25 juillet 2011

وقيّت باش تقيّد



تنجموا تفرحوا توّة، الصّراف اللّي فوق السبعة ملاين حصلوا و قيدوا... آش مازال؟ تي تفتوفة سبعة ملاين في سبعة ايام يكملوا بقدرة القادر و تولّي نسبة المسجلين كاملة كيف العادة 99.99 بالمائة.... تباركاللّه علينا الّي يسمعنا نحكيو على مستقبل تونس تقول الوطنيّة بعدنا حرمت، اما كي نجيو للرّسمي ما تلقى كان كعبتين صراف... و من بعد نقولو ما فماّش شرعيّة، الثّورة ما كملتش، و دم الشهداء ما زال ينادي...

وقيّت راهو، آني كيفك ما زلت ما نعرفش شكون نختار، آني كيفك ما زلت عندي ازمة ثيقة في الحكومة و اللّجان و في الثورة في حد ذاتها، آني كيفك السّياسة ما تهمنيش برشة، آني كيفك تونس في قلبي و محبّتها حتّى حد ما ينجّم يشكّ فيها... هاكا علاش قيّدت، سجّلت، و نهار 23 اكتوبر باش نكون في الموعد و منّا لغادي’ حتّى كان ما زالت الرّؤية عندي ما توضحتّش، ماصّو فارغ و يبقى هاكا رايي و عبّرت عليه، حقّي و واجبي كيما هو حق و واجب كل تونسي يحب هل البلاد بعيوبها و نقائصها اما راهي تونسنا، و اللّي ما عجبوش، اتو ندبّرلو حرقة احسنلو و احسن لهال البلاد

وقّيت مالا، هز بطاقة تعريفك و طيرلاقرب مكتب تسجيل، و انتي خارج تفكّرني كان حسّيت اللّي حسّيتو آني، تونسيّة وديما راسي عالي و نفتخر ببلادي و نغير عليها و ما نتمنّالها كان الخير

mercredi 20 juillet 2011

Une guerre est toujours une guerre...


"Les guerres ne sont jamais gagnées, elles sont toujours perdues"

Une guerre n'est pas toujours deux armées qui s'affrontent, qui se battent pour se tuer...
Une guerre n'est pas toujours un gagnant et un perdant qui cède du terrain au premier...
Une guerre n'est pas toujours du sang qui s'écoulent et des cadavres éparpillés...
Une guerre n'est pas toujours une haine qui met face à face deux ennemis effarouchés...
Une guerre n'est pas toujours la seule démarche, la seule solution pour avoir une paix...

Une guerre est toujours un mal, une mal compréhension, un blocage de communication...
Une guerre est toujours un terrain brulé, une vie saccagée, un massacre et une division...
Une guerre est toujours une porte fermée, une idée, un préjugé et un refus de toute discussion...
Une guerre est toujours une énergie saccagée, une créativité condamnée et une hallucination...

Il y a des guerres qui font du mal beaucoup plus qu'une arme dans une main d'un guerrier...
Il y a des guerres qui séparent des cœurs qui se sont jurés que pour toujours ils vont s'aimer...
Il y a des guerres où aucune gouttes de sang n'a coulé, mais des rivières de larmes elles font verser...
Il y a des guerres non annoncées, non prononcées, mais avec elles on ne fait que reculer même avec une impression de la gagner...

Et c'est pour ça, dans une guerre, personne ne peut prétendre avoir gagné ou emporté son trophée...

Dans une guerre les moments son pénibles, les sensations contradictoire, mais faut il une guerre pour savoir savourer la paix?

Tendons nos mains, acceptons nos différences et nos différents, tolérons nos fautes et nos bêtises, apprenons à pardonner et fondons ensemble en paix notre vrai paix...

mardi 19 juillet 2011

انا قيّدت و انتي وقتاش؟


بالامس فقط حملت نفسي و سجّلت اسمي للمشاركة في انتخابات المجلس التّاسيسي. الظروف طيّبة للغاية في مكتب التّسجيل الاقرب من مقرّ اقامتي، شابّتان في مقتبل العمر، مبتسمتان مع اسنقبال رائع و خدمة سريعة. لولا فضولي لما تجاوزت عملية التّسجيل الدّقيقتين...

انا مبارح سجّلت و ليوم هزّيت جارتي سجّلت، قالولي الزّوز بنيّات انو الاقبال شويّة و خاصّة النّساء و الشّباب بين 18 و 25 خذيت على روحي عهد الاّ اني ماني مخلّية حتّى حدّ نعرفو الا ما نهزّو يسجّل، ما فهمتش فاش يستنّاو... هذا حقّ و زادا واجب... و الي ما زال، وقيّت يحرّك روحو اصلحلو و انفعلو..

jeudi 14 juillet 2011

معانقة النّسيان


خذ معك كتبي و اوراقي
خذ معك لحنى و اشعاري
خذ معك حبي و كياني

خذ معك جنون احلامي

خذ معك عشق وجداني
خذ معك لغط اوهامي
خذ معك دمع احزاني

خذ معك كلّ كلماتي


خذ معك ذاكرتي

و دفتر اسراري

ارحل

فمراكبك غادرت شطآني
و مرافئي اهترات تحت دوس الاقدام
وسمائي سئمت سياط الاوجاع

ارحل

و اترك لي لحظة
استمتع فيها
بمعانقة النّسيان

vendredi 8 juillet 2011

Tu n'as pas le droit



Que fais tu seul sur ce pont
Avec des larmes pleins les yeux
Tu jures par le nom de Dieu
Que ta vie est finie
Que tu es sans courage
Que tu es sans mirage
On ne meurt que deux fois, alors
Alors pourquoi pas toi

Tu n'as pas le droit
Ne baisse pas les bras
Quelques part quelqu'un n'attend que toi
C'est pourquoi tu n'as pas le droit
De laisser tomber ta croix
Il y a encore de l'amour pour toi

Je ne suis pas prophète
J'ai connu bien des tempêtes
Mais j'ai toujours vue dans le ciel
Renaître le soleil
Retrouve ton courage
Ce n'est pas un mirage
On ne vit qu'une fois
Alors pourquoi pas toi

Tu n'as pas le droit
De baisser les bras
Quelqu'un quelques part n'attend que toi
C'est pourquoi tu n'as pas le droit
De laisser tomber ta croix
Il reste encore de l'amour pour toi

Moque toi de tes tempêtes
Et oublie les prophètes
Tu verras le soleil
Renaître dans le ciel

Que fais tu seul sur ce pont
Avec des larmes pleins les yeux
A jurer par le nom de Dieu
Que ta vie est finie
Oublie tes défaites
Il te reste des fêtes
Quand la vie semble fini
Il reste l'infini

Tu n'as pas le droit
De baisser les bras
Quelqu'un quelques part n'attends que toi
C'est pourquoi tu n'as pas le droit
De laisser tomber ta croix
Il reste encore de l'amour pour toi

samedi 2 juillet 2011

Une promesse, sur le pont de Passy…


C’était en début juillet, une nuit, à Paris, la capitale de tous les rêves, de toutes les promesses, et de tout l’amour…

De tous les ponts de Paris, qui traversent la Seine sur de long kilomètres, elle a choisi ce pont… Pas loin de la tour Eiffel, spécifique par son architecture, le viaduc ferroviaire lui ajoute beaucoup de charme et le rend si spécial pour elle… Elle lui préfère son ancien nom, le pont de Passy devenu le pont de Bir-Hakeim, mais ce n’est pas ça l’essentiel, car c’est sur ce pont qu’elle aura une promesse donnée depuis une éternité déjà…

Elle a visité Paris plusieurs fois, mais à chaque visite, elle lui découvre un charme nouveau, un charme féérique, hors norme et hors dimension. Elle adore errer dans ses rues, dans ses grandes surfaces, visiter ses monuments grandioses et majestueux. Elle aime s’immiscer dans la foule, observer ses mouvements, ses enchainements, et les lumières des appareils photos captant des moments à ne jamais oublier. Écouter ses cris d’émerveillement, ses pas résonnants… Elle aime faire ça en silence, discrètement, ses sens sur terre et sa tête dans les nuages, dessinant à sa façon une réalité et un rêve qui ne vont jamais se croiser…

Ses pas la mènent au le bord de la Seine, laissant derrière elle une foule de toutes les nationalités venant visiter ce qui a pour longtemps été une des merveilles du monde, une tour en fer ou en acier qui s’élève haut vers le ciel… Elle se trouve au bord de ce pont, la nuit étale son obscurité sur les lieux, une obscurité déchirée par mille lumières qui scintillent. Elle se rend compte qu’en dessus, le métro passait, elle entend ses roues caresser les rails quand elles traversent sa voie ferrée…

Arrivée à son milieu, elle regarde cette ile artificielle sur laquelle son pont reposait. Elle observe cette route étroite où s’allongeait, avec deux lignées d’arbres aux cotés. Elle arrive même à voir cette miniature de la statue de la liberté qui est dressée à l’autre bout de l’ile aux Cygnes…

Elle marche d’un pas lent, laissant tout derrière elle, pour regarder la tour briller à sa droite et admirer les bateaux mouches qui sillonnent l’eau sous son pont, avec une musique douce, et des voyageurs qui admirent la beauté des lieux… Sa robe longue dansait aux sons de toutes ces lumières, de toutes ces musiques, de toute cette nuit lumineuse qui l’enveloppait…

Elle a pour un moment hésité quelle robe porter. Sa robe bleue azur, couleur d’une mer qui connait tous ses secrets. Un bleu à qui elle a confié ses joies et ses moments amers. Un bleu à qui elle a offert, un jour, un rêve tant espéré en le découpant en milles morceaux. Un rêve perdu à jamais. Son bleu l’a trop supporté, l’a trop écouté, l’a englouti avec ses humeurs et ses mystères, qu’elle le laisse pour ce soir en paix…

Elle a enfin opté pour une robe verte, avec des feuilles blanches d’un jasmin qui chatouillait ses narines avec une senteur d’été. Un mariage entre la verdure d’une nature prometteuse et la pureté d’une fleur symbole des terres qu’elle vient de quitter. C’est une robe qui enveloppait son corps, laissant ses épaules nues savourer la douceur d’une nuit de juillet…

Elle entend ses pas derrière elle, des pas lents mais surs. Elle sent son parfum qui a enveloppé son cœur la rendant plus légère qu’une plume que le vent mène à des lieux imaginaires. Elle le sent approcher, s’arrêter à ses cotés, envelopper ses épaules par ses mains puis par sa veste avec laquelle il la couvrait. Il pensait que c’est cet air frais du soir qui causait ce frisson en elle, il ne savait pas quel effet sa présence avait sur elle…

Sans un mot, il a déposé ses lèvres sur les siennes, elle a levé la tête pour accueillir l’élixir de la vie, de l’amour, de l’éternité…

Elle ne saura jamais quel temps tout ça a duré, mais elle a été emportée, elle a posé sa tête sur son épaule et fermé les yeux. Sur son épaule elle aime tant se reposer, faire filer tous les chagrins du passé. Sa main posée sur sa taille réduisait toute distance qui puisse les séparer. Elle voulait garder en elle ce moment, un moment d’une promesse jurée. La promesse d’un long baiser, un baiser partagé une nuit de juillet, sur le pont de Passy… Et cette promesse a été honorée, et ses effets dureront pour l’éternité. Une promesse n’est que pour une fois donnée et elle ne se renouvellera plus jamais…

jeudi 16 juin 2011

TRACY CHAPMAN: THE PROMISE




Si tu m'attends
Alors je viendrai pour toi
Bien que j'eusse voyagé loin
J'ai toujours gardé une place pour toi
Dans mon coeur
Si tu penses à moi
Si je te manque un seul instant
Alors je reviendrai à toi
Je reviendrai et remplirai ce vide dans ton coeur

En me souvenant de ton toucher
De ton baiser
De ta chaude étreinte
Je retrouverai mon chemin
Vers toi
Si tu attends

Si tu rêves de moi
Comme je rêve de toi
Dans un endroit où il fait chaud et sombre
Dans un endroit où je peux sentir
Les battements de ton coeur

Je t'ai attendu avec impatience
Et j'ai désiré
Voir ton visage et ton sourire
Pour être avec toi partout où tu étais

S'il te plaît dis-moi que tu attendras
Ensemble à nouveau
ça serait si bon d'être dans tes bras
Là où tous mes voyages finissent
Si tu fais une promesse
Si c'est une que tu peux tenir
Je jure revenir à toi
Si tu m'attends
Et me dis que tu garderas
Une place pour moi
Dans ton coeur

lundi 13 juin 2011

أقلام و ألوان





طفلة كانت، تحمل حيث تذهب أقلامها، و دفترا لعدّة أوراق بيضاء اختلطت بأخرى لم يعد فيها مجال لجرّة قلم...
أوراق بيضاء كانت تملؤها برسومات... أو بالأحرى هي خربشات تصوّر بها ما يجول بخاطرها...
قبل أن تتعلّم الرّسم بالكلمات، كانت ترسم بالألوان...
قدرها أن يكون القلم رفيقها، صديقها، أنيس وحدة لازمتها منذ الصغر...
بعض الألوان اهترأت لكثرة الاستعمال...
الأصفر لشمس ترسل بشعاعها في شكل خطوط تنطلق من ركن ايمن لتملأ كلّ المجال...
الأزرق لبحر او لسماء، ترسمهما كما ترسم الصّفاء الذي لا تشوبه شائبة...
البحر عشق، و العشق كما البحر هدوء ثم زبد ثم هدوء لا نهاية له، يزاوج الأفق في لقاء بدون لقاء...
السّماء أمل، مناجاة، يداعب فيها القلم الأزرق نقاوة الصّفحة البيضاء، كما تلامس أنامل العاشق، برفق، ابتسامة على ثغر حبيب...
الأخضر حياة، عشب و أشجار، تراقص ريحا خفيت عن الأنظار، تصوّر إنبعاثا، أملا وانتظار إزهار...
الأحمر أقحوانة، غافلت سنابل القمح لتزين صفرتها ، و تشاركها تراتيل صلاتها، و تزين بالياقوت و المرجان بريقا صقله الصيف منبئا بحلول الحصاد...
الأحمر ابتسامة شفاه، لحظة صفاء، نداء للحب الى حد العشق، الى حدّ الذّوبان...
طفلة كانت، تلقي بأقلامها البيضاء، ماذا يفعل البياض لصفحة بيضاء؟
مجرد إكمال للعدد كان يعني لها، او ضرورة لتدرّج الألوان ، فمن الأبيض يكون الإنطلاق، وصولا لحلكة السّواد...

.......

تقدّمت السّنوات و تحوّل بياض صفحاتها الى سواد...
غدر و خيانات...
دموع و خيبات...
تعب و تهيّؤات...
فما أحوجها اليوم إلى أقلامها البيضاء، ترسم بها و لو خطّ أمل رفيع ينير كل السّواد...
لم تحتجها صغيرة فالقتها، و عندما احتاجتها اليوم لم تجدها، إذ ضاعت مع الأيّام و السنوات في سلّة المهملات...
فلم يبق للأوراق بياضها، و لم تبق من الأقلام الاّ السوداء...

.
بحثت في محافظها القديمة، طرقت أبواب الجيران ... سألت كلّ الأطفال...
أهدوها أقلامهم البيضاء... فكل ما حولهم ضياء...
رسمت في سواد الظلمة قمرا... منيرا، مشعّا، متألّقا رغم حلكة اللّيل و رهبة الظلام...
واحتفظت لأطفال يرسمون اليوم شمسا و بحرا و حقل أقحوان... ببعض البياض لأيّام لا تتمنّاها لهم بدون اقمار...
ظل قمرها و راء سحب الشتاء الحالكة...و ظلت تترقبه ككل الحالمات... ففصل الشتاء زائل و الربيع قادم...
سيزهر كما أزهر زهر الأقحوان... أو شقائق النعمان... ستشرق شمسها وتنير كما كانت تشعّ على كلّ الأرجاء

samedi 11 juin 2011

L’allumeuse…


Comme chaque soir, elle franchit les portes de ce bar de luxe très fréquenté comme toutes les fins de semaine. Elle est moulée dans sa robe rouge rubis, qui mettait en valeur toutes les courbes de son corps, dessinant ses fesses rondes, sa poitrine saillante et dévoilant des épaules biens arrondies. Ses hauts talons aiguilles battaient le granite du parterre attirant des regards assoiffés guidés par son parfum fort qui emplissait la salle dépassant l’odeur du tabac. Elle s’installe sur sa chaise haute et commande son premier verre qu’elle boit d’un seul trait cherchant à trouver le courage ou l’audace pour commencer la tâche qui l’attendait.

Une couleur rose apparait sur ses joues déjà trop maquillées. Un sourire dessine ses lèvres pulpeuses tracées par un rouge vif bon marché qui a laissé ses traces sur le cristal de son verre déjà vide. Elle dresse les épaules, lève sa tête en ajustant une mèche de ses cheveux couleur de miel tenus en chignon derrière sa nuque avec un geste lent et provocateur. Elle fait le tour des tables avec son regard expert, évitant les tables où s’installaient des couples, avec eux ça ne dépasse jamais un regard d'admiration ou un sourire discret. Ses proies s’installent souvent seuls au bar et elle sait faire la différence entre ceux qui viennent boire un verre et partir et ceux qui se fuie et fuie leur réalité pour une sensation forte même s’ils sont certains que ce n’était qu’illusoire. Parmi ces derniers, elle cherche ceux que le portefeuille peut supporter toute une nuit avec des boissons couteuses et prêts à partager cette évasion d’une nuit avec une inconnue.

Elle sait qu’elle n’est qu’une fille de nuit, une fille de joie, mais quelle joie ? Cette joie qui l’a quitté depuis des années ? Ou les nuits qui ne se terminent jamais ? Elle ne faisait que fuir la joie dans la discrétion de ses nuits…

Elle a perdu depuis si longtemps sa joie de vivre, perdu son sourire qui se dessinait seul sans besoin de le forcer, perdu son dynamisme qui d’habitude la rendait comme un beau papillon aux reflets du printemps et de la beauté de ses couleurs ensoleillées. Elle a aussi perdu une spontanéité qui la caractérisait, qui laissait son cœur et son corps s’exprimer sans besoin de les freiner. Elle a perdu tout ça dans un moment où elle a découvert qu’elle n’était que cette allumeuse aux yeux de ceux qu’elle croyait tout son univers et toute sa vie, aux yeux qu’elle croyait la comprendre, quelle croyait l’aimer. Un moment de déception lourd, comme toutes ses déceptions...

Quelle douleur de se voir différente aux yeux d’un être cher. Quelle douleur de voir un visage, un reflet, qui n’est pas sien mais qu’on lui a donné malgré elle, le reflet d’une allumeuse qui n’est point différente des filles de la rue. Et le plus dur, c'est que ça vient dans un moment de sincérité...

Et depuis, elle a décidé de l’être, chaque soir, quand tout envi de vie l’emmène à ce bar, exercer son boulot, pour un verre ou deux gratuit, pour une danse, une chanson, un rire qui n’a jamais dépassé les limites de ses lèvres.

Son charme, l’étincellement de ses yeux sous l’effet d’un verre bu à la hâte, ses gestes gracieux, son intelligence, la mettaient toujours en bonne compagnie. Elle passe une partie de la nuit à boire, à bavarder, à charmer, à faire l’idiote pour faire croire à son partenaire qu’il a déniché la plus rare des perles et qu’il est le plus intelligent ou le plus chanceux. Quand c’est prémédité, quand elle ne fait que manipuler, quand c’est des gestes bien étudiés et préparés, c’est toujours réussi. C’est bien le boulot d’une allumeuse…

Mais, ne se fait-elle pas croire qu’elle peut encore plaire ? Qu’elle peut encore charmer et avoir de l’effet ? N’essaye-t-elle pas de fuir d’elle-même et fuir le mal qui se creuse au fond d’elle, qu’elle seule sentait, et savait bien le cacher derrière un masque de gaité?

Une allumeuse elle est, ou elle a décidé de l’être. Personne ne pourra lui échapper ou même lui résister, une experte elle est…

Une allumeuse, c’est son identité, une fonction qu’elle à choisi d’exercer, et dans tout ce qu’elle fait, elle a l’habitude de toujours exceller…

Une allumeuse elle est classée, car aucun sentiment n’émanait de son intérieur, de son cœur et c’est sans aucun plaisir il était fait, c'était juste un jeu…

Une allumeuse elle est considérée, car on sait qu’il faut la payer pour tout ce qu’elle fait, un verre ou même un regard doux et charmé lui suffisait…

Juste une allumeuse elle est, elle ne fait qu’éveiller, des désirs refoulés, et prendre la fuite avant qu’une main ne puisse sur elle se poser…

Une faible elle est, mais elle ne veut jamais l'admettre ou le montrer. L'alcool seul la fait libérer. Une grande tristesse couverte de trop de bonté, en larmes est extériorisée. Une seule espérance, un seul rêve elle avait, sentir un jour qu'elle est vraiment aimée, et vivre enfin en paix...

jeudi 9 juin 2011

Aujourd'hui, on commence le bac...


Depuis ce matin, en faisant mon tour quotidien, j'ai passé devant les deux lycées et centres d'examens de ma ville. La radio dans la voiture ne parlait que de ça, et des envoyés reportaient la situation dans les quatre coins du pays. Conclusion générale: tout va bien, tout est en ordre, tous sont mobilisés pour faire réussir cet examen national qui est aussi un examen pour tout le pays.

Je commence par souhaiter bon courage et bonne chance à tous ceux qui sont en ce moment précis entrains de philosopher. Bon courage à leurs parents, leurs enseignants qui eux aussi passent indirectement les différentes épreuves.


Les jours comme celui ci, me font revenir des années en arrières, et je réalise que ça fait presque un quart de siècle que mon père, et pour trois jours à l'époque, me conduisait au lycée et m'attendait à ma sortie à la fin des épreuves. Depuis, beaucoup de choses ont changé.


Je commence par comparer les 19% comme taux de réussite à l'époque et les 60 et même 70% de ces dernières années, le niveau a surement changé, et je ne pense pas que c'est vers le mieux.


Le bac a perdu beaucoup de son charme. Ces 25%, n'a fait qu'augmenter les taux de réussite mais en contre parti a multiplié les bénéficiaires et surtout ceux qui donnent des cours particuliers et l'acharnement des professeurs pour enseigner les classes terminales. Et je me rappelle encore les consignes des directeurs d'établissements pendant les conseils de classes pour que la plupart des élèves aient leur moyennes, ce qui permettra d'augmenter le nombre des admis.
Tout cela sans tenir compte du niveau des diplômés, et les professeurs universitaires vous diront des merveilles sur le profil des nouveaux bacheliers.

Je me rappelle aussi le jour des résultats, c'était un jour si spécial, où tout le monde attendait 16h pour passer au lycée, le seul lieu où on peut savoir nos résultats à travers ce haut parleur et on voyait ceux qui n'ont pas eu la chance de réussir s'éclipser en silence, les larmes aux yeux, sans aucun mots, les autres poussaient de cris de victoire et échangeaient les félicitations. Cette chaleur humaine donne une sensation difficile à décrire.
A l'époque il n'y avait pas de portables, alors à la maison, la famille, les voisins et les amis sont tous à l'attente du premier qui arrivera avec la bonne nouvelle. Quand on réussi, on ne rentre pas aussitôt, mais on partage notre joie avec nos amis, on encourage ceux qui vont passer dans quelques jours les contrôles, et on réconcilient ceux qui n'ont pas eu de chance.
Et je ne vous raconte pas quelle sensation j'avais en arrivant à mon quartier en klaxonnant et que tous ceux qui étaient à l'intérieur, sans aucune nouvelle, sortaient m’accueillir, certains les larmes aux yeux, d'autres avec des cris de joies en se précipitant pour m'embrasser et me serrer fort, et j'étais comme si j'ai fait le grand exploit ou emporter le plus grand des trophées. Et c'était vraiment un exploit pour une paresseuse comme moi qui a sur un coup de tête fait au bac une réorientation pour passer de la branche math science à la branche littéraire.
Et je n'ai pas seulement réussi, mais aussi avec mention assez bien.

Le jour des résultats ces dernières années n'a rien de spécial, avec un sms on peut avoir même la moyenne et les notes, certains ne passent même pas à leur établissements, ça devient trop froid et sans aucune chaleur ou suis je peut être trop nostalgique?...


Mais n’empêche, que cette chaleur je l'ai senti ce matin, en voyant les parents souriant accompagner leurs jeunes bacheliers, et avec le sourire vigilant, ces parents qui ne se connaissaient pas il y a de là un mois, se chargeaient (avec d'autres) de la bonne marche des examens en formant des barrières de protection devant les différents centres d'examens, c'est comme ces comités qui surveillaient les quartiers pendant des nuits en janvier et même après, et ça fait vraiment chaud au cœur.


Enfin, je n'ai qu'un souhait, revoir le bac tunisien reprendre sa valeur nationale et internationale, et cela ne peut arriver que si une grande réforme bien étudiée touche les programmes et les pédagogies d'enseignement ainsi qu'une prise en charge du corps enseignant ainsi que des élèves pour que le tunisien soit toujours à la hauteur, et ne cherche plus le bonheur loin de la frontière de notre patrie.


Pour l'occasion, je souhaite aussi la réussite pour les plus petits, qui passeront le concours de neuvième année ou de sixième année pour s'inscrire aux lycées et aux collèges pilotes. Et un souhait spécial de réussite et d'excellence pour deux petits garçons si spéciaux pour moi (A et Y) qui passeront ces examens dans quelques jours, ainsi que ceux ou celles que je connais ou je connais leurs parents soucieux de la réussite de leurs petits.

samedi 4 juin 2011

Mendier… La profession de luxe.

Être mendiante comme je suis, n’est pas juste un boulot, un travail ou un métier, c’est une profession. Pour réussir cette tâche, il faut bien être professionnel.

Le professionnalisme apparait à plusieurs niveaux. Il faut avant tout être connaisseur de la psychologie des gens, leur état de morale, leurs attentes, leurs valeurs et convictions, ce qui facilite le ciblage du public auquel on est censé demander ce qu’on leur doit.

En second lieu, il faut connaitre la conjoncture sociopolitique et socioéconomique de l’environnement où on doit exercer. Cette connaissance permet d’orienter le discours qui doit être bien étudié et bien appris avant de le présenter et cela en fonction du lieu où on tend la main.

Enfin, et pour ne citer que les conditions de base de la profession de mendier, il faut se mettre à jour, en suivant les informations qui ne concernent pas seulement l’état des lieux mais aussi la conjoncture mondiale pour bien choisir le personnage qu’on doit jouer pour être plus influent et pour que la rente soit plus conséquente.

Là, je n’ai parlé que de généralité, et surtout des connaissances qu’il faut avoir pour réussir ce métier et être professionnel. Mais il faut avant tout avoir le bon profil. Pour cela je vais parler de mon expérience personnelle qui saura convaincre que mendier est vraiment le plus beau métier et que c’est une profession de luxe.

Je suis une femme qui approche la cinquantaine, et j’ai presque quatre décennies dans le métier. Avant tout, je veux préciser que je viens de terminer ma villa dans mon village natal sur un terrain qui dépasse les milles mètres carrés. C’est ma maison pour la retraite, les trois appartements que j’ai achetés aux fils des années me permettront une bonne rente mensuelle digne d’un président qui a préféré seul dégager.

Je suis née dans une famille très modeste, pour ne pas dire très au dessus du seuil de la pauvreté. Dès mes sept ans, j’étais déposée chez une famille à la capitale pour sortir du trou de rats où on habitait et aider ma grande famille. Au bout de deux ans, j’ai réalisé que je suscite toujours la pitié avec ma jambe que je déplace difficilement et ma figure d’une pauvre innocente imbécile. Alors, j’ai bénéficié de beaucoup de dons qui dépassaient de loin mon salaire de rien de tout. Et c’était un gain facile sans aucun effort comparé aux taches que je devais accomplir pour mériter ces quelques sous qu’on envoie à mes parents sans que je sente même leur odeur. Ces années m’ont permis de savoir qu’il ne faut pas toujours mettre de l’effort pour avoir ce qu’on veut.

A dix ans, j’ai fugué, pour me retrouver à la rue, ma plus grande école. J’ai commencé par vendre les papiers mouchoirs aux stations ou à courir les voitures que certains conducteurs me donnaient de l’argent en lavant leurs vitres aux feux rouges… Mais la fatigue est grande et le gain n’est pas si grand.

Devenant plus mure, j’ai changé les méthodes de travail. Il y a des moments où la pauvreté pèse sur la conscience des gens, et ils se sentent qu’en donnant un peu de ce qu’ils possèdent apaisent leur conscience et les rends plus satisfaits d’eux-mêmes. Ces moments là n’en manque pas, une rentrée scolaire, la période des examens quand les parents n’attendent que la réussite des siens, les catastrophes que provoquent la nature dans les quatre coins du monde et qui donnent au gens une sensation que la mort n’est pas loin d’eux. Il fallait juste choisir les bons mots, qui se dirigent vers le point sensible dans chacun pour qu’il mette vite la main dans la poche et sortir ce qu’il peut de pièces de monnaies et parfois même un billet. Tout ça sans parler des occasions religieuses ou les vendredis où le rendement est très honorable même pour les apprentis mendiants.

Mon mari qui est aussi du domaine, a choisi un autre secteur de fonction. Il a choisi les hôpitaux où il lui manquait toujours de l’argent pour faire un scanner ou un IRM pour un parent gravement atteint, et ceux qui sentent le mal de la maladie sont les plus sensibles aux maux des autres.

La révolution a été aussi bénéfique, bien que beaucoup d’intrus soient entrés dans le domaine, mais ils sont loin d’être professionnels. Montrer un cachet sur un passeport et des points de sutures bien dessinés en disant être rescapé des bombardements de tripoli à la recherche de quoi rejoindre une famille qui n’a aucune nouvelle, rend la rente si énorme qu’on est obligé de la déposer dans nos comptes bancaires…

Le seul inconvénient, c’est le vision qu’a la société de nous, biens que les mêmes personnes qui nous fait vivre et s’enrichir nous considèrent comme des parasites qu’il fallait s’en débarrasser. Et cela s’est aggravé par les méthodes primitives qu’utilisent les nouveaux qui les rends connus dans un même lieu et avec les mêmes paroles et leur manque d’orgueil en se jetant sur les gens et en trop insistant. Car, pour être un mendiant professionnel, il faut savoir être fier, car ce qu’on fait est noble, on ne fait qu’apaiser la conscience de ceux qui susceptibles d’avoir un infarctus ou de devenir fous à cause du stress de la vie.

Par ailleurs, chaque personne dans ce bas monde ne fait que mendier, chacun à sa façon. Mendier la paix, la liberté, l’amour, mendier une nuit sans cauchemars… Et j’espère juste qu’on n’arrive jamais à mendier, un pays qu’on a lutté pour construire et qui se perd dans les obscurités… Le chercher, et ne plus le trouver…

Ou arriver un jour, à mendier une autre patrie, fuyant la notre où il n'y aura plus de liberté, si on baisse les bras, laissant à ceux qui se disent démocrates nous dicter nos vie... Il n'est plus temps de mendier... Il faut savoir garder... Il faut savoir lutter, pour que vers l'avant on puisse aller...

mercredi 18 mai 2011

Enfin…

Quand l’officier de douane lui a rendu son passeport, elle a su que tout va changer. Une chose étrange va se passer. Son cœur commençait à battre à la chamade. Ses yeux étincelaient de milles lumières. Ses lèvres dessinaient un sourire qu’elle essayait de camoufler. Elle se sentait belle comme elle ne l'avait jamais été.

Quelques dizaines de kilomètres les séparaient. C’est la première fois qu’ils seraient si près. C’est la première fois où rien ne pourrait les séparer ou les éloigner.

Presque une heure en voiture et elle est enfin arrivée. Il était midi, et cette journée était plus chaude que les jours habituel d’une fin de printemps. Chez elle, la brise maritime et l’air iodé rendait les rayons du soleil plus modérés. Là, si loin de ses lieux, tout était si différents, si étranges, si magiques…

Elle est entrée dans sa chambre d’hôtel, s’est rafraichie le visage, jeta ses sandales, et marcha sur les pointes de ses pieds nus sur ce marbre si blanc et si frais, ne faisant même pas attention aux gouttes d’eau qui mouillaient sa chemisette noire. Elle ouvra la fenêtre de son quatrième étage, une bouffé d’air chaud chatouilla son visage encore humide et sa chemise qui lui collait.

Elle regarda la ville qui s’étendait devant ses yeux. Elle ne savait pas que sa ville était si étendue, elle était résumée pour longtemps pour elle en une petite maison isolée, c’est seul celui qui l’habitait qui la concernait. Elle admirait le soleil qui faisait briller les immeubles aux fenêtres vitrées, elles étincelaient comme des étoiles filantes dans une nuit d’été. Des voitures roulaient à vive allure, chacun des conducteurs attendait surement un déjeuner chaud bien préparé, retrouver une épouse, une mère, une famille ou une bien aimée. Quelques piétons éparpillés, marchant vers leurs destinations ou attendant ce que le temps leurs réservait.

Elle fixa de loin les alentours, cherchant les petites fermes qui s’étendaient ici et là. Elle ne lui avait jamais demandé la couleur de sa maison, sur quel coté de la ville elle était, elle savait juste qu’une autre l’avoisinait, et que tout à coté des fondations s’élevaient. Elle n’a pas su la localiser, mais elle savait que ce n’était pas loin, elle sentait son parfum, et son cœur ne savait pas lui mentir, elle n’avait qu’à déchiffrer les messages qu’il n’arrêtait de lui envoyer.

Il ne savait pas qu’elle était là. Il ne soupçonnait même pas sa présence tout près, peut être il n’y a que quelques minutes de marche qui les séparaient. Pourra-t-il lui aussi lire les ondes du cœur ? Pourra-t-il déchiffrer les messages sans mots et sans vois qu’elle n’arrêtait de lui envoyer ? Ou le destin pourra-t-il les mettre sur la même route ? Elle ne sera là que pour deux jours, et elle avait la certitude que quelque chose de merveilleux et de magique allait se produire.

Elle a pris sa tablette de chocolat de son sac. Avec la chaleur il avait fondu, mais elle adorait sucer ses doigts pour avaler toutes gouttes de cette pâte onctueuse. Elle adore le chocolat, dans tous ses états, et elle n’avait aucune envie de descendre partager son déjeuner avec les autres dans le restaurant de l’hôtel. Elle adorait être seule, laisser sa tête planer dans des lieux et des cieux qu’elle seule savait créer et savourer la beauté.

Elle n’a pas su pour combien de temps elle avait dormi, mais quand le téléphone de chambre a sonné, elle serrait à elle l’oreiller d’à coté, et un grand sourire rayonnait son visage. Ils l’attendaient à la réception, il était déjà tard et beaucoup de courses les attendait. Elle n’avait même pas essayé de se rappeler à quoi elle rêvait, elle le savait…

La nuit, elle n’a pas pu fermer l’œil. Des heures elle avait passé sur ce fauteuil du balcon, savourant son café, et admirant les étoiles qui la surveillaient. Ce sont ses étoiles à lui, ce sont celles qui veillaient sur ses nuits en son absence. Elle avait passé la nuit à les supplier de ne jamais le lâcher, de bien le garder et de toujours dessiner le bonheur dans ses yeux. D’apaiser ses colères, ses haines et ses déceptions. De le bercer quand le sommeil pourrait un soir le quitter et de le couvrir quand le froid le guettait. De prendre sa main où il désirait aller et de ne jamais le contrarier.

Le matin, elle a décidé d’errer seule dans cette ville qu’elle découvrait. Elle allait le chercher, provoquer le destin qui ne voulait pas se manifester. Devant chaque parking elle le guettait, chaque voiture blanche l’attirait, pour la marque de la sienne, le blanc n’était pas si commun et la recherche ne sera pas difficile. Devant un centre commercial, une voiture blanche était stationnée. Elle se sentait clouée sur place, elle n’a plus aucun pouvoir sur ses pieds qui avançaient malgré elle sur la route, elle voulait embrasser ce petit garçon qui regardait les vitrines. Elle ne voyait que ses beaux cheveux châtains et sa petite taille.

Dans ce moment d’absence, tout le monde autour d’elle s’était arrêter. Elle n’entendait pas les cris des passants qui la mettait en garde, ni voyait cette voiture qui arrivait à grande allure. C’était la voiture blanche que depuis le matin elle guettait. La voiture blanche dont le conducteur changeait le CD qu’il écoutait depuis quelques jours en boucle sans s’enlacer, c’était une musique qu’un soir avec elle il a partagé.

Et dans une fraction de seconde tout est arrivé… Elle était étendue sur terre, cette tache de sang s’élargissait couvrant l’asphalte de la route de sa ville. Elle savait qu’elle allait le voir. Elle savait que leurs yeux vont se croiser. Elle savait que le destin ne la lâcherait jamais.

Mais, elle ne savait pas qu’il ne la reconnaitrait pas. Ne reconnaitrait pas ses cheveux étalés qu’il adorait toucher. Qu’il ne reconnaitrait pas ses mains, ses doigts qui ont dessiné ses mots d’amour sur son dos. Ne reconnaitrait pas son parfum, son dernier souffle qui criait muet son nom…

Et elle ferma les yeux, remerciant le destin qui a enfin exhaussé son dernier vœu. Avoir son visage comme dernière images pour ses yeux…

mardi 17 mai 2011

Pardon


Moi qui n’a pas l’habitude de le demander… Moi, trop orgueilleuse pour l’annoncer… Moi, avec tous mes regrets, qui ne le dis jamais… Aujourd’hui, j’ai hâte à le crier…

Pardon

Pardon, si un jour j’ai gaffé, si un jour par maladresse j’ai blessé…

Pardon, pour toute ma spontanéité. Pour l’enfant que j’ai toujours été…

Pardon, si j’ai un jour offensé, tout être qui me croyait, trop intelligente pour
pouvoir tout comprendre et cerner…

Pardon, car j’ai dépassé ce qui m’a été autorisé…

Pardon, si dès le début j’ai cassé, les barrières du respect. Si j’ai tutoyé, en dépassant le vous que je devais utiliser…

Pardon, si j’ai dessiné, un jour un sourire ou un front de colère plissé…

Pardon, pour tous mes secrets que j’ai dévoilé. Pour mes pages que j’ai étalées…

Pardon, si je n’ai pas pu embellir, mon image juste pour faire plaisir…

Pardon, si un jour je me suis dénudée. Exposant un être déformé, sans avoir la présence d’esprit de le masquer…

Pardon, si en délirant j’ai crié, mes folies dans une nuit étoilée, criant tous les sentiments que je portais…

Pardon, si j’ai partagé, des moments de joies et de désirs, et des moments de peines et de désespoirs…

Pardon, pour mes mots mal placés. Pour mes maux partagés. Pour mes rêves que je n’ai pas su cacher…

Pardon, pour mes humeurs, pour ma tête qui n’a pas su réfléchir, pour ma langue qui n’a pas appris à calculer…

Pardon, si je n’ai pas pu masquer, mes défauts que je connaissais. Si j’étais moi-même sans savoir le cacher…

Pardon, si on a volé mes mots, pour doubler mes maux, pour briser des murs déjà en ruines entassées...

Pardon, si je me suis immiscée, dans une vie qui n’est pas mienne. Dans une vie que je ne devais pas partager…

Pardon, si j’ai aimé. Si je n’ai pas pu apaiser le sentiment qui m’a emporté, un sentiment qui ne devait pas exister…

Pardon, si j’étais, trop égoïste, trop possessive, trop envahissante, trop présente, au moment où je devais juste m’effacer…

Pardon, si un jour j’ai existé, si un jour j’ai rêvé, si un jour j’ai pleuré, si un jour j’ai…..

Alors pardon pour ce que j’ai fait et pour tout ce que je n’ai jamais fait…

Mais mon âme pourrait elle, un jour, me pardonner tout le mal que je lui ai infligé…???

Elle ne le pardonnera jamais, je le sais. Je lui ai fait supporter l'insupportable...

Je lui apprendrais à oublier, à s'apaiser, et à dire cet adieu à jamais...

dimanche 15 mai 2011

Une voix sur l'autoroute...

Pour arriver à un but précis, chacun choisi sa voie, choisi sa route. Ces routes diffèrent, n'ont pas le même sens ou la même signification...

Certains préfèrent prendre une piste... lente... pleine de virages...de bosses... des détours...

Sur une piste, la démarche est large... l'entourage est vaste... les paysages appréciés... les voix écoutées... à tout moment on peut s'arrêter... faire une pause... réfléchir... rien n'est définitifs... reprendre la piste ou tout recommencer...

La piste est de nos pas créés... chaque marche peut la dessiner... et une autre l'effacer... il n'y a jamais de point d'arrivé... rien n'est d'avance fixé... les buts au fur et à mesure précisés... tous les sens servent à guider... une couleur, une odeur, un son peut tout changer... et tout, à un moment peut chavirer...

D'autres, préfèrent prendre une route... dure... bien dessinée...noire et asphaltée...

Sur une route, le trajet est souvent découpé... des voies secondaires la sillonnait... des rend points qui servent à détourner... une ligne d'arrivée qu'on veut éviter...

Une route sert à avancer... avec une vitesse modérée... des voix du passé on peut écouter... méditer sur ce qu'on fait... regretter... et donner la chance pour tout recommencer... parfois, le point de départ peut ne jamais exister... la route donne une chance de le retrouver... Ce rêve dont on veux s'échapper...

La route est d'avance dessinée... mais à tout moment on peut la quitter... changer ou détourner... sans stagner ou arrêter d'avancer...

Enfin arrive la voie modernisée... une autoroute est un parcours de tout trait dessiné... large, vaste et les limites clairement tracées...

Une autoroute est un choix prémédité... on paye d'avance la traversée... à un engagement moral et matériel elle nous condamnait...



Une voie rapide... sure... et bien tracée... une ligne de départ et d'arrivée d'avance signalée... aucun détour ne peut être réalisé... c'est toujours en avant qu'il faut avancer... impossible de s'arrêter...

Sur une autoroute, tout ne fait que défiler... les visages, les paysages, sans pouvoir les identifier... le passé est derrière laissé... une voix lointaine qu'on ne peut déchiffrer... c'est à cette voix qu'on veut s'échapper... les yeux en avant... les portières verrouillées... une main sur la portière, indécise... en derrière, interdiction de regarder... il faut juste avancer...

mercredi 11 mai 2011

Femme…

Beaucoup ont écrit ou on décrit la place qu’occupe la femme dans la vie en général et surtout dans la vie d’un homme.


Beaucoup d’hommes n’arrêtent pas de nier sa place, sa valeur, son importance pour eux. Parfois parce qu’ils veulent l’oublier ou l’effacer de leur rêve, de leur vécu, de leur cœur, et souvent pour garder cette image de noblesse qui les met dans un rang supérieur.

Lier leur bonheur à la femme, à l’amour que peut leur donner une femme amoureuse, devient une forme de vulnérabilité qu’ils n’ont jamais voulu admettre.

Ces paroles que j’ai lu dans le magnifique roman de Yasmina Khadra « Ce que le jour doit à la nuit » m’ont touchées. Des paroles adressées d’un oncle à son jeune neveu « Jonas » qui ne veut pas admettre que le bonheur est entre ses mains, qu’il faut juste ne pas l’égarer.



Yasmina Khadra, par ses paroles, met la femme dans le sommet, une place d’honneur hors normes. Cette place vue par les yeux d’un homme, qui considère la femme , comme toujours, comme l’objet de son bonheur à lui, une autre forme camouflée de l’égocentrisme masculin…

Et je n’ai pas pu garder pour moi seule la beauté de ces mots que je partage avec ceux qui s’aventurent encore dans mon petit jardin de blog que je veux verdoyant même si les rosiers ont perdu leurs feuilles en plein printemps…

« … quand j’étais petit, j’allais souvent sur le grand Rocher contempler le coucher de soleil. C’était fascinant. Je croyais que c’était là le vrai visage de la Beauté. Puis, j’ai vu la neige couvrir de blanc et de paix les plaines et les forêts, et les palais aux milieux de jardins fabuleux, et bien d’autres splendeurs inimaginables, et je me suis demandé ce qu’il en serait du paradis…

Eh bien, le paradis ne serait qu’une nature morte sans ses houris…

… Le coucher de soleil, le printemps,le bleu de la mer, les étoiles de la nuit, toutes ces choses que nous disons captivantes n’ont de magie que si elle gravitent autour d’une femme… Car la beauté, la vraie, l’unique, la beauté phare, la beauté absolue, c’est la femme. Le reste, tout le reste n’est qu’accessoire de charme. …Si une femme t’aimait… Si une femme t’aimait profondément, et si tu avais la présence d’esprit de mesurer l’étendue de ce privilège, aucune divinité ne t’arriverait à la cheville.

… Cours la rejoindre… Un jour, sans doute, on pourrait rattraper une comète, mais qui vient à laisser filer la vrai chance de sa vie, toutes les gloires de la terre ne sauraient l’en consoler… »

samedi 30 avril 2011

Malaise...


Ce n'est pas toujours physique. Ce n'est pas toujours logique...
Mon malaise est profond, c'est dans le cœur que je le sens...
D'apparence calme et sereine, mais au fond tout me malmène...

Mon malaise est si fort, que je ne peux lui donner tord...
Mon malaise me mène loin, dans un monde sans besoins...
Mon malaise est dans mes yeux, une larme aux lueurs des cieux...

Une envie de tout casser, et pourquoi pas tout fracasser...
Je veux juste m'isoler, disparaitre, et de moi même me cacher...
J'ai peur de blesser, d'être désagréable puis plus tard le regretter...

La terre ne peut me contenir, et les cieux refusent de s'ouvrir...
Mes pieds refusent de se poser, et ma tête ne veut se reposer...
Ma vie est comme une balançoire, je m'y attache recherchant un espoir...

Perdue je me sens...
La tristesse me prend...
Une colère sans raisons...
Une humeur de cochon...

Ne m'approchez pas, restez si loin, garder votre distance de sécurité, je risque à tout moment d'exploser...

jeudi 31 mars 2011

la femme en noir...


Elle avait surgi, habillée toute en noir comme un fantôme. Son châle nuit couvrait ses cheveux d'un blond sombre qui descendaient sur ses épaules. Sa robe, longue, ample, cachait son corps meurtri par des années de souffrance. Sa peau blanche, ses yeux grands ouverts, contrastaient avec cet environnement sinistre d'un cimetière...

Depuis quelques jours, et toujours à la même heure, elle surgissait de nulle part. Marchant d'un pas lent, mais sûr, vers cette tombe que personne ne visitait, sauf elle. Une tombe fraiche, pas encore peinte, qui s'allongeait à trois cent pieds de la porte du cimetière.
Une tombe sans nom, comme si c'est elle seule qui connaissait le secret qu'elle enterrait.

Sous les pieds de la dame en noir,
s'étalaient des pétales blanches, d'une blancheur de vie dans un lieu où tout était noir, où tout était mort. Son regard était vide, un regard de revenant, un revenant d'un monde inconnu, un revenant d'un monde inconnu, un monde au-delà de la vie et qui l’avait uni avec l’occupant de la tombe.

Il n'y avait dans ses yeux ni larmes,ni tristesse. Elle ne ressemblait point aux autres visiteurs, rares par ces jours ensoleillés où l'hiver cède sa place malgré lui à un printemps qui ne fleurit pas en elle.

Elle se recroquevillait près de la tombe qu'elle venait chaque jour visiter. Ses mains posées sur la pierre froide d'un ciment qui n'a pas voulu sécher. Et elle commençait son rituel sacré. Elle soupirait, elle parlait, elle souriait à un esprit qu'elle seule voyait. Elle levait les yeux vers les cieux guettant une étoile filante qui exhaussait les vœux.

Aucune larme ne descendait de ses yeux ou ne sciait ses joues, le temps des pleurs était dépassé. Pourquoi pleurer face à la mort? quand tout est terminé, quand les larmes ne pourrait plus faire revenir ce qui était parti à jamais.

Elle avait jadis trop pleuré, quand la vie les réunissait. Il n'y a que la vie qui pouvait faire pleurer.
Elle avait pleurer quand elle sentait son mal qu'elle ne pouvait guérir... Elle avait pleuré quand il éloignait sa main qu'elle voulait caresser... Elle avait pleuré quand il lui tournait le visage sans prendre la peine pour la regarder sans même l'écouter... Dans la vie à deux, ces gestes la faisaient pleurer. Maintenant, qu'il est parti, il n'y avait plus rien à pleurer.

Dans cette tombe aucun cadavre n'était allongé. C'était juste un lieu de culte, le culte d'une secte dont elle était la seule partisane. Elle voulait matérialiser un sentiment si grand qui l'avait délaissé. Elle avait besoin d'un temple où elle pouvait faire revenir un esprit à qui elle s'unissait. Elle faisait comme ses ancêtres qui avaient sculpter leur dieux dans les pierres pour pouvoir s'y approcher et les toucher.

Dans son temple elle revivait tous ses souvenirs. Des souvenirs qui n'avaient pu garder que la beauté des moments passés, des moments où tout les unissait et tout les éloignait.

Aux pieds de son temple, elle revoyait leurs longues soirées, ainsi que les matinées passées à deux.
Elle revoyait leurs esprits se réunir, se fusionner et leur sang se mélanger.
Elle revoyait leurs rêves qu'ils avaient tissés avec détails et qu'ils ont eux même crées.
Elle revivait ce coup de téléphone aux alentours de minuit , et son sourire s'élargissait et ses yeux scintillaient.
Elle sentait sa tête sur son pied étendue, quand il lui avouait ce qui le tracassait.
Leurs discussions défilaient sans voir le temps passer.
Et elle ferma les yeux, déposa sa tête sur son épaule, le seul lieu où elle puisse sentir la paix, et arrêter toutes les horloges qui tournaient...

Enfin, elle se leva, couverte de son parfum, emplie par la grandeur de son sentiment. Elle rendra surement visite à son temple de souvenirs pas plus tard que le lendemain. Elle le sentira encore une fois, et chaque jour, couler dans ses veines jusqu'à ce qu'elle le rejoigne, dans quelques années peut être, un jour d'automne quand toutes les feuilles seront emportées par les vents. Elle courra vers ses bras, il la serrera fort, et sous les gouttes de pluies, elle reconstruira de nouveau son temple, le temple des souvenirs qui donneront la vie aux disparus...

Et elle repart, les yeux pleins d'espoir, le cœur emplit de souvenirs, l'esprit retrouvant son calme et sa sérénité. Les tombes sont fait pour ça, pour revivre ce qu'on a perdu avec ceux qu'on a perdu sans besoin de raisonner...

lundi 28 mars 2011

La libyenne violée


Personne ne pourra éviter de voir la vidéo de cette femme qui criait son viol. Toutes les chaines de télé tournaient autour du sujet pour condamner tout un état qui ne fait que massacrer son peuple.

Ce qui m'a poussé à écrire ces quelques mots sur ce sujet, c'est le point de vu de la télé libyenne sur l'affaire. C'est aussi cette présentatrice qui se fait passer pour la plus tolérante, la plus informée et la plus dévouée à un chef d'état que tout le monde affirme sa folie, ses complexes de supériorité et son amour sans limites du pouvoir.

Quand la victime se transforme en accusée...
Quand le fait qu'elle soit dame et non demoiselle atténue l'impact de son viol...
Quand on cherche à la minimiser, elle était ivre et elle ne savait pas ce qu'elle avançait...
Quand on la juge, il n'y a aucun mal qu'une prostitué soit violée...
Quand on dit qu'une femme libre préfère mourir que de dire que de son corps on a abusé...

Ces prises de position, ces jugements de valeur, ces classements de la femme dans les poubelles de la société, ces exploitations des maux des autres pour des fins personnelles, tout ça m'écœurent...

Un pays entre deux feux, un dictateur fou d'un coté, et des forces qui n'ont devant les yeux que la richesse à gagner...
Un dictateur qui se voit grand et qui est prêt à tuer tout le monde pour le prouver et se le prouver et des alliés qui veulent avoir leur part du gâteau du pétrole arabe...
Le couteau se creuse et ça fait si mal sur un avenir qui n'a rien de clair...