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vendredi 23 octobre 2015

Mais moi, je veux me marier !!!!


Dans quelques mois je vais fêter mes quarante ans. Fêter !!! c’est un mot exagéré en qualifiant ces coups de téléphone que je vais recevoir de mes amis que certains ne comptent pas vraiment pour moi, bien que quelque uns me sont très chers, ou ces dizaines de vœux qui vont embellir pour une journée mon mur facebookien par des jolis mots accompagnant des photos de gâteaux, de fleurs ou de cœurs de différentes formes et couleurs. Ça consiste à ça, fêter un anniversaire pour moi.

Chaque année qui passe pèse sur moi d’une lourdeur indéchiffrable. Chaque nuit, allongée seule, dans le froid d’hivers de mon grand lit où rien ne me réchauffe sauf ma bouillotte qui chatouille mes pieds, des nuits qui paraissent de plus en plus longues, que ni mes livres ni mes films que j’adore regarder puissent apaiser le vide que je sens en moi. Le silence, le calme que je prétends apprécier me suffoquent parfois que même mes cris ou mes larmes s’atténuent seuls sans laisser d’effet.

En fermant chaque fin de journée ma porte, je commence par enlever mon masque. Un masque bien perfectionné que les années ont pu rendre invincible. Le masque d’une fille, ou plutôt d’une femme de principe, libre, indépendante, intellectuelle, active, une femme qui ose et qui ne refoule ni ses mots ni ses envies. Une femme qui se révolte contre toutes les valeurs d’une société que je ne vois pas faites à mes mesures. Dénudée de mon masque, je redeviens rêveuse, douce et surtout vulnérable.

J’ai bon crié fort que je ne me lierai jamais sans amour, sans une affinité physique et surtout cérébrale. Que je ne céderai jamais pour plaire à X ou pour satisfaire Y.

Durant mes années passées j’ai croisé des hommes « merveilleux » avec qui j’ai passé des beaux moments de complicité extrême, mais quand au fil du temps leurs masques s’estompent, et je me retrouve déçue, prête à faire des concessions, mais pas jusqu’à descendre aussi bas, et je reviens à la case départ, seule, le cœur brisé, et tout devient charabia dans ma tête.

Et enfin, je me trouve pas différente des filles que je croise chaque jour, en quête d’un mari, chacune avec ses critères, de beauté, d’argent, de position socioculturelle, ou comme moi en quête d’un fou qui a la tête pleine. Est-ce absurde ? Mais oui, je veux un fou qui a la tête bien pleine, qui puisse m’éblouir avec sa grandeur d’esprit et en même temps me mener loin dans un monde qu’on vivra différemment à deux sans aucune limite du monde des communs.

Et oui, je veux me trouver un mari, pas pour porter cette robe blanche de fée, mais je la veux rouge aux couleurs de ma passion. Je ne veux rien de matériel, les vrais sentiments me suffisent. 
Je veux me marier pour combler le vide de mes longues nuits par un câlin ou par le récit de nos journées. 
Je veux me marier pour avoir un enfant que je n’ai pas à cacher ou à lui mentir sur la façon de sa conception, un enfant qui me dise maman, qui me réveille fiévreux la nuit, que je gronde à cause de ses mains salies, de son pantalon déchiré ou de sa note décevante, mais que je regarde avec amour dormir comme un ange dans la chambre à côté.
Je veux me marier pour partager nos soucis, nos moments de détresse ou de joie.
Je veux me marier pour partager un bout de chemin à deux, vieillir à deux et partager des souvenirs bons et mauvais à deux.
Je veux me marier pour que je puisse dire « nous » et pour cela il me faut cette signature sur ce bout de papier.
Je ne suis pas égoïste, mais ce que je veux à moi, je trouverais un grand plaisir à le donner multiplié par deux.


Oui je veux me marier, en restant la femme de principe, libre, indépendante, intellectuelle, active, qui ose et qui ne refoule ni ses mots ni ses envies mais qui veut les partager à deux avec un homme que je n’ai pas encore croisé et que je ne croiserais peut être jamais car il est le mélange de tous les hommes que j’ai adoré dans les livres que j’ai lu. Et je reste encore seule mais bien entourée en attendant qu’un jour je puisse me marier.

dimanche 9 juin 2013

شــؤون صغيره


شؤون صغيرة
تمر بها أنت .. دون التفات

تساوي لدي حياتي

جميع حياتي

***
حوادث .. قد لا تثير اهتمامك

أعمر منها قصور

وأحيا عليها شهور

وأغزل منها حكايا كثيرة

***
وألف سماء

وألف جزيرة

شؤون

شؤونك تلك الصغيرة

***
فحين تدخن أجثو أمامك

كقطتك الطيبة

وكلي أمان

ألاحق مزهوة معجبة

خيوط الدخان

توزعها في زوايا المكان

دوائر.. دوائر

وترحل في آخر الليل عني

كنجم، كطيب مهاجر

وتتركني يا صديق حياتي

لرائحة التبغ والذكريات

وأبقي أنا

في صقيع انفرادي

وزادي أنا .. كل زادي

حطام السجائر

وصحن .. يضم رمادا

يضم رمادي

***
وحين أكون مريضة

وتحمل أزهارك الغالية

صديقي.. إلي

وتجعل بين يديك يدي

يعود لي اللون والعافية

وتلتصق الشمس في وجنتي

وأبكي .. وأبكي.. بغير إرادة

وأنت ترد غطائي علي

وتجعل رأسي فوق الوسادة

تمنيت كل التمني

صديقي .. لو أني

أظل .. أظل عليلة

لتسأل عني

لتحمل لي كل يوم

ورودا جميلة

***

وإن رن في بيتنا الهاتف

إليه أطير

أنا .. يا صديقي الأثير

بفرحة طفل صغير

بشوق سنونوة شاردة

وأحتضن الآلة الجامدة

وأعصر أسلاكها الباردة

وأنتظر الصوت

صوتك يهمي علي

دفيئا .. مليئا .. قوي

كصوت نبي

كصوت ارتطام النجوم

كصوت سقوط الحلي

وأبكي .. وأبكي

لأنك فكرت في

لأنك من شرفات الغيوب

هتفت إلي

***

ويوم أجيء إليك

لكي أستعير كتاب

لأزعم أني أتيت لكي أستعير كتاب

تمد أصابعك المتعبة

إلى المكتبة

وأبقي أنا .. في ضباب الضباب

كأني سؤال بغير جواب

أحدق فيك وفي المكتبة

كما تفعل القطة الطيبة

تراك اكتشفت؟

تراك عرفت؟

بأني جئت لغير الكتاب

وأني لست سوى كاذبة

***

.. وأمضى سريعا إلى مخدعي

أضم الكتاب إلى أضلعي

كأني حملت الوجود معي

وأشعل ضوئي .. وأسدل حولي الستور

وأنبش بين السطور .. وخلف السطور

وأعدو وراء الفواصل .. أعدو

وراء نقاط تدور

ورأسي يدور

كأني عصفورة جائعة

تفتش عن فضلات البذور

لعلك .. يا .. يا صديقي الأثير

تركت بإحدى الزوايا

عبارة حب قصيرة

جنينة شوق صغيرة

لعلك بين الصحائف خبأت شيا

سلاما صغيرا .. يعيد السلام إليا

***

وحين نكون معا في الطريق

وتأخذ - من غير قصد - ذراعي

أحس أنا يا صديق

بشيء عميق

بشيء يشابه طعم الحريق

على مرفقي

وأرفع كفي نحو السماء

لتجعل دربي بغير انتهاء

وأبكي .. وأبكي بغير انقطاع

لكي يستمر ضياعي

وحين أعود مساء إلى غرفتي

وأنزع عن كتفي الرداء

أحس - وما أنت في غرفتي -

بأن يديك

تلفان في رحمة مرفقي

و أبقى لأعبد يا مرهقي

مكان أصابعك الدّافئات

على كمّ فستاني الأزرق

و أبكي.. و أبكي.. بغير انقطاع

كأنّ ذراعي ليست ذراعي

نزار قباني


vendredi 25 janvier 2013

PEUR...




On ne parle que de pauvres femmes trahies, d’hommes adultères qui ne savent honorer le serment de fidélité. On ne parle que du machisme masculin, de l’égoïsme,  de l’égocentrisme masculin et de la douceur et la délicatesse féminine. 

 Mais, a-t-on parlé d’hommes qui souffrent de la trahison de la femme de leur vie ?
D’hommes qui ont perdus toute envie de vie ?
 D’hommes qui ne savent plus donner confiance en aucune femme sur terre ?
D’hommes qui ont peur d’aimer ou tout simplement d’être admiré pour leur fonds refoulés ?

Oui, de tels hommes peuvent exister et j’en fais partie.

Je suis un homme qui a dépassé la quarantaine, beau, riche, une carrière professionnelle très bien réussite, je suis même une personnalité publique, représentant mon pays dans des séminaires et des colloques mondiaux.

J’ai aimé, et j’ai cru pendant des années que mon amour était partagé. Que je suis un homme chanceux de trouver la femme qui m’aime, qui saura garder mon honneur. Une femme mère, sœur, amie et complice. Une femme qui comprend mes engagements, mes moments d’absences et qu’elle restera pour toujours mon refuge et la reine de mon cœur et même de mon avenir.

Mais je me retrouve à la fin un homme trahi, un homme blessé, un homme déçu… Et tout se brise autour de moi…

Un homme qui malgré sa douleur, n’ose pas se plaindre, n’ose pas se confier, n’ose pas montrer les larmes qui coulent de ses yeux. 

Comment retenir les larmes qui coulent en dépit de mes efforts à les cacher, ou chasser cette envie de vomir à chaque moment que les souvenirs douloureux surgissent de loin.
Il n’y a qu’à mon grand-père que je peux me confier, un centenaire avec la sagesse des vieux que la vie leur a appris ce que je n’ai pas pu trouver dans les livres. Lui seul a su atténuer pour quelques moment mes peines. Lui seul me donne l’espoir que je mérite mieux et que je n’ai aucune responsabilité pour que je sois poignarder dans le dos. Lui seul qui me donne l’espoir que je peux encore me relever, de refaire ma vie sans être déçu, sans être trahi.

Mais je ne suis plus le même homme que j’étais. Je ne sais plus me retrouver. Quand j’avance, quand j’ouvre les portes de mon cœur, une seule image me vient à l’esprit, je ne peux plus donner confiance et je bloque tout sur mon passage. 
Suis je une autre personne que je n'ai jamais connu? à mes yeux, toutes les femmes sont comme celle qui était ma femme, des trainées. Elles ne méritent que mon mépris et mon agressivité. Gare à celle qui tombe sous mon charme, qui passe sous mes draps, elle payera pour tous les maux qu'une femme peut causer, puis elle sera jetée comme une chaussette usée sans aucune pitié. Qu'elles pleurent, moi je ne croix plus aux larmes de femmes, elles ne savent que pleurer et ne méritent que d'être encore et encore piétinées.

Mes doutes me rongent, me tuent, m’harcèlent et je ne peux plus avancer. Toutes les femmes sont pour moi des accusées, elles subissent tous mes tests, toutes mes analyses et ma sentence est déterminée d’avance. Je claque tout devant moi, je retourne à ma solitude, c’est là que je trouve ma paix. Je ne sais plus faire la différence entre ceux qui me tendent la main en amitié et ceux qui cherchent à me piéger, et je ne laisserais personne oser me piéger, toutes ne font que me piéger pour rire et m'humilier, l'homme que sa femme a trompé, pour trouver du plaisir dans les bras d'un autre homme le temps que comme une bête il travaillait. Quel dupe il était, mais il ne le sera plus jamais.

Parfois j’aime bien me venger, leur rendre la vie un enfer et me transformer en démon. J’aime briser sa vie comme elle a brisé la mienne, mais ce n’est pas pour elle que je me tais. C’est pour mes enfants, je ne veux pas leur faire porter le fardeau d’une mère qui s’est salie en se déshonorant avant de me déshonorer. Et je garde enterré en moi tout le mal qu’elle m’a fait. Et j’espère un jour, pas oublier, mais savoir vivre avec ou tout simplement dépasser. Mais l'épargnant de ma colère et de mon agressivité, je fait subir à tous ceux qui me croisent de mon humeur de chien. traitant les femmes comme un jouet, dans un jeu ou je suis le seul maitres et le seul teneur des dés. Les hommes sont tous de hommes trahis et blessés, et ils guettes un moment de vengeance ou simplement un moment d'assouvir leur faim de corps de femmes qui ne savent que s'offrir au plus offrant, même ceux qui leurs offres des mots, des rêves et des illusions.

Pourrais-je un jour redonner à ma vie son éclat ?
Pourrais-je un jour ne plus souffrir ?
Pourrais-je un jour accepter ce que le destin m’offre sans penser me venger de toutes celles qui m’approchent ?
Pourrais-je un jour passer du profil de l’homme trahi au profil de l’homme épanoui ?
 Pourrais-je un jour dépasser ma peur d’être trahi une autre fois ?
 Pourrais-je un jour ne plus voir le diable derrière chaque geste, derrière chaque nom, derrière chaque mot et derrière chaque visage qui me sourit de loin ?
Pourrais-je un jour laisser ma tête ailleurs, arrêter ses analyses et laisser mon instinct me guider vers ce qui est mon bien ?

La route est surement longue, mais la peur me bloque, m'envahi, et je ne suis qu’une marionnette entre ses mains, je ne suis pas juste méfiant, je ne suis pas juste sur mes gardes, mais j’ai peur.

mercredi 9 mai 2012

Elle a oublié…

Des mots d’un homme déçu, apprenant que sa bien aimée a oublié des moments qui auraient du les marquer, à jamais…

 Elle a oublié 
Les dates du passé, d’une histoire d’amour qui les a fait voyager, dans une autre vie toute nouvelle à leurs yeux… 

 Elle a oublié 
Les premières lettres prononcées, sans calculs et sans préjugés, pour les unir à jamais…

 Elle a oublié 
Les moments où ils se confiaient, dévoilaient leurs plus grands secrets, comme s’ils se connaissaient depuis une éternité…

 Elle a oublié 
Le premier mot prononcé, le premier regard échangé et le premier touché…

 Elle a oublié
 Leurs disputes auxquelles ils ne pouvaient s’échapper, les moments où ils se retrouvaient plus amoureux qu’ils n’étaient, car, ils ne pouvaient rester, pour un moment séparés…

 Elle a oublié
 La fleure qu’il tenait, la fleure qu’il offrait, et de sa senteur, il ne restait qu’un reflet, une ombre sur l’eau qui disparait, avec le vent qui soufflait…

Elle a oublié
La musique qu'ils écoutaient, le tango qu'ils dansaient, et même les silences qu'ils partageaient...

 Elle a oublié
 Mais elle n’aurait jamais du oublier, en amour elle devait tout maintenir en elle graver, tout mémoriser, les beaux moments comme les mauvais,  surtout les premiers moments même s'ils se répétaient…

 Elle a oublié 
Et lui dans son chagrin enfermé, se demandait comment aurait elle pu oublier, car en lui, d’elle aucune sensation ne pouvait être effacée, et c’est inutile de lui faire rappeler, certains moments que dans sa mémoire elle n’a rien gardé… ça n’a plus aucun sens ni aucun intérêt… Sa déception n’est pas à raconter…

lundi 19 mars 2012

De quel droit vous parlez ??? Réponse d’une femme trahie


Suite à la confession de mon mari (ici) qui annonce son refus de la polygamie et affirme son droit à une petite amie, j’ai bien voulu étaler ma vision des choses.

Mariée depuis quinze ans, j’ai découvert que mon homme qui m'a promis fidélité à vie, changeait de maitresse comme il changeait de chaussettes. J’ai commencé à douté quand il est devenu plus attentionnée, quand il a commencé à m’offrir des fleurs et me gâter à chaque occasion, ce qui n’était pas de son habitude. Bien qu’il faisait toujours attention à ne jamais laisser de traces de son adultère sur son portable, son mail ou sur sa chemise, l’instinct d’une femme est le plus fort, et quand elle met le nez, elle peut tout savoir.

Je l’ai découvert à travers un message qui précédait l’un de ses voyages d’affaire, juste avant qu'il trouve le temps pour le supprimer comme il faisait à chaque fois. Au début j’ai failli faire une dépression, le couple que tout l’entourage jalousait, tellement uni, amoureux et attaché se trouve face à l’adultère, à la trahison d’un homme d'apparence dévoué à sa femme et ses enfants.

Face à cette situation j’ai eu le réflexe de ne rien dévoiler. J’ai calculé le pour et le contre du scandale que je pouvais faire éclater.

Trois situations m'étaient possibles.
Soit je fais un drame pour aller jusqu’au bout de mon refus de la situation pour qu’en fin, chacun de nous prenne un chemin séparé et me trouver comme une femme divorcée avec en charge deux enfants. De la sorte je garderai ma dignité de femme qui n’accepte pas d’être trompée.

Soit l’affronter avec toutes les preuves que j’ai recueillies depuis, et sachant, que malgré ses aventures, je suis la femme qu’il dit toujours aimer, qu’il me demandera de lui pardonner et j’aurais la pression de tout notre entourage qui me suppliera de lui donner une seconde chance et je finirais par me plier. Mais quelque chose entre nous sera brisée et même si on fait semblant que tout marche sur des roulettes rien ne sera comme avant.

La troisième possibilité, et pour laquelle j’avais opté, était de faire semblant que je ne le savais pas, que je n’ai rien découvert, et profiter de sa sensation de culpabilité pour avoir tout ce que je voulais et même beaucoup plus.

Pourquoi ne pas divorcer ? Je connais bien le statut de femme divorcée. Elle peut avoir toutes les indemnités matérielles, une illusion de fierté mais elle sera toujours vue comme une femme de second degré. Ses sorties, ses actions sont jugés surtout dans une petite ville où tout le monde se connait. Même penser à refaire sa vie n’est pas si évident, en mettant le bien être de ses enfants comme priorité. Pour ces raisons et beaucoup d’autres je n’ai pas fait ce choix soit disant de liberté, de dignité, mais qui cache des restrictions illimitées.

Pourquoi ne pas lui crier ses quatre vérités et le rendre un vrai coupable à tous les yeux ? Pour moi ça ne sera qu’un moment de force qui cache une vulnérabilité tant que je sais, que par la suite,
je vais lui pardonner, et vivre avec ce mur dressé entre nous deux sans pouvoir un jour le dépasser ou sans pouvoir un jour se regarder directement dans les yeux. La stabilité des enfants qui ont besoins des deux parents présents sera prise en considération.

Le choix de tout cacher, d’assumer seule cette trahison et pourquoi pas en profiter, était pour moi la façon de se surpasser. Je connais son attachement à sa famille et sa peur de la briser ainsi que sa sensation de culpabilité à chaque moment d’évasion qu’il prenait. Depuis que j’ai fait ce choix, nos sorties ont multiplié, mes cadeaux deviennent de plus en plus couteux et je m’affiche plus avec lui, affichant l’image du couple amoureux après tant d'années de liaison maritale et cette image me plaisait. Je ne nie pas que parfois j’ai pensé me venger, faire ce que lui me faisait et le frapper avec la même arme avec laquelle il m’a frappé. Les occasions ne m’ont jamais manquée, mais je n’arrive jamais jusqu’au bout. C’était juste des moments de faiblesses où je sentais le besoin de savoir que je suis encore sollicitée, que je peux plaire et que je peux encore charmer, ce qui me donnais plus de force et de confiance en moi.

Certains et certaines parlent de polygamie comme solution qui honore chacun de nous deux, et là je réponds NON et mille fois non. Je veux être la seule femme légale qui a tous les droits. Qu’il rentre chaque soir pour dormir à mes cotés, qu’il ne décline jamais ses responsabilités. En plus, quelle femme viendra partager tout ce que j’ai bâtit pendant des années ? Quels enfants partageront l’attention de leur père dans un autre foyer ?... Lui et elle n’ont qu’à faire attention, et si elle a accepté de partager la vie d’un homme marié, qu’elle sache qu’il a des responsabilités et qu’il n’a à lui offrir que ce qu’elle prenait. Et si lui veut avoir les plaisirs de la vie et les biens d’un paradis dans l’au-delà, s’il veut avoir la conscience tranquille et éloigner sa sensation de culpabilité, qu’il se contente de ce qu’il a chez lui.

Alors, s’il veut faire sa vie loin de sa famille c’est son choix, mais il ne pourra jamais avoir deux femmes dans la légalité à la fois. Et si j’ai accepté la présence de cette maitresse qu’il voulait la qualifier gentiment comme sa petite amie, c’est que je sais que ça ne brisera en rien ma famille ( bien que ce n'est pas aussi facile à supporter pour moi) et que je fais un effort continue pour approfondir sa sensation de culpabilité, l'approcher encore plus aux plaisirs de notre petit nid et qu’il finira bientôt, par savoir que rien ne durera, rien n'est n'est si solide que sa femme et ses enfants qui le soutiendront à tout moment s’il arrive à s’ouvrir à eux.

mercredi 29 février 2012

Contre la polygamie, mais j’ai droit à une petite amie…


"L'amour d'un homme n'occupe qu'une partie de sa vie d'homme. L'amour d'une femme occupe toute son existence." Rivarol.

Je suis tunisien, et je pense que je ne suis pas un cas isolé parmi mes semblables dans mon pays ou même ailleurs. Je suis un homme d’un certain âge, bien instruit, occupant un bon poste professionnel adapté à mes capacités de créativité. J’ai une famille assez soudée et stable, une belle femme que j’ai choisi selon beaucoup de critères ainsi qu’une belle entente. J’ai deux enfants, une fille et un garçon, qui jouissent bien de leur vie et honorent convenablement leurs engagements scolaires, avec un bon savoir faire et savoir être adéquat à leur âge.

J’incarne le modèle de l’homme qui réussit bien sa vie dans tous les domaines, et je n’ai pas à me plaindre ni dans mon travail ni chez moi. Je ne me considère ni moderniste ni conservateur, je suis l’homme tout le monde, juste un bon vivant comme la plupart des tunisiens d’ailleurs. J’ai mes propres idées concernant l’image de la société que je considère plus ou moins parfaites et surtout au sujet de la situation de la femme et je suis toujours un fervent défendeur de ses droits. Je n’accepte jamais qu’après tant de progrès et de civisme, on nous pousse à revenir aux temps de cavernes où ma fille, ma femme ou ma sœur ne sera que le mal de la société, qu’elle doit se cacher et être cachée derrière les murs d’un foyer ou sous un bout de tissu qui la transforme juste en un fantôme et cela au dépend de la place qu’elle mérite dans son pays sur le plan éducatif, sociétal, professionnel et surtout ses libertés personnelles en tenant compte des mœurs de notre société et les valeurs universelles qui sont mis en évidence dans notre religion qu’on connait depuis presque quatorze siècle.

La polygamie n’est pas interdite religieusement, ça, je le sais et je l’admets, mais la société a évolué, la femme tunisienne émancipée n’a pas à accepter d’être juste l’une des épouses d’un homme qui ne voit en elle que son plaisir personnel le plus bestial et le plus primitif ou juste une nourrice pour sa progéniture.

La polygamie pour moi privera la femme de son orgueil personnel, de sa fierté et elle sera toujours soumise aux humeurs de son époux qui peut lui infliger, si ça lui chante, le supplice de « le partager » légalement avec une, deux ou trois autres. Elle sera juste la soumise, l’obéissante qui n’a aucun mot à dire même si en apparence il lui donne l’illusion qu’elle participe dans les prises de décisions. Elle sera dépendante financièrement, et c’est une cause suffisante pour qu’elle ne soit à ses yeux, et même devant soi, qu’un être de second degré. Elle doit toujours se plier sans discuter à ses humeurs et ses prises de tête car elle risque à chaque moment de ne devenir que l’une des épouses pas la seule maitresse de foyer. Et cette image je ne l’accepte pas pour ma fille que j’ai éduquée fière d’être une future femme à part entière.

N’empêche, je suis, comme beaucoup de monde, plein de contradictions. Mon respect pour la femme et mon refus de la polygamie ne m’a jamais empêché d’avoir une petite amie. Certains la nomment comme une maitresse mais, à mes yeux, elle ne l’est pas. Pour moi, une maitresse c’est juste une compagne pour satisfaire mes excès charnel, une femme qui comble mes manques ou mes fantasmes non avoués sans aucun statut légal et sans qu’elle ait aucun droit, ce qui la prive et moi aussi de tous les mœurs.

Mais je ne veux pas de maitresses, je n’ai pas à me plaindre de ce coté chez moi, entre mon épouse et moi il y a eu toujours une bonne complicité.

Mes petites amies ont des statuts spéciaux (j’ai eu quelques une et pas juste une seule depuis que je suis marié), j’ai besoins d’elles comme elles ont besoins de moi. Elles sont mes confidentes, mes complices, mes amies sans prise de tête et sans engagements sauf celui moral. C’est la bouffée d’oxygène qui me permet de respirer un autre air loin des exigences d’un foyer, du pain que je dois acheter en rentrant à midi, de la facture qui doit être payée, du robinet que je dois changer, du fils qui commence à fumer et ses mauvaises fréquentations, de ce qu’on va manger et ce qu’on programme pour la soirée, et surtout des questions qui se répètent toutes les journées : où tu étais ? Avec qui ? Et pourquoi tu as tardé ?…

Et je ne vais pas le cacher, ma petite amie me permet d’être plus cool chez moi, je gâte plus mon épouse et je suis plus attentionné avec elle, je lui fais des surprises et je lui offre même des fleurs et des petits cadeaux. Personnellement, je ne sais pas si mes petites évasions me donnent cet air plus gai ou c’est simplement une sensation de culpabilité envers une épouse que j’aime et qui ne mérite pas d’être trompée. Mais je n’ai jamais pu résister, et franchement cette situation me convient et me plait.

Mes petites amies aussi ne se plaignent pas d’une telle situation et elles ne cherchent pas à avoir une autre situation soit disant légale. Notre relation est basée sur la franchise et la complicité. Une petite amie peut être soit une femme divorcée qui ne veut pas briser la stabilité de ses enfants en fondant un autre foyer mais qui pense avoir droit à s’échapper de temps en temps, soit une fille qui ne veut pas s’engager dans une situation familiale et ne veut que cette complicité et cette compréhension que je peux, moi ou un autre, la lui procurer, soit une femme mariée qui est surtout en manque d’affection et de confident qui puisse la comprendre, l’écouter, la consoler sans la juger… Ce confort qu’on se procure mutuellement n’a jamais été juste physique, bien qu’il y a eu toujours une affinité et une attirance qui rendent le rapprochement presque complet. Je pense que si cette liaison particulière se transforme en mariage tout le charme s’estompe, et l’interdit lui-même a son grand charme et tant qu’il y a consentement des deux partenaires, je ne vois que le coté bénéfique de telles relations. Certains de mes connaissances admettent qu’ils n’ont jamais eu le courage de franchir le pas dans la vie réelle mais vivent un tel bonheur à travers des connaissances virtuelles et se donnent de la sorte une certaine conscience tranquille qu’ils ne font aucun mal et ne trahissent personne de la sorte.

Même ceux qui me considèrent comme un homme sans valeurs, un macho qui ne pense qu’à lui-même et qu’à son confort personnel, un homme qui ne respecte ni les lois ni sa religion pour accepter une relation d’adultère, lui, qui peut avoir tout ça en mode« halal ».

A ceux là je réponds, que je considère ma situation plus honorable qu’un mariage dit de « motaa » ou « orfi » qui transforme ma compagne en prostitué masquée par une certaine légalité qui n’est qu’illusoire. Et que la polygamie ne me procurera jamais cette satisfaction interne ; physique et psychique que peut me fournir ma petite amie.

Alors, je suis contre la polygamie mais je conserve le droit à une petite amie.

mardi 21 février 2012

Savoir aimer…


Certains passent leur vie à chercher le grand Amour… L’amour qui a inspiré les poètes et a fait veillé les amoureux…
L’amour, ce sentiment idéal et idéalisé, que personne n’a su le définir en totalité…
Certains pensent l’avoir rencontré, quand le battement de leur cœur commence à s’accélérer…
Quand ils ont les mains moites ou le regard qui brillait…
Mais ça frappe et vite il disparait…
Mais un jour, sans prévenir ou sans le préméditer, l’amour arrive et on ne le voit pas s’approcher…

Rares sont ceux qui ont eu la chance de le croiser, et rares ceux qui ont eu le bonheur de l’échanger, et le partager avec l’être aimé…

Cet amour grand et vrai, ne sera pas répété, c’est une seule fois dans la vie qu’on peut le vivre et l’apprécier…
Il peut durer quelques mois ou quelques années, mais pour toute la vie il gardera sa grandeur et son intensité…

En amour, tout a d’autres saveurs et d’autres couleurs. Les peines et les joies ont une autre senteur jamais imaginées. Les mains se tendent sans attendre rien de retour, on ne peut pas plus grand espérer, que ce sentiment envahissant partagé…

C’est une beauté qu’on voit dans les yeux et une légèreté qui pousse à s’envoler…
C’est une danse sur une musique imaginée, une musique partagée à deux…
C’est un parfum qu’on sent sur l’oreiller, et sans sa présence on ne peut pas fermer les yeux…
C’est un café chaud et bien aromatisé, savouré une belle matinée, servi sur un plateau argenté, et d’une fleur de jasmin accompagné…
C’est une histoire écrite et racontée à deux, dans laquelle les amoureux sont les seuls à la jouer…
Ce sont tous les masques estompés, où il n’y a qu’une seule vérité, c’est celle de l’amour partagé…
C’est un message déchiffré, sans qu’un mot soit prononcé, un pressentiment du froid que la neige a engendré…
C’est surtout une grande chance et une opportunité, que rares ont pu un jour bénéficier…

Et même si un jour le destin a mis chacun sur des routes opposées…
Quand ils essayent de leurs veines tout effacer et dans l’oubli se réfugier…
Quand ils ne peuvent rien d’eux effacer, même avec les années qui sont passées…
Quand même les larmes ne peuvent pas éteindre le feu, sous les cendres étouffé…

A ce moment, il faut juste admettre que tout est gravé, savoir apprécier ce que cet amour a pu laisser, en souvenirs et en bons moments partagés…
De savoir qu’un tel amour a su les emporter, et qu’ils s’estiment heureux de l’avoir vécu, même s’il n’a pas pu durer…
Il suffisait de le vivre et de l’accepter, car il accompagnera chaque jour et chaque pensée, et flottera sur les tempêtes sans s’égarer…

Et on peut prêter les propos de stendhal:
"on ne veut désormais collectionner que les moments de bonheur..."


mardi 14 février 2012

Les rêves assassinés

Quelle force peut-on avoir pour surpasser la mort ?

Quand une personne disparaisse, à jamais, on n’a même plus le pouvoir de rêver, de regarder en avant, c’est juste un vide, un vide pesant, cruel, imposant, lourd…

Quand le destin avait décidé, un jour printanier, il y a de là plusieurs années, sans les prévenir, de les approcher, ils n’avaient fait que se plier, suivre la voie qu’il a pour eux dessiné. Ils avaient fermé les yeux et les oreilles pour se trouver, dans un monde de rêve emportés.

Ils avaient ouvert une porte, rien, aucun n’a pu les arrêter. Ils avaient dessiné un avenir de toutes les couleurs qui, à chaque moment, à chaque instant ne faisait que les emporter vers des mondes parallèles qu’eux même n’ont pas su limiter.

Elle et lui, une histoire qui n’avait jamais du avoir lieu, une liaison qui n’aurait jamais du exister, un amour qu’ils n’ont, pour des longues années, jamais pu surpasser ou éviter. Tout les unissait et tous les séparait, jusqu’à ce que la mort vienne tout basculer et éteindre la dernière chandelle de leur nuit étoilée.

A deux, chacun de son coté, dessinait en rêve des contes de fées.
A deux, les rêves pouvaient un jour devenir réalité.
A deux, ils espéraient, dessinaient, programmaient, rêvaient et rien ne pouvait les arrêter ou mettre des limites à leurs folies partagées.

La vie seule permettait d’espérer, de rêver. La mort, ce n’est qu’une porte fermée, où tout est bloqué, même les rêves qui aident à avancer.

Aujourd’hui elle est seule, le vide l’enveloppe, une nuit d’hiver sans étoile étale sur son corps tremblant un châle sans couleur, sans odeur. Propage en elle l’air glacial d’un rêve inachevé, et chaque fois qu’elle le serre plus sur elle, cherchant dans ses mailles défaites une chaleur perdue, elle se couvre d’un vide plus intense, plus fort et plus profond. Un vide qui touche son intérieur fragile et fragilisé, et le trou de son vide se creuse encore plus jusqu’à disparaitre dans ses fonds.

La mort lui a ôté ses rêves, elle lui a même ôté sa capacité de rêver. La mort l’a privé de ce rayonnement de ses yeux, pour qu’elle devienne l’ombre d’elle-même ou l’ombre de l’épave qu’il a laissé en elle quand il a emporté avec lui le seul fil qui la liait au monde des vivants.

Quand elle était dans la ville des lumières, un soir de juillet, elle était seule à l’attendre mais il n’était jamais venu. Mais elle l’a vu, elle l’a senti, l’a imaginé, vu ses yeux qui l’admiraient, senti sa main qui la serrait, admirait ses lèvres qui l’embrassait. A ce moment, seule sur ce pont, juste avec son imagination, elle était sure qu’il y aura d’autres juillets, et un soir il la serrera fort à lui et toute sa solitude sera oubliée.

Quand elle choisissait les bougies parfumées, et réservait des pétales de roses non fanées, elle avait la certitude qu’elle les allumera un jour, ou peut être une soirée, qu’il tiendra sa main et elle le suivra les yeux fermés. Qu’ils n’auront pas besoin de mots pour se parler, ni de gestes pour s’exprimer, ils seront unis et à jamais.

Quand elle tenait son visage, enlevait ses lunettes qui cachaient son regard où elle adorait se plonger et voir ses reflets. Quand elle voyait les plis sur son front et qu’il essaye de les cacher. Quand elle lisait en lui comme si c’est en elle qu’elle lisait. Quand elle percevait ses peines, quand elle sentait ses chagrins et ses besoins de s’isoler. Quand elle arrivait à dessiner un sourire, à apaiser ses colères et parfois les soulever. Elle rêvait d’un sang unique qui coulait dans leurs deux corps jamais attachés.

Quand elle est allée dans sa ville pour le chercher, pour admirer les routes que chaque jour il sillonnait, pour supplier les étoiles de bien veiller sur lui, pour qu’aucun mal ne puisse le toucher ou même l'effleurer. Elle a espéré mourir, voir son sang s’écouler sous ses pieds et avoir juste son regard comme dernières images dans ses yeux. Sa mort sera la plus paisible, la plus souhaitée tant que c’est la dernière de ses volontés.

Quand ils se sont fixé un rendez vous dans quelques années, ils ont tout prévu. Leur marche sur le sable fin d’une mer désertée, leur valse main dans la main quand la pluie caresserait leur visage éblouis par leur retrouvailles. Sa veste qu’il mettra sur ses épaules quand elle frissonnera de bonheur, et même ce banc, où ils allaient se reposer pour reprendre leur souffle et s’embrasser.

Le jour de son départ, le jour où le destin a choisi de mettre fin à tout ce qu’elle avait dessiné dans ses rêves, elle lui avait tenu la main, elle l’avait senti chaude dans la sienne, ou c’était comme ça qu’elle l’avait imaginé. Elle avait peut être juste fermé les yeux, pour ne voir que ce qu’elle aimait observer, car il avait les yeux ailleurs et elle ne tenait qu’une main de glace que seul son cœur la sentait chauffée. Il s’apprêtait à partir ou sa présence n’était qu’une illusion qu’elle seule percevait, ou elle seule voulait se convaincre que c’est encore vrai, et qu’elle aura le temps de faire d’autres rêves et d’espérer un jour les réaliser. Et le soir, il était parti, le départ final, un adieu qui résonne pour tout arrêter.

Ce soir là, il ne savait pas s’il devait lui demander de le pardonner, pardonner son départ qu’elle seule refusait d’accepter, pardonner son absence dans ses beaux rêves qu’elle aimait façonner comme une enfant. Ou la tenir responsable de son cœur qui avait lâché. Responsable de ne pas savoir le retenir et de garder cette illusion d’amour qui les liait. Responsable de son rosier qui fanait, et la neige qui l’écrasait.

Aujourd’hui elle est seule, elle le perçoit dans chaque recoin de sa vie, dans chaque beau souvenir, dans chaque faut sourire ou le dessin d’un rire. Il est mort mais en elle, elle le gardera pour toujours en vie…

mercredi 1 février 2012

Les moulins de mon coeur




Comme une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau
Comme un manège de lune
Avec ses chevaux d'étoiles
Comme un anneau de Saturne
Un ballon de carnaval
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D'un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

Comme un écheveau de laine
Entre les mains d'un enfant
Ou les mots d'une rengaine
Pris dans les harpes du vent
Comme un tourbillon de neige
Comme un vol de goélands
Sur des forêts de Norvège
Sur des moutons d'océan
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D'un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

Ce jour-là près de la source
Dieu sait ce que tu m'as dit
Mais l'été finit sa course
L'oiseau tomba de son nid
Et voila que sur le sable
Nos pas s'effacent déjà
Et je suis seul à la table
Qui résonne sous mes doigts
Comme un tambourin qui pleure
Sous les gouttes de la pluie
Comme les chansons qui meurent
Aussitôt qu'on les oublie
Et les feuilles de l'automne
Rencontre des ciels moins bleus
Et ton absence leur donne
La couleur de tes cheveux

Une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau
Au vent des quatre saisons
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

lundi 26 décembre 2011

Lettre d’une femme blessée…


L’amour peut il suffire pour faire revivre une relation de couple ?
Le pardon peut il effacer toutes les traces d’une blessure ?
Le temps est il capable de faire oublier une trahison ?
La passion peut elle effacer les séquelles d’une peur qui s’est installé au fond d’elle ?

Elle, c’est une femme, une femme éprise d’un amour sans limite, comme toute femme séduite par des mots doux, des sentiments qui la comblent et comblent la femme en elle. Une femme avec toute sa vulnérabilité cachée sous les masques d’une femme dure qui ne se plie jamais.
C’est une femme qui a pris la main qui s’est tendu à elle. C'est une femme qui a cru ses mots, quand il lui a promis un paradis qu’elle n’a jamais connu. C’est une femme qui a fait un bout de chemin, essayant de préserver cette chance d'être pour une fois aimée en pensant qu’elle est la seule à connaitre ou à vivre un bonheur qui n'était pas permis à tout le monde.

……

Des années sont passées… Elle avait promis de tout oublier, de ne plus évoquer ce dérapage qu’elle a d'au fond d’elle souvent espéré effacer. Mais une peur étrange s’est installée en elle.

Avec ses mots hésitants, elle a essayé de lui expliquer ce qu’elle n’a jamais pu directement annoncer, ce qu'elle n'a jamais eu le courage de le lui dire. Et elle lui écrivit, dégageant le poids de toutes ces années de peur, d’inconfiance et d’hésitation… Cherchant en elle ce qui reste d’un courage perdu, elle lui trace en lettres quelques uns de ses maux :

« J’ai caché en moi ce malaise, affichant un masque de sourire, croyant que les années sauront me faire oublier ce que, un jour j’ai enduré. Je sais que je t’ai tendu la main, disant que dans mon cœur je n’ai aucune rancune. Que ce qui nous a lié était assez grand et assez fort qu’il a pu effacer tous les faux pas et tout recommencer, ou peut être tout reprendre comme si de rien n’était. Que même avec ma blessure profonde j’ai essayé de ne pas te blesser, de ne pas t’infliger les reflets du mal qui me rangeait. Que même dans mes colères ou dans mes mots blessants, qui voulaient te faire mal ou te faire souffrir, tu me faisais de la peine et au fond de moi j’aimais effacer tous mes mots et tous mes coups que j’ai frappé sans te toucher.

Et toi, de ton coté, tu te défendais, cherchant en moi le bouc émissaire qui prend en charge toutes les responsabilités, et tu as bien ciblé, direct vers ce qui blesse le plus, qui fait mal le plus… Tu as touché à mes faiblesses en t’aimant, mes faiblesses en niant toutes les règles du jeu devant un homme oriental qui ne fait que juger. Et c’était ces coups qui m’ont tué plus que le fait que tu as dans un moment de faiblesse, de folie, ou d’illusion d’amour, succombé à la tentation…

Et après ces années, je ne peux pas nier que j’ai peur, que le temps n’a pu ni effacer ni atténuer, la blessure qui refait surface à chaque fois où j’essaye de l’étouffer. Et même avec tout l’amour que j’ai en moi, l’amour que je n’ai pas pu oublier, comme je n’ai pas pu effacer les moments qui me faisaient mal, même avec tout cet amour j’ai encore peur.

Oui j’ai peur, peur qu’un jour tu sors une autre fois la même arme que tu as jadis utilisé, et qui a avec efficacité tranché.
Peur que tu considères mon pardon une faiblesse, mon amour une faiblesse, mon dévouement une faiblesse, et ma passion un péché.
Peur que tu me tranches le cœur une autre fois par la même plaie, et remuer la blessure qui n’a jamais su se rétablir, me laissant une épave emportée par les vagues d’un océan qui n’a pas de limite, car, j’admets, que je n’ai jamais su prévoir tes colères ni pu les atténuer.

Il y a des choses qu’on ne peut pas effacer, surtout aux moments où on ne devait pas y songer. Des choses qui surgissent de nulle part, qui envahissent la pensée comme une avalanche destructrice qui balaie tout dans sa trajectoire ne laissant ni beau ni laid.

Comment pouvoir ne pas y penser si on connait tous les détails, les gestes, les mots, et même les souffles échangés ?
Comment ne pas se demander, si tu as crié son nom, crié les mêmes mots d’amour, si tu as embrassé ses courbes et si tu lui as dit viens avant de vous allonger ?
Comment ne pas se demander, si tu as embrassé son cou, si elle a senti ton souffle chaud, si tu as tenu son sein dans la paume de ta main en lui chuchotant que tu l’aimes ?
Comment ne pas se demander, si ta langue fera le même parcours, suivra les mêmes monts et traversera les mêmes vallées jusqu’à ce qu’en elle tous les plaisirs sont éveillés ?
Comment ne pas se demander, si tu l’as laissé entendre ton cœur, qui battait à la chamade?
Comment ne pas se demander, si elle a laissé un bout de toi sans le toucher, sans le caresser, sans l’embrasser, où, en toi, elle n’a rien laissé d’inexploré ?

Comment ne pas se demander, si tu as eu ces gémissements, prononcé ces mots que tu ne cris qu’à ces moments, ou si tu as poussé le même cri en jouissant ?
Comment ne pas se demander, si tu avais eu le même sourire, le même étincellement des yeux, signe de ta plus grande satisfaction ?

Dis-moi juste comment, pourrais-je ne pas poser mes questionnements ? Comment étouffer ma peur et repartir vers un autre horizon ?

Dois-je partir ? Me chercher, en essayant de me retrouver loin de tes cieux qui me comblaient en chassant mes hallucinations ?
Ou, dois je compter, sur ta patience qui m’apprendra à apprécier l’amour qui nous uni sans aucune hésitation ?

Aucune solution n’est parfaite. Rien n’est parfait quand deux sentiments contradictoires me hantent tout le temps, te fuir vers un monde où tu ne sauras me retrouver ni je pourrais te chercher pour pouvoir vivre en paix, ou courir pour cacher ma tête en toi pour que tu me serre fort dans tes bras, et vivre encore cette illusion qui me berçait pour longtemps… »


Et elle court si loin, essayant de ne pas regarder derrière elle. Et elle ne sait plus, si elle le fuit lui, se fuit elle-même, ou elle fuit cet amour qu’elle n’a jamais compris les raisons…

Et la route perd son traçage, s’efface, tout n’était qu’illusions, tout n’était qu’hallucinations. Des délires d’une femme qui s’est réveillée après un long sommeil, faisant défiler les images d’un rêve qui s’estomperont avec le temps…

dimanche 11 décembre 2011

Tu oublieras…



Tu oublieras,
Nos musiques adorées, nos chansons écoutées et nos peines partagées…

Tu oublieras,
Nos promesses prononcées, nos vœux désirés et nos rêves non réalisés…

Tu oublieras,
Nos longues nuits d’hivers, où on se réchauffait le cœur, sans oser fermer l'oeil…

Tu oublieras,
Mes rires et mes plaisirs, mes folies et mes désirs, et l’amour que je t’avais porté…

Tu oublieras,
Mes larmes que j’ai pleurées, mes joies que j’ai criées, quand tu me tenais à toi…

Tu oublieras,
Nos mots prononcés, nos silences qui duraient, nos retrouvailles adorées, sans pour un moment douter…

Tu oublieras,
Que dans tes veines j’ai coulé, que dans les miennes tu habitais et qu’on avait en canicule frissonné…

Tu oublieras,
La main que tu m’as tendue, pour me donner espoir, dans une vie que je voyais en noir…

Tu oublieras,
Une larme que tu as essuyée, quand sur ton épaule je pleurais et tu me serrais à toi…

Tu oublieras,
Que c’était un mois de mai, qui ne sera jamais effacé, mais qui sera juste oublié…

Tu oublieras,
Que c’était en juillet, quand ailleurs tu valsais, sur un pont je t’attendais et tu n’étais jamais arrivé…

Tu oublieras,
Les chaines qui te liaient, les promesses que tu jurais, et qu'il n'y a qu'une illusion de liberté...


Tu oublieras,
Nos doux baisers, que dans nos rêves on a désiré, et qu’on s’est mille fois échangé…

Tu oublieras,
Que souvent je t’emmerdais, souvent je te blessais et que tu ne voulais plus rien entendre de moi…

Tu oublieras,
Ce banc déserté, que personne n’osera approcher, le laissant en sang entamé, son dernier adieu…

Et tu te rappelleras des mots, que Lara criait dans l’une de ses splendides chansons : Tout, tout, tout est fini entre nous … Et les paroles que Mariot Pelchat a bien choisi : Je n’ t’aime plus…

vendredi 9 décembre 2011

Une histoire de drague



Jamais il ne pourra oublier cet épisode de sa vie. Le temps de sa jeunesse, le temps des idées simples, quand tous les rêves sont permis et quand l’avenir est orné de beaux rosiers que les épines ne peuvent jamais blesser. Le temps de liberté, sans engagements, sans soucies, quand il se permettait de rigoler, de plaisanter, et surtout de draguer.

Comparé à ses copains de l’époque, il n’était pas un grand dragueur, il était juste l’ami de tout le monde, et on l’enviait pour les belles filles qui aimaient sa compagnie, qui le cherchaient et riaient à ses blagues qu’il était le seul à savoir choisir et inventer. Dynamique, il parlait avec tout son corps, ses yeux, ses mains, sa tête, tout en lui créait l’animation, comme s’il voulait dire qu’il était là, présent, et pourquoi pas, qu’il était le meilleur. Mais au fond de lui, il enviait ses camarades qui vivaient une histoire de couple qu’il n’avait jamais connu même avec ses vingt ans dépassés. Ses camarades qui organisaient des sorties avec leurs copines, pour un café ou pour manger ensemble une pizza à deux, qui s’en foutaient de tout ce qui se passait autour d’eux pour apprécier leur joie à deux.

Quand il a commencé de regarder autour de lui, cherchant parmi ses amies celle qui pourra être sa petite amie, il a constaté qu’il les connaissait si bien au point qu’il n’y aura plus un charme particulier avec aucune d’elle. Alors, c’est en dehors de son petit cercle d’amie qu’il doit faire ses investigations, à son âge, la drague devient un besoin pour s’affirmer, pour s’annoncer comme un homme à part entière face à ses semblables. Et ce qui lui manquait, c’était juste un petit bout de courage.

A la fin de journée, en rentrant de la fac, il la revoit, c’est la copine de sa sœur, qui partageait avec eux le même wagon du train qui les mène chez eux, dans la banlieue sud de la capitale. Il la connaissait depuis déjà deux ans, ils s’échangeaient des banalités, mais il ne s’est jamais laissé aller avec elle. Ce jour là, elle commence à l’intéresser. Il s’attarde de plus en plus sur ses paroles, sur ses gestes, son calme et surtout son sourire, qui affleure légèrement ses lèvres en lui donnant un visage angélique.

De plus en plus, elle commence à l’intéresser, il s’efforce pour s’assoir à ses cotés, entamant n’importe quelle discussion pour l’entendre parler et pour allonger le trajet qui lui parait si court comparé à ce qu’il était. Sa façon de parler lui plaisait, et surtout sa façon de penser. Et toutes les filles qu’il connaissait deviennent banales et ne pouvaient pas l’égaler. Un jour, il a pris son courage, et d’une façon qu’il a voulue spontanée, il lui a proposé de déjeuner ensemble ou de boire un café. Elle lui répondait : « l’un de ces jours peut être, quand je pourrais me libérer ». De la sorte, elle a ouvert pour lui une porte d’espoir nouvelle à ses yeux.

L’un des lundis, les lundis magiques pour lui, où son père lui donnait son argent de poche, ses dix dinars qu’il doit gérer pour la semaine, et c’était pas mal pour lui, ses dépenses se limitait à un café dans la buvette du campus, une manche de billard, ou, s’il fait vraiment une folie, une pizza au thon au fastfood à coté de la fac qui lui coutait plus qu’un tiers de sa fortune. Le weekend, sa maman lui filait un dinar ou deux derrière le dos de son père pour une sortie avec les amis du quartier vu qu’il n’avait pas cours.

Ce lundi là, il était le premier à la gare, il l’a attendu, il voulait lui parler seul à seul pour insister sur son invitation qui recevait toujours la même réponse. Sa petite fortune en poche, le sourire aux lèvres et le regard charmeur, et elle n’a pas retardé à accepter. Ils se donnent rendez vous à midi devant le campus, mais elle a exigé de choisir le lieu pour qu’elle puisse être à son aise.

Rien ne pouvait décrire son état d’esprit cette matinée là, enfin il sortira pour la première fois seul avec une fille. Un peu tard comparé à ceux de son âge, mais enfin il a réussit.

Et midi arrive, il était déjà à son attente, et elle n’avait fait que quelques minutes de retard. Toujours sure d’elle, elle marchait lentement, et lui se maitrisait pour ne pas courir la joindre. En se dirigeant vers le petit resto pour étudiants juste à coté, elle lui a tenu le bras lui disant qu’elle connaissait un autre coin moins fréquenté où ils puissent déjeuner à l’aise. Au premier abord ça lui a énormément plu, surtout cette main qui a touché son bras pour une fraction de seconde, une main à la fois sure, ferme et douce qui lui a sonné la tête comme s’il a fumé une clope.

C’était un petit restaurant, chic comparé à son fastfood habituel, et il a cherché au fond de sa poche son argent en se disant, ça sera surement plus cher que ma pizza que j’ai programmé, j’ai bien mangé au petit déjeuner et je n’ai pas besoin de commander quoi que ce soit, alors tout va bien, l’essentiel qu’il soit avec elle. Il attendait ce moment depuis des mois déjà.

Voyant le menu, ses expressions ont changé, et quand elle a commandé, il n’arrivait plus à avaler sa salive, tous les mots qu’il a préparé, toutes les blagues qu’il a choisi, ont disparu et une seule chose le préoccupait, comment pourrait il faire un accord avec le serveur pour le payer plus tard. Elle a insisté qu’il commande lui-même, mais il n’avait aucune force pour mâcher quoi que ce soit. Une heure s’est passé, la plus lourde, la plus longue, la plus difficile qu’il n’a jamais vécu ou imaginé.

Quand l’heure du verdict est arrivée, et qu’il tenait le reçu dans la main, il a voulu disparaitre, il maudissait son ignorance et son manque de savoir faire. Il ne savait pas que dans certain lieu, un déjeuner peut dépasser le double ou même le triple de son argent de poche pour toute une semaine. Et il ne savait même pas comment aborder le serveur, et s’échapper à l’humiliation de sa vie.

A ce moment, elle approche, sortant de son sac à main des billets et en silence elle a réglé la facture et il n’a pas pu l’empêcher, ou même faire semblant de le faire. Pour la deuxième fois elle le pousse par le bras pour sortir en lui disant : « si tu es incapable d’assumer une histoire de drague, assumer ce qu’engendre une histoire de drague, pourquoi y aller ? On est si bien comme on est, on peut toujours parler et discuter sans besoin de gants, et les gants ne sont pas fait pour toi »

Depuis ce moment, ou plutôt depuis le moment où elle a mis la main sur son bras, il a su que cette jeune fille ne sera pas de passage dans sa vie.

PS : cette histoire de drague est inspirée d’une vraie rencontre qui a eu lieu depuis presque deux décennies… Comme le monde a changé depuis !!! Un diner ou une soirée dans une histoire de drague d’aujourd’hui peut dépasser de loin ce que touche un père de famille pour tout un mois !!!!! Est-ce nos filles qui sont devenues beaucoup plus exigeantes ou matérialistes ? Ou ce sont nos jeunes, et surtout ceux qui ont les moyens qui pensent qu’ils peuvent tout s’acheter avec leurs voitures, leur chéquier et leur laisser passer ?

Mais ces jeunes couples que je vois chaque jour se balader main dans la main au bord de la falaise, ou qui s’assoient sur les rochers les yeux dans les yeux, me rassurent que les choses simples n’ont pas encore disparues pour un soit disant luxe qui ne reflète pas vraiment le luxure des sentiments.

J’ai des pensées dépassées ou peut être arriérées ? Oui je le sais… Mais pour moi (qui aime le luxe et le confort par ailleurs :)) pense encore que rien ne vaut un moment de sincérité et un sentiment vrai, n’importe le lieu, ou le prix du café…

lundi 7 novembre 2011

Le soleil sous les nuages...


Un matin d’automne si spécial, sombre, venteux, nuageux, tout en lui est tristesse…
Les feuilles d’arbre jaunies par la chaleur d’un été qui vient de quitter, faisaient leur dernière danse, emportées par cet air matinal frais…
Un matin silencieux, lourd, presque sans mouvement, un réveil qui tarde à s’annoncer…

….

Elle a veillé à une heure tardive la nuit passée, quand l’émotion l’emporte, elle arrive difficilement de trouver le sommeil. Mais en mettant sa tête sur son oreiller, elle a dormi comme un bébé. Un sommeil calme, apaisant, comme si on la berçait tel un bout de choux gâté…
Avant que le soleil ne fasse sortir le bout de son nez de derrière l’horizon, elle était déjà sur pieds. Elle aime ce calme matinal, la nature en ce moment est sienne, et personne ne partage son amour et son envi de s’envoler…

….

Cet air aux senteurs fraiches et iodées chatouille ses narines. Ce vent qui n’est qu’une brise automnale embrasse son corps légèrement enveloppé et touche ses intérieurs comme la main d’une maman qui caresse la joue de son enfant…
Le ciel est nuageux, des nuages qui virent au gris attendant le moment de vider toute la lourdeur de leur fardeau…
Le soleil, timide, n’arrivait pas à percer ce voile qui le cachait. Un soleil qui trouvait sa paix, caché, loin des yeux… Un soleil qui observait en cachette et à sa guise le monde qu’il illuminait avec timidité…

….

Elle seule le sentait, là, présent, chaud, rayonnant, fort, et elle souriait, sentant que le soleil de ce matin est là pour elle, pour embellir sa journée et rendre son sourire d’enfant joyeux, plus rayonnant. Elle arrive même à lever les yeux, les laisser fixer vers le haut, ouvrir grand les mains, et s’unir avec cette nature qui s’ouvre à elle…

….

La mer était d’un bleu intense, vaste, accueillante, souriante, comme si elle sentait sa joie, son bonheur et prête à danser à ses notes. Une mer qui représente tous les contrastes. Une mer qui change aux changements de ses humeurs, mais qui a toujours les bras grands ouverts, pour l’écouter, pour l’apaiser, pour partager tous ses petits secrets, cette mer qui arrive même à lui donner conseil et dessiner sur son visage d’enfant strié par les années un sourire, même aux moments les plus tristes.
La mer a le cœur si grand, l’esprit si ouvert surtout avec ceux qui lui sont fidèles, qui ne trouvent refuge que dans son étendu et savent admirer et apprécier ses humeurs et l’aimer dans tous ses états…

….

Avec des pas légers, qui affleure à peine le sol, ses cheveux non coiffés s’envolaient au vent vers tous les sens, son châle qu’elle serrait fort à sa poitrine protégeant son cœur fragile et essayant de garder son bonheur au fond d’elle de peur qu’il soit une autre fois emporté loin d’elle. De ces pas, elle s’envolait, emportant avec elle tous les lieux.
Elle se sentait reine, maitresse de tout ce monde, de toute cette nature qu’elle voyait porteuse de joie et de bonheur. Le soleil se lève pour elle, pour la couvrir de sa chaleur et de sa lumière. Les nuages ne faisaient que le cacher des mauvais œil qui voulaient la priver de son soleil qui, ce matin, pour elle seule brillait.
Le vent est là pour faire danser ses cheveux et leur donner ce qu’ils réclamaient de liberté. Même les feuilles mortes, éparpillées partout, sont là pour couronner, ses pas enchantés. La mer est la seule à connaitre ses secrets, ses humeurs, et elle a toujours su en silence respecter les moments où elle voulait s’isoler et à ses vagues se confier…

….

Dans des moments de doutes, dans des moments où on a tendance à perdre tout espoir, à voir le monde en gris ou en noir, on peut parfois chercher dans ce qui nous entoure, et percevoir le monde avec d’autres yeux. Être optimiste, regarder le coté plein d’un verre à moitié vide et penser que cette eau permettra de se rassasier et que le vide n’est pas obligatoirement une soif…