jeudi 30 août 2012

Les échos du silence…



Joseph Joubert a dit un jour "Le reflet est pour les couleurs ce que l'écho est pour les sons." Mais il a omis de préciser que le silence a un écho plus fort et plus pesant que tous les sons…

Une histoire muette, sans mots prononcés, sans sons, une histoire de silence en silence…

Son billet d’avion attendait dans son sac depuis deux semaines déjà. Un aller retour et une escapade qui ne durera que vingt heures, elle n’avait pas pu se libérer que pour ce bout de temps.

Un billet d’avion qui avait attendu une confirmation, une confirmation promise et même jurée dans un autre temps. Une confirmation qui n’était jamais venue, c’est le silence de non confirmation.

Le jour venu, elle se retrouve avec son petit sac à la main. Elle n’avait rien comme bagage, sauf son parfum et sa robe couleur aubergine. Elle avait emporté aussi une grande bougie aux senteurs de lavande. Seule sa lueur et sa senteur saurait embellir son voyage.

Son avion avait atterri vers seize heures. Elle savait que personne ne sera là à son arrivée, personne à l’attendre, personne n’affleurera ses joues, personne ne lui souhaitera la bienvenue, personne ne tiendra sa main pour lui faire visiter le grand jardin.

Elle avait traversé seule la foule, observant les rencontres et admirant les cris de joies des retrouvailles. Seule, son sac à la main, ses grandes lunettes noires cachaient ses yeux qui avaient refusé de verser même une larme pour soulager sa solitude, ou pour accompagner son silence dans tout ce vacarme.

La foule se dispersait. Elle était debout seule au milieu de nulle part. Elle n’avait pas voulu penser à ces vingt heures, ni au comment elle allait les passer.

Aucune envie de passer par cette grande porte vitrée. Elle n’avait ni adresse ni lieu où aller. C’est seulement le vide du silence qui l’enveloppait…

Elle voyait le soleil disparaitre, une longue nuit vient de commencer. D’un pas lent elle avançait, s’installa à une table dans un café isolé, et elle demanda son premier expresso.

Des passagers s’attablaient et d’autres partaient. Elle prit sa bougie, alluma son briquet, la lumière tamisée et le parfum doux, l’accompagnaient dans la lecture du livre qu’elle venait d’acheter. Les heures passaient et les pages se succédaient, des mots d’une grande banalité. La musique diffusée était la seule beauté dans cet espaces plein de fumée.

Tout en elle était figé, elle n’avait aucune sensation ni même une envie de rêver de ce qu’aurait pu être ce voyage qu’elle a fait, rien ne pourrait l’expliquer.

A dix heures du matin, elle plaça quelques billets pour les cafés qu’elle avait savourés. La bougie agonisait en soufflant ses dernières lueurs. Juste à coté, elle avait placé le livre qu’elle venait d’achever. C'était une histoire qui se terminait par un baiser et un amour pour l’éternité, ce n’était qu’un conte de fées.

Quand la cloche sonna ses douze coups, elle était enfoncée dans son siège, pour le voyage de retour.

.......

On s’entête parfois à faire des choses qui n’ont aucun sens, qui n’aboutissent à rien, on le sait, mais on les fait quand même. C’est peut être pour se prouver que certains bancs ont plus de charme quand ils sont vides, entourés simplement par le silence, ou par l’écho du silence…

lundi 20 août 2012

Adele - Promise This




Promets moi ça

Au début
Il n'y avait rien
De plus vide
Dans cet espace
Puis tu es arrivé
Tu as allumé les lumières
Et tu as crée
Ce qui allait arriver

Avant que je n'attache tes ailes
Couvre moi s'il te plait
Déploie tes ailes
Couvre moi et

Promets moi ça
Si je meurs avant de me réveiller oh
Promets moi ça
Prends le temps de dire ta gratitude
A genoux
Tu prieras pour moi
Promets moi ça
Promets moi que tu seras le dernier à m'embrasser
Alouette...

Même quand je marchais
A travers les ombres
Tu étais avec moi
Et tu m'as réconforté
Allonge moi maintenant
C'est le moment de dormir
Est-ce que tu me rétabliras?

Avant que je n'attache tes ailes
Couvre moi s'il te plait
Déploie tes ailes
Couvre moi

Alouette...

C'est là où nous nous accrochons
Et j'espère que tu ne m'abandonneras pas
Si tu me quittes un jour
Sache que je voudrai toujours te suivre

Alouette...

mardi 14 août 2012

Tunisienne, bribes d’une histoire

Elle est assise là, entourée par ses filles, leurs enfants et leurs petits enfants. Quelques années s’ajoutent à ses quatre-vingt ans, une longue vie d’évènements et d’émotions. Les rides et les ridules sillonnent son visage qui garde encore les traces d’une beauté que les années n’ont pas pu effacer. Ses yeux couleurs noisette et ses lèvres fines couleur de framboise portent milles et une histoire. Oui, c’est ma grand-mère maternelle.

Quand je la regarde, quand je l’entends parler de sa vie, ce n’est plus son histoire à elle, mais c’est l’histoire de la femme, d’une femme tunisienne qui a vécu la colonisation, l’indépendance et qui observe avec attention ce qui se passe dans son pays. C’est le combat d’une tunisienne, parfois silencieux, parfois muet et souvent des droits revendiqués avec acharnement.

Comment pourrais-je décrire en quelques lignes son histoire ? L’histoire de la femme tunisienne ? La spécificité de la femme tunisienne durant le dernier siècle ? Ça mérite des pages, des dizaines et des centaines de pages que je dois réduire dans un petit récit, et c’est pour cela que ça ne sera que des bribes d’une histoire. J’espère un jour exhausser son rêve et écrire son histoire, sa vie, ses joies et surtout ses souffrances de femme, dans un vrai livre.

Son histoire est parfois personnelle, mais c’est aussi l’histoire de toute une génération ou c’est une suite de générations de femmes qui ont vécu ce passage d’un état de presque soumission à une émancipation, à une liberté responsable avec le fardeau de toute une société qui a changé sans pour autant changer.

Orpheline de père depuis son jeune âge, prise en charge par son frère, elle n’a pas eu le droit aux bancs de l’école, ni à des enseignants à domicile pour lui apprendre les langues, la musique, les bonnes étiquettes comme sa mère ou sa grand-mère qui parlaient un français impeccable et jouaient au piano des symphonies mondiale. Elle n’a eu le droit qu’à des cours de broderie et de couture comme une fille de bonne famille. Pour fuir au despotisme de sa belle sœur, elle ne rêvait que de trouver son prince charmant qu’elle a choisi beau aux yeux couleur d’azur, c’était mon grand père qui avait dix huit ans à cette époque tandis qu’elle n’ pas dépassé les quinze printemps. Lui-même orphelin, mais éduqué à être l’homme de la famille, responsable de sa mère veuve à l’âge de trente ans, de son frère et maintenant d’une jeune épouse.

Mon grand père était l’exemple même du machisme masculin. Très conservateur, prétentieux, narcissique et tyrannique, et une épouse presque naïve, ou elle n’avait pas le choix que de l’être. Elle avait peur, de lui, de toute une société. Peur qu’il la quitte, ou qu’elle revienne divorcée à son frère, alors elle n’a trouvé que la soumission totale comme solution. C’était une époque où la femme n’avait pas le choix, l’humeur de son homme peut bouleverser toute sa vie, c’est lui le décideur, le maitre, et elle n’avait qu’à se plier à ses quatre volontés. On lui disait que tout les hommes sont comme ça, et que toute femme doit se plier à ce que le destin lui a choisi, elle n’a pas de mot à dire.

Une époque où la femme tunisienne n’a de rôle que d’être l’épouse, soutenir son mari sans discuter ce qu’il pourrait faire, un être de second degré, et c’était la peur, l’absence de droits qui la rendaient soumise à ce point. Elle aide, elle travaille à domicile, en broderie, à apprendre aux filles l’art de la couture et la confection de la dentelle traditionnelle, mais jamais elle ne bénéficiait du fruit de son labeur, et gare à elle si un jour elle ose cacher quelques sous pour elle. Son mari avait un oiseau qui la suivait et lui reportait tous ses faits et gestes. Elle rit maintenant quand elle évoque cette histoire d’oiseau, elle le guettait des yeux là où elle se déplaçait, où quand elle essayait d’enlever pour un moment le bout de papier qu’il a mis sur la serrure de la porte pour qu’elle puisse voir ce qui se passait à l’extérieur, mais rien ne lui échappait.

Des années sont passée, la guerre puis l’indépendance, entre temps, elle a perdu ses trois garçons très jeunes et n’a survécu que ses deux filles, une malédiction du destin… Les paroles de son beau frère résonnent encore dans sa tête, qu’elle bâtisse des châteaux, qu’elle investisse, la majeure partie sera pour lui, le frère, car elle n’a eu que des filles. Des mots qui lui ont fait mal, il n’y avait que les hommes qui ont tout le mérite, bien que ce soit grâce à elle, sa bonne gérance et son labeur que la richesse familiale est devenue importante. Mais elle n’avait aucune propriété à son nom, une femme ne peut rien posséder rien avec son mari, même si c’est elle qui finance l’achat.

Mais les choses ont changées, ses filles sont à l’école, et elle a apprit à écrire son prénom d’une écriture lente mais sure, c’était comme un signe de liberté, elle a maintenant sa signature personnelle. Elle est maintenant un être complet pas seulement l’ombre d’un homme.

Et elle est devenue plus sure d’elle. Son beau frère ne viendra pas prendre à ses filles leur héritage qu’elle a souffert pour le créer. Elle ne reviendra plus chez son frère avec deux filles en charge, si un jour mon grand père, sur un coup de tête décide de divorcer. Elle peut même annoncer sa jalousie, de chaque autre femme qui peut admirer les beaux yeux de mon grand père qui lui-même faisait les yeux doux, aucune autre femme ne pourra lui prendre sa place.

Grand-mère, avec ses quatre vingt ans dépassés, sait qu’avec des lois, on peut avoir des droits, une protection, une valeur, et une illusion d’égalité. Elle sait que ce sont ces lois qui lui ont permis de dépasser sa peur, d’avoir son mot à dire, de gérer ses biens et de bénéficier de son labeur. Elle sait que la souffrance et l’humiliation vécues souvent en silence ne doivent jamais revenir. Que la femme a en elle une force que ne possèdent pas les hommes, elle enfante, elle veille sur ses enfants et sur leur éducation, elle est responsable de la bonne marche de son foyer même si elle est femme au foyer… Des petites choses qu’on ne peut pas voir, mais en les accumulant, on sait que c’est sur le dos des femmes que toute une société avance.

Grand-mère avec son âge, sait que la femme d’aujourd’hui est encore plus battante. Qu’elle se force pour faire beaucoup mieux. Qu’elle est devenue cadre, enseignante, ouvrière, qu’elle se prend en charge sans pour autant négliger son rôle d’épouse, de mère, de sœur. Elle est ce mélange de force et de douceur. Elle ne laisse jamais ses responsabilités, elle les assume et elle en est fière de le faire. Qu’il fallait voir la femme, soit rurale ou citadine, elle est toujours rayonnante, battante sans lâcher prise, même si souvent elle est exploitée, au travail comme au foyer, et ces dépassements ce ne sont pas les lois qui vont les changer.

Grand-mère sait que ses petites filles, même avec tous les progrès techniques, sont fatiguées. Elles fournissent un effort énorme pour mériter leur statut de citoyenne libre et honorée. Que si les lois peuvent protéger les arrières, les mentalités ont encore besoin de beaucoup d’années pour changer. Alors les lois sont faites pour avancer, pour améliorer par pour régresser.

Grand-mère, sans quitter son sefséri en soie, ne souhaite jamais que les choses reviennent comme elles ont été, car elle sait ce que c’était. Mais elle insiste surtout sur le respect, c’est dans le respect qu’on peut tout changer. Mais cette fois, elle n’a plus peur, elle sait, et elle est sure même que la femme tunisienne est prête à tout faire pour ne pas perdre ses acquis et militer pour avoir d’autres droits en tant que citoyenne. Même si certaine disent vouloir faire revenir la femme des siècles en arrière, elles n’y arriveront jamais. Ma Tunisie ne fera jamais ce retour…

lundi 16 juillet 2012

Les mots perdus

Face à une page blanche j’ai cherché mes mots

Des mots qui bouillonnent et qui refusent de se dessiner

Des mots qui vident mon vide pour me vider

Des mots qui font sortir mes larmes qui refusent de couler

Des mots qui crient mes peines refoulées

Des mots qui me permettent de fermer les yeux

Des mots qui m’apaisent et me font sentir la paix

Des mots que je veux crier

Des mots que veux jeter

Des mots avec lesquels je veux casser, blesser ou simplement expliquer

Mais mes mots refusent de m’exprimer

Ils m’ont délaissée

Ils sont sans sens, inachevés

Ce ne sont que des lettres éparpillées

Qui dansent sur des notes non rythmées

Sans aucune beauté

Je ne sais plus écrire ni composer

Je ne suis qu’une coquille vidée…

mercredi 13 juin 2012

La noyée …


C’était une princesse par un jour d’été, qui sortait faire sa balade au bord d’une plage qu’elle connait.

La balade l’a emportée, ses pieds l’ont menée loin des lieux sûrs qu’elle avait l’habitude d’aborder.

L’eau fraiche de la mer l’a appelée, l’invitant à se rafraichir et apaiser ses jambes fatiguées.

Le soleil l’illuminait, faisait briller ses cheveux qui caressaient, la peau blanche de ses épaules couleur de lait.

Ses pas avançaient vers les profondeurs de l’eau salée, elle ne pouvait pas se noyer, elle qui avait su toujours nager.

Brusquement, le soleil s’était éclipsé, un vent violent la balançait, la mer douce devenait très agitée.

Elle ne voyait plus ce qui l’entourait, ses pieds ne trouvaient plus la terre ferme qui la tenait, tout autour d’elle devenait obscurité.

Elle essayait de se calmer, ce n’était qu’une tempête et elle finira par vite passer, elle resta clouée mais le courant l’emportait.

Mais rien n’avait changé, à ses yeux épeurés, tout autour d’elle s’agitait et bousculait, elle ne savait même plus nager.

Elle a tendu la main, cherchant une paille pour s’accrocher, un espoir pour lutter, mais tout autour d’elle s’écroulait.

La main qu’elle voulait tenir, pour la soutenir, refusait de croire qu’elle, la princesse qui savait seule nager, pouvait se noyer.

La mer pouvait ne pas être profonde, le noir qui l’entourait pouvait ne pas être une totale obscurité, c’était peut être elle qui dramatisait.

Pouvait-on savoir que dans un moment de détresse, tout parait noir et même les lumières disparaissaient ?

Pouvait-on savoir qu’elle pouvait avoir peur, et que dans sa peur elle ne voyait plus sa route et qu’elle se sentait perdue à jamais?

Pouvait-on savoir qu’elle n’attendait qu’un mot, qu’une petite paille ou une poigné de main qui minimise sa peur et sa détresse exagérées?

Pouvait-on savoir qu’elle se sentait seule, abandonnée même dans cette mer qu’elle connaissait et qui l’absorbait dans ses profondeurs agitées?

Pouvait-on savoir qu’elle voulait crier, quand sa tête s’enfonçait, mais qu’aucun son ne pouvait sortir de sa gorge nouée ?

Pouvait-on savoir qu’elle percevait sa fin devant ses yeux, et qu’elle pleurait la perte tous ceux qu’elle avait aimés ?

Pouvait-on savoir que dans son dernier souffle avant de se laisser absorber, elle voyait son rêve de la fin d’été, s’écrouler pour l’éternité?

Et c’était l’histoire d’une princesse, qui, dans un moment de détresse, avait laissé une vague l’empoter vers sa fin.

Une princesse qui se noyait mais que personne ne croyait, qu’elle avait perdu la capacité de nager…

Une princesse qui n’avait même pas su dire adieu…

mercredi 9 mai 2012

Elle a oublié…

Des mots d’un homme déçu, apprenant que sa bien aimée a oublié des moments qui auraient du les marquer, à jamais…

 Elle a oublié 
Les dates du passé, d’une histoire d’amour qui les a fait voyager, dans une autre vie toute nouvelle à leurs yeux… 

 Elle a oublié 
Les premières lettres prononcées, sans calculs et sans préjugés, pour les unir à jamais…

 Elle a oublié 
Les moments où ils se confiaient, dévoilaient leurs plus grands secrets, comme s’ils se connaissaient depuis une éternité…

 Elle a oublié 
Le premier mot prononcé, le premier regard échangé et le premier touché…

 Elle a oublié
 Leurs disputes auxquelles ils ne pouvaient s’échapper, les moments où ils se retrouvaient plus amoureux qu’ils n’étaient, car, ils ne pouvaient rester, pour un moment séparés…

 Elle a oublié
 La fleure qu’il tenait, la fleure qu’il offrait, et de sa senteur, il ne restait qu’un reflet, une ombre sur l’eau qui disparait, avec le vent qui soufflait…

Elle a oublié
La musique qu'ils écoutaient, le tango qu'ils dansaient, et même les silences qu'ils partageaient...

 Elle a oublié
 Mais elle n’aurait jamais du oublier, en amour elle devait tout maintenir en elle graver, tout mémoriser, les beaux moments comme les mauvais,  surtout les premiers moments même s'ils se répétaient…

 Elle a oublié 
Et lui dans son chagrin enfermé, se demandait comment aurait elle pu oublier, car en lui, d’elle aucune sensation ne pouvait être effacée, et c’est inutile de lui faire rappeler, certains moments que dans sa mémoire elle n’a rien gardé… ça n’a plus aucun sens ni aucun intérêt… Sa déception n’est pas à raconter…

mardi 24 avril 2012

Insomnie...


 La nuit refuse de caresser ses paupières bien qu'elle ne voyait que du noir...

La paix lui échappe comme si elle ne voulait plus lui donner un espoir...

La larme qui lavait sa peine reste coincée au fond d'elle sans jamais échoir...


Les ténèbres s'éveillent, chassent d'elle la lumière,  et habitent ses veines pour une danse macabre...

La lune s’éteint, les étoiles filent dans une nuit sans nuage, dans un air sans brise et une senteur étouffante...

Le silence qui dure, les minutes qui s'éternisent, la tempête qui guette, pour recevoir l'horrible sentence...

La vague muette, fatiguée et désespérée,  refuse de se taire aux pieds nus d'une princesse découronnée...

La fumée d'une cigarette dessine en douleur une nuit sans sommeil, une nuit d'errance, une nuit d'insomnie...

lundi 26 mars 2012

حيرة تونسيّة حرّة... أو، حيرتي


لم تعد لي القدرة على مواصلة الصّمت و أنا أرى حال بلادي من سيّء إلى أسوأ. لم تعد لي القدرة على العمل في صمتي و في نطاق ضيّق معتبرة أن الديمقراطيّة و الفكر الحرّ ينبني لبنة لبنة حتّى يشتدّ فيتحوّل إلى بناء صلب يستوعبه الفكر فيتحوّل إلى جزء لا يتجزّأ من الذات اثر التشرّب من كلّ مقوّماته. الأرض تنهار و تضيع فعن أيّ بناء أتحدث و أي تفاؤل في المستقبل يمكن أن انتظر أو أتصوّر؟

ككل التّونسيّين أتابع ما يحدث في البلاد، غضب و ثورة و حكومات، إضرابات و اعتصامات تخلّلتها انتخابات.و رغم كلّ ما كان يحفّ بالبلاد من خور و تراجع و انتهاكات، كانت لنا بعض المكاسب و المكتسبات و من بينها أساسا دولة عصرية متفتّحة تحظى بسمعة طيّبة و احترام، دولة رغم صغر مساحتها و افتقارها للموارد استطاعت أن تعوّل على رأسمالها البشري فأبهرت العالم في عدّة مناسبات

اليوم، كل هذا سائر للزوال. وكم آلمتني كلمة أصبحت تتردد على لسان بعض إطاراتنا بالخارج، منذ سنة مضت كانوا يفتخرون بكونهم تونسيّين و يفكّرون جدّيّا بالعودة للديار متخلين عن كلّ الامتيازات، أما اليوم فأصبحوا يخجلون من هذا الانتساب، و أكثر من ذلك يفكّرون في ترحيل الأهل والأحباب، فلم يعد على هذه الأرض ما يدعوهم للاستقرار

اليوم تنتابني حيرة و أظن أني لست الوحيدة في هذا الوضع. بعيدا عن لغة الشّعارات، و مبدأ الحريّة وعدم الإقصاء، لم أتصور يوما أن البلاد ستمزقها الانقسامات. بدأت بالفوارق بين السّاحل و المناطق الدّاخليّة و هذا يصبح مقبولا إذا نظرنا للمسألة من نطاق التهميش و قلّة الاعتمادات. أمّا ما لا يمكن ان اقبله هو هذا الانقسام بين مسلم و كافر و كانّ هذا الشّعب لم يحمل راية الإسلام منذ أكثر من ألفية بل و كان منبرا للبحث و نشر الدّين في المغرب و غيره دون القذف و تلفيق الاتّهامات و دون أن يتحوّل يوما إلي مستورد لفكر او لباس لا يمتّ لنا بصلة، أشكال كنت لا أراها إلا في الأنباء المصوّرة من أفغانستان اصبحت تكتسح الشّوارع و الكليّات. فهل في هذا المثال الملوّث بالدماء ما يشرّفنا الاقتداء به؟

ففي بلدي، و منذ زمن ليس بالبعيد، حتّى من حاد عن طريق "الصّواب" كان يدعى له بالهداية و الصّلاح و لم يكفّره يوما أي إنسان مثلما يحصل الآن. و الأكثر من ذلك، أصبحت التفرقة منوالا و ذلك بإحياء انقسامات قديمة متجدّدة بين يوسفيّة و بورقيبيّة و كأن تلك هي قضيّة السّاعة و فضّ هذا النزاع سيصلح حال البلاد. و لا اصدّق بعفويّة هذه الأوضاع

لا اشكك في أن من التفّوا على السّلطة الآن وصلوا إليها عبر مكاتب الاقتراع، مستغلين الدّين أحسن استغلال و كأنّ سنوات السّجن و الإبعاد أو النفي الإرادي في أحضان الغرب و قصورهم تعطيهم شرعيّة التحكّم في رؤوس العباد. و إن كان الأمر كذلك، لأصبح للصهاينة شرعيّة الوجود... كما لا يمكنني أن أضع يدي في يد من يتاجر بمعتقدات العباد و يده ملطخة بالعنف و التّطرّف مع اعتراف صريح بذلك، كما لا يمكنني أن اصدّق متشدّد الأمس حتّى و إن اظهر اعتداله فلم أر يوما سجينا علّمته سنوات السجن أن يصبح أكثر تسامحا أو انفتاحا أو اعتدالا. كما لا يمكّن النضال من اجل مبدأ أو إيديولوجيا أو حق من إكتساب آليّات تسيير البلاد، و هذا ما لا يستطيع أن ينكره احد والواقع اشدّ دليل على ذلك. فلا حكومة أثبتت جدواها إذ أن تاريخها الجهادي، عفوا النضالي، لم يخول لها اكتساب آليّات تسيير هذا الوطن إلى برّ الأمان أو دعم اللّحمة بين مكوناته في إطار توافق وطني أو فهم خصوصيّة المجتمع التّونسي بكلّ توجهاته، إذ لم تزد هذه الحكومة الزرقاويّة المنهج رغم تنوّع تدرّجاته إلا عنق الزجاجة اختناقا عمّا كانت عليه .و لن أتحدث حتّى عن ذلك الحقوقيّ الذي و إن كان محترما نسبيا حيث كان فاعلا في مجال حقوق الإنسان و الذّي اليوم لا يستطيع حتّى ملء الكرسيّ الذّي باع كل شيء من اجل الحصول عليه

أمام هذه اللاّ ثقة، و هو موقف شخصيّ من حقّ كلّ شخص مخالفتي فيه و لكن من واجبه احترامه، لم أجد في الطرف المقابل اي قوة يمكنها أن تعدّل الكفّة بالحفاظ على خصوصية المجتمع التّونسي الذّي لم يكن فحسب وليد السّياسة البورقيبيّة التي أرى فيها جوانب اجتماعيّة جدّ ايجابيّة رغم بعض الأخطاء في التصوّرات السّياسيّة التّي لا تنفي عن الرّجل وطنيّته التي لا يمكن أن يشكّك فيها احد و إنما كانت أيضا وليدة تاريخ كامل بكلّ أطواره و حقباته و التّي جعلت الحضارة التونسيّة متميّزة عن غيرها

بلادي التي عشقتها و لا زلت هي بلاد عليّسة و الكاهنة و الجازية الهلاليّة ، هي بلاد علاّمة مثل ابن خلدون و محمّد الطّاهر بن عاشور الذين يجرؤ بعض الجهلة اليوم على التشكيك في مكانتهم متّبعين خطى من لا يدرك من سنن الرسول إلا إطالة اللحية و لبس الاقمصة الصّينيّة الصنع منتعلين أحذية يموّلها الرأسمال الصّهيوني ليصيحوا في المنابر مكفرين ذاك، محلّين سفك دم الآخر، باثين الفتنة في شعب لم تفرّق يوما أوصاله لا دين و لا ملّة و بقيّة القطيع تصيح "تكبيير" كأنهم جاؤوا إلى بلاد الكفّار فاتحين، و للغنائم و السّبايا مترصّدين

لم الحيرة اذا و موقفي من هؤلاء باتّ، نهائيّ و لا رجعة فيه؟
حيرتي متأتية من خوفي على بلدي، على شعب يسير نحو حمّام دم بخطى سريعة و لا احد يحرّك ساكنا. خوفي من الفتنة تحاك بأيادي لا أدرك جليّا مأتاها لكنها تصدّع صروخا و توسّع شروخا لملمتها الأيام. خوفي من الظّلام الذّي ينشر أعلامه السّوداء هنا و هناك. خوفي على حرّيّتي و مكاسبي و مستقبل ابنتي التّي لا أريدها أن تتحوّل إلى شبح اسود اثر عمليّة غسل دماغ لترى في نفسها مجرّد متعة آو مصدر فتنة يجب حجبه عن العيان، فإهانة الذّات و تحقيرها لا تندرج في إطار الحرّيات

أمام هذا الخوف تتأتى حيرتي. حيرتي حول موقف أرى نفسي ملزمة على اتخاذه تجاه كتلة وسطيّة بدأت تبرز و تظهر و تأخذ حيّزا من المشهد السّياسي في البلاد. و ما أحوجنا إلى مثل هذه المبادرات التّي تضمن التوازن و تمثّل قوّة ضغط في مجابهة الديكتاتورية الحزبية العائلية الجديدة، و ذلك بارز في توزيع الحقائب الوزاريّة و اليوم في تعيين الولاّة حسب الولاءات، فما أشبه ازرق اليوم ببنفسجيّ الأمس

كنت من الحاضرين يوم 24 مارس بالمنستير، فانا بورقيبيّة و أومن بما قدّمه الرجل للبلاد و إن كان معاصروه لقّبوه بالزعيم فلست أنا من سألغي مكانته طيلة حوالي القرن من تاريخ تونس من خلال الحركة الوطنيّة إلى إرساء و بناء الدّولة الحديثة إلى جانب ثلّة من الرجالات ممّن شاطروه الرّؤى أو خالفوه دون ان أألّه الرّجل أو أنزّهه من كلّ الأخطاء. فهي خيارات تحسب له في التّعليم و الصحّة و مجلّة الأحوال الشّخصيّة التّي لم تكن مجلّة نسويّة و إنما هي تنظيم عصريّ للأسرة و للمجتمع يضمن لكن طرف ما له و ما عليه

كان الاجتماع من تنظيم جمعية الفكر البورقيبي تحت شعار نداء الوطن. حضر فيه ممثّلون عن أكثر من خمسين حزبا و منظّمة و جمعيّة كلّها ذات توجهات حداثيّة وسطيّة. كان ذلك على شرف رئيس الحكومة السّابقة السيّد الباجي قائد السّبسي الذي يحظى بشعبيّة كبيرة و ثقة من عديد التّونسيّين و ليس كلّهم طبعا. كان الشّعار المرفوع هو نجدة الوطن من الهوّة التّي يشارف على السّقوط فيها و بناء كتلة يمكنها أن تخوض الحملة الانتخابيّة القادمة دون إضاعة أكثر من مليون صوت على قائمات دخلت الإنتخابات وهي على يقين أنها لن تتحصّل على مقعد واحد، و لو كانت قد تجمّعت في قائمة موحّدة لكانت من ذوي الأغلبية و هكذا استفادت مختلف هذه القوى من التّجارب السّابقة و من الهفوات و هي تسعى بذلك إلى تجاوزها. و كم كنت أتمنى أن تدرك قوى اليسار ذلك و تعمل هي الأخرى على لمّ صفوفها مغيّرة خطابها النخبويّ الذّي اثبت انّه لا يوصل إلى النّتيجة المرجوّة

الإجتماع بتنظيمه المتقن من جميع النّواحي كان يمكن أن ينظر إليه كقارب نجاة يحمل في جوانبه كلّ التّوجهات التّي رأت في مصلحة الوطن أولوية بعيدا عن الحسابات الحزبيّة الضّيّقة. لكنّ ذلك لم يمنع حيرتي
و جود شخصيّات تجمّعيّة لعبت دورا رياديّا في العهد السّابق و دافعت عن توجهاته و خياراته جعلتني انظر للمسألة بتحفّظ شديد. اعتبار هذا الإجتماع فرصة ذهبيّة لعودة التّجمّعيّين القدامى من الباب الكبير بكلّ ما يحمله التّجمّع من قذارة سياسيّة لم يكن ليخفّف وطأة شكوكي و تحفّظي، لكن أو ليست السّياسة لعبة لا يمكن ان تلعب بدون قذارات؟

لكنّ بعض الوجوه الأخرى، التّي كانت بالأمس في صفوف المعارضة آو مشهود لها باستقلاليتها و وطنيّتها دون أي مجال للشكّ وضعت يدها في أيديهم مؤمنة بأنّ المرحلة تستوجب ذلك للخروج بالبلاد من الخندق الذي توشك أن تقع فيه دون أمل في النهوض

هذه بعض أسباب حيرتي، و هي أساسا مشكلة ثقة لم تستطع أن تكون كاملة حتّى يكون موقفي نهائيّا دون تذبذب او حيرة فلا مجال اليوم لمزيد الانتظار، الوضع حرج و لا بد من الإختيار، لكن هل هناك فعلا مجال للإنتظار او للاختيار؟




lundi 19 mars 2012

De quel droit vous parlez ??? Réponse d’une femme trahie


Suite à la confession de mon mari (ici) qui annonce son refus de la polygamie et affirme son droit à une petite amie, j’ai bien voulu étaler ma vision des choses.

Mariée depuis quinze ans, j’ai découvert que mon homme qui m'a promis fidélité à vie, changeait de maitresse comme il changeait de chaussettes. J’ai commencé à douté quand il est devenu plus attentionnée, quand il a commencé à m’offrir des fleurs et me gâter à chaque occasion, ce qui n’était pas de son habitude. Bien qu’il faisait toujours attention à ne jamais laisser de traces de son adultère sur son portable, son mail ou sur sa chemise, l’instinct d’une femme est le plus fort, et quand elle met le nez, elle peut tout savoir.

Je l’ai découvert à travers un message qui précédait l’un de ses voyages d’affaire, juste avant qu'il trouve le temps pour le supprimer comme il faisait à chaque fois. Au début j’ai failli faire une dépression, le couple que tout l’entourage jalousait, tellement uni, amoureux et attaché se trouve face à l’adultère, à la trahison d’un homme d'apparence dévoué à sa femme et ses enfants.

Face à cette situation j’ai eu le réflexe de ne rien dévoiler. J’ai calculé le pour et le contre du scandale que je pouvais faire éclater.

Trois situations m'étaient possibles.
Soit je fais un drame pour aller jusqu’au bout de mon refus de la situation pour qu’en fin, chacun de nous prenne un chemin séparé et me trouver comme une femme divorcée avec en charge deux enfants. De la sorte je garderai ma dignité de femme qui n’accepte pas d’être trompée.

Soit l’affronter avec toutes les preuves que j’ai recueillies depuis, et sachant, que malgré ses aventures, je suis la femme qu’il dit toujours aimer, qu’il me demandera de lui pardonner et j’aurais la pression de tout notre entourage qui me suppliera de lui donner une seconde chance et je finirais par me plier. Mais quelque chose entre nous sera brisée et même si on fait semblant que tout marche sur des roulettes rien ne sera comme avant.

La troisième possibilité, et pour laquelle j’avais opté, était de faire semblant que je ne le savais pas, que je n’ai rien découvert, et profiter de sa sensation de culpabilité pour avoir tout ce que je voulais et même beaucoup plus.

Pourquoi ne pas divorcer ? Je connais bien le statut de femme divorcée. Elle peut avoir toutes les indemnités matérielles, une illusion de fierté mais elle sera toujours vue comme une femme de second degré. Ses sorties, ses actions sont jugés surtout dans une petite ville où tout le monde se connait. Même penser à refaire sa vie n’est pas si évident, en mettant le bien être de ses enfants comme priorité. Pour ces raisons et beaucoup d’autres je n’ai pas fait ce choix soit disant de liberté, de dignité, mais qui cache des restrictions illimitées.

Pourquoi ne pas lui crier ses quatre vérités et le rendre un vrai coupable à tous les yeux ? Pour moi ça ne sera qu’un moment de force qui cache une vulnérabilité tant que je sais, que par la suite,
je vais lui pardonner, et vivre avec ce mur dressé entre nous deux sans pouvoir un jour le dépasser ou sans pouvoir un jour se regarder directement dans les yeux. La stabilité des enfants qui ont besoins des deux parents présents sera prise en considération.

Le choix de tout cacher, d’assumer seule cette trahison et pourquoi pas en profiter, était pour moi la façon de se surpasser. Je connais son attachement à sa famille et sa peur de la briser ainsi que sa sensation de culpabilité à chaque moment d’évasion qu’il prenait. Depuis que j’ai fait ce choix, nos sorties ont multiplié, mes cadeaux deviennent de plus en plus couteux et je m’affiche plus avec lui, affichant l’image du couple amoureux après tant d'années de liaison maritale et cette image me plaisait. Je ne nie pas que parfois j’ai pensé me venger, faire ce que lui me faisait et le frapper avec la même arme avec laquelle il m’a frappé. Les occasions ne m’ont jamais manquée, mais je n’arrive jamais jusqu’au bout. C’était juste des moments de faiblesses où je sentais le besoin de savoir que je suis encore sollicitée, que je peux plaire et que je peux encore charmer, ce qui me donnais plus de force et de confiance en moi.

Certains et certaines parlent de polygamie comme solution qui honore chacun de nous deux, et là je réponds NON et mille fois non. Je veux être la seule femme légale qui a tous les droits. Qu’il rentre chaque soir pour dormir à mes cotés, qu’il ne décline jamais ses responsabilités. En plus, quelle femme viendra partager tout ce que j’ai bâtit pendant des années ? Quels enfants partageront l’attention de leur père dans un autre foyer ?... Lui et elle n’ont qu’à faire attention, et si elle a accepté de partager la vie d’un homme marié, qu’elle sache qu’il a des responsabilités et qu’il n’a à lui offrir que ce qu’elle prenait. Et si lui veut avoir les plaisirs de la vie et les biens d’un paradis dans l’au-delà, s’il veut avoir la conscience tranquille et éloigner sa sensation de culpabilité, qu’il se contente de ce qu’il a chez lui.

Alors, s’il veut faire sa vie loin de sa famille c’est son choix, mais il ne pourra jamais avoir deux femmes dans la légalité à la fois. Et si j’ai accepté la présence de cette maitresse qu’il voulait la qualifier gentiment comme sa petite amie, c’est que je sais que ça ne brisera en rien ma famille ( bien que ce n'est pas aussi facile à supporter pour moi) et que je fais un effort continue pour approfondir sa sensation de culpabilité, l'approcher encore plus aux plaisirs de notre petit nid et qu’il finira bientôt, par savoir que rien ne durera, rien n'est n'est si solide que sa femme et ses enfants qui le soutiendront à tout moment s’il arrive à s’ouvrir à eux.

mercredi 14 mars 2012

Le dernier pont…



Du haut de sa falaise, sur ce sommet qui défiait cette profondeur d’une rivière de vie, il regardait son pont s’effondrer. Il ne savait pas s’il devait laisser filer une larme d’un œil d’homme qui ne devait pas pleurer, ou dessiner un sourire de soulagement.

Il resta clouer, là, sur ce point final, culminant, comme si la terre s’est arrêtée de tourner pour un moment.

Là, devant ses yeux, le vide à pris place, les dernières cordes et les derniers bouts de bois sont avalés et emportés par le courant qui coulait vers des lieux inconnus. Le pont s’est effondré, et c’était le dernier…

Il se recroquevillait sur cette roche qui a su défier le temps, regardait de l’autre coté de la vallée ou plutôt de ce fossé qui le séparait de son passé après que le dernier pont s’est effondré.

Il avait connu ce pont depuis des années, entre eux deux, s’est tracée une longue histoire de traversées. Il connaissait chaque marche, chaque nœud de liane auquel il s’agrippait, chaque bout de bois où il mettait ses pieds qui parfois couraient, et parfois hésitaient d’avancer.

Dans ses terres d’origine il a ouvert les yeux, il a connus ses bonheurs et ses peines cachées et même écrites et criées. Sur cette rive il a rêvé de bâtir un monde meilleur où le printemps durerai à jamais. Le jour où il a su qu’il a échoué, le jour où tout le monde lui répétait son échec qu’il ne voulait pas admettre ni accepter, ce jour là, il a pris pour la dernière fois son pont, ce passage vers une autre rive qui portait d’autre rêves ou peut être le fardeau d’un échec non assumé.

Ses premières traversées sont venues comme ça, non prémédités, sous le coup d’une peine non acceptée. A chacune de ses premières traversées, il coupait une partie de ce pont pour ne pas revenir aux terres qui l’ont blessé, aux terres qui n’ont pas su accepter ses rêves et ses folies parfois exagérées. Mais à chaque fois, il remarquait qu’il n’avait fait que défaire quelques nœuds, et qu’il pouvait quand le moment de colère s’apaisait et sa peine minimisée, retourner vers les terres qui l’ont poussé.

Il n’a jamais pu détruire ce pont, le seul chemin qui lui permettait de revenir à son nid d’enfant où il pouvait fermer les yeux en paix. Là où il avait toujours l’espoir que ses rêves et ses folies seront un jour compris et appréciés. A chaque fois, il remettait les nœuds défaits à leur place et revenait, pour être une autre fois expulsé et obligé de reprendre ce pont qu’il n’avait jamais eu le courage de briser.

A ce moment, il se rappela de cette histoire que son père lui racontait, l’histoire de cet homme qui a la main malade et qu'il devait amputer. Une main qui lui faisait si mal, qui lui pourrissait la vie en le privant de dormir ou même de pratiquer une vie normale. Parfois il la pressait sous des bouts de tissu qu’il serrait sur le lieu de mal, comme s'il voulait enfermer à jamais sa douleur, parfois il essayait d’oublier ne voyant que son autre main en bonne santé. Il savait qu’il devait s’en débarrasser, qu’il devait la couper pour pouvoir poursuivre sa vie.

A chaque fois où cet héros mythique tenait son couteau dans la main, il ne faisait que faire couler quelques gouttes de sang sans y arriver un jour à assumer ce qu'il voulait. Cette main qui le faisait souffrir lui criait à chaque occasion qu’entre elle et lui, ils ont échouée à faire un corps saint, mais il refusait de se faire raison, il refusait d’admettre que cette main ne faisait plus partie de lui.


Son père lui disait, comme finalité de cette histoire d’homme faible, têtu ou peut être avec un grain de folie, que personne ne pouvait seul se débarrasser de ce qu’il a de cher, que cet homme a préféré mourir que couper cette main qui est sienne, qui fait partie de lui. Que cet homme là aurait du demander à un autre qui n’a aucun lien avec cette main pour la couper, un proche ne le fera pas, comme le docteur qui trouve des difficultés à opérer un être proche au cœur…

Et encore devant ce qui était un pont, il se rappela qu'après une longue réflexion, après qu’il s’est rendu compte que jamais il n’y arriverait seul à laisser définitivement ses terres d’origine et couper le pont, il a demandé aux siens de le faire. Il les a même suppliés de le faire, de faire ce qu’il n’a pas réussi seul d’exécuter. De l’empêcher de se retourner à chaque fois, avec d’autres rêves et d’autres folies et de leur permettre de vivre en paix sans encaisser les séquelles de ce qu’ils pensent échouer.

Devant ce dernier pont effondré, devant ses débris emportés par le courant et engloutit sous l’eau, il reste sans voix, sans forces, sa tête repose sur ses mains cherchant dans le vide qui se présente à ses yeux une force pour se lever, tourner le dos et peut être avancer. Les sien ont une fois pour toute coupé tout lien qui jadis les réunissait, lui annonçant encore une fois qu’il a échoué et qu’il n’a plus de prendre la peine de réessayer, il ne changera jamais.


Et à ce moment là, devant ce dernier pont coupé, il ne savait plus s’il avait de la sorte coupé sa main qui lui faisait mal et que ses douleurs vont disparaitre à jamais, ou ce sont les siens qui se sont débarrassés de leur membre infecté qui n’est autre que lui-même avec ses rêves et ses folies qui leur empoisonnait la vie…

samedi 3 mars 2012

regret


« Lorsque la franchise sert de tremplin à la bêtise, on se surprend à regretter l’hypocrisie. »
Guy Bedos


Parfois
On avance d’un pas qu’on ne devait pas avancer…

Parfois
On frappe à une porte à laquelle on ne devait plus frapper…

Parfois
On cherche refuge là où on ne devait pas se cacher…

Parfois
On guette la paix sur une épaule qui ne fait que nous refuser…

………
Parfois on n’a plus qu’un regret … Pour ce refuge qu’on a cherché… Dans un moment de faiblesse et de vulnérabilité…

Parfois, on a envie de se couper… Les doigts qui ont fait un geste qui ne se devait pas… Un geste qu’on s’est pour longtemps efforcer à ne pas faire…

Parfois, en cherchant une illusion de paix… On s’ajoute une peine à celle qu’on avait… Se heurter à une peine qui ne fait que tuer…

Et il ne reste que l’amer gout du regret… Le regret de frapper à une porte qui devait rester fermer…

mercredi 29 février 2012

Contre la polygamie, mais j’ai droit à une petite amie…


"L'amour d'un homme n'occupe qu'une partie de sa vie d'homme. L'amour d'une femme occupe toute son existence." Rivarol.

Je suis tunisien, et je pense que je ne suis pas un cas isolé parmi mes semblables dans mon pays ou même ailleurs. Je suis un homme d’un certain âge, bien instruit, occupant un bon poste professionnel adapté à mes capacités de créativité. J’ai une famille assez soudée et stable, une belle femme que j’ai choisi selon beaucoup de critères ainsi qu’une belle entente. J’ai deux enfants, une fille et un garçon, qui jouissent bien de leur vie et honorent convenablement leurs engagements scolaires, avec un bon savoir faire et savoir être adéquat à leur âge.

J’incarne le modèle de l’homme qui réussit bien sa vie dans tous les domaines, et je n’ai pas à me plaindre ni dans mon travail ni chez moi. Je ne me considère ni moderniste ni conservateur, je suis l’homme tout le monde, juste un bon vivant comme la plupart des tunisiens d’ailleurs. J’ai mes propres idées concernant l’image de la société que je considère plus ou moins parfaites et surtout au sujet de la situation de la femme et je suis toujours un fervent défendeur de ses droits. Je n’accepte jamais qu’après tant de progrès et de civisme, on nous pousse à revenir aux temps de cavernes où ma fille, ma femme ou ma sœur ne sera que le mal de la société, qu’elle doit se cacher et être cachée derrière les murs d’un foyer ou sous un bout de tissu qui la transforme juste en un fantôme et cela au dépend de la place qu’elle mérite dans son pays sur le plan éducatif, sociétal, professionnel et surtout ses libertés personnelles en tenant compte des mœurs de notre société et les valeurs universelles qui sont mis en évidence dans notre religion qu’on connait depuis presque quatorze siècle.

La polygamie n’est pas interdite religieusement, ça, je le sais et je l’admets, mais la société a évolué, la femme tunisienne émancipée n’a pas à accepter d’être juste l’une des épouses d’un homme qui ne voit en elle que son plaisir personnel le plus bestial et le plus primitif ou juste une nourrice pour sa progéniture.

La polygamie pour moi privera la femme de son orgueil personnel, de sa fierté et elle sera toujours soumise aux humeurs de son époux qui peut lui infliger, si ça lui chante, le supplice de « le partager » légalement avec une, deux ou trois autres. Elle sera juste la soumise, l’obéissante qui n’a aucun mot à dire même si en apparence il lui donne l’illusion qu’elle participe dans les prises de décisions. Elle sera dépendante financièrement, et c’est une cause suffisante pour qu’elle ne soit à ses yeux, et même devant soi, qu’un être de second degré. Elle doit toujours se plier sans discuter à ses humeurs et ses prises de tête car elle risque à chaque moment de ne devenir que l’une des épouses pas la seule maitresse de foyer. Et cette image je ne l’accepte pas pour ma fille que j’ai éduquée fière d’être une future femme à part entière.

N’empêche, je suis, comme beaucoup de monde, plein de contradictions. Mon respect pour la femme et mon refus de la polygamie ne m’a jamais empêché d’avoir une petite amie. Certains la nomment comme une maitresse mais, à mes yeux, elle ne l’est pas. Pour moi, une maitresse c’est juste une compagne pour satisfaire mes excès charnel, une femme qui comble mes manques ou mes fantasmes non avoués sans aucun statut légal et sans qu’elle ait aucun droit, ce qui la prive et moi aussi de tous les mœurs.

Mais je ne veux pas de maitresses, je n’ai pas à me plaindre de ce coté chez moi, entre mon épouse et moi il y a eu toujours une bonne complicité.

Mes petites amies ont des statuts spéciaux (j’ai eu quelques une et pas juste une seule depuis que je suis marié), j’ai besoins d’elles comme elles ont besoins de moi. Elles sont mes confidentes, mes complices, mes amies sans prise de tête et sans engagements sauf celui moral. C’est la bouffée d’oxygène qui me permet de respirer un autre air loin des exigences d’un foyer, du pain que je dois acheter en rentrant à midi, de la facture qui doit être payée, du robinet que je dois changer, du fils qui commence à fumer et ses mauvaises fréquentations, de ce qu’on va manger et ce qu’on programme pour la soirée, et surtout des questions qui se répètent toutes les journées : où tu étais ? Avec qui ? Et pourquoi tu as tardé ?…

Et je ne vais pas le cacher, ma petite amie me permet d’être plus cool chez moi, je gâte plus mon épouse et je suis plus attentionné avec elle, je lui fais des surprises et je lui offre même des fleurs et des petits cadeaux. Personnellement, je ne sais pas si mes petites évasions me donnent cet air plus gai ou c’est simplement une sensation de culpabilité envers une épouse que j’aime et qui ne mérite pas d’être trompée. Mais je n’ai jamais pu résister, et franchement cette situation me convient et me plait.

Mes petites amies aussi ne se plaignent pas d’une telle situation et elles ne cherchent pas à avoir une autre situation soit disant légale. Notre relation est basée sur la franchise et la complicité. Une petite amie peut être soit une femme divorcée qui ne veut pas briser la stabilité de ses enfants en fondant un autre foyer mais qui pense avoir droit à s’échapper de temps en temps, soit une fille qui ne veut pas s’engager dans une situation familiale et ne veut que cette complicité et cette compréhension que je peux, moi ou un autre, la lui procurer, soit une femme mariée qui est surtout en manque d’affection et de confident qui puisse la comprendre, l’écouter, la consoler sans la juger… Ce confort qu’on se procure mutuellement n’a jamais été juste physique, bien qu’il y a eu toujours une affinité et une attirance qui rendent le rapprochement presque complet. Je pense que si cette liaison particulière se transforme en mariage tout le charme s’estompe, et l’interdit lui-même a son grand charme et tant qu’il y a consentement des deux partenaires, je ne vois que le coté bénéfique de telles relations. Certains de mes connaissances admettent qu’ils n’ont jamais eu le courage de franchir le pas dans la vie réelle mais vivent un tel bonheur à travers des connaissances virtuelles et se donnent de la sorte une certaine conscience tranquille qu’ils ne font aucun mal et ne trahissent personne de la sorte.

Même ceux qui me considèrent comme un homme sans valeurs, un macho qui ne pense qu’à lui-même et qu’à son confort personnel, un homme qui ne respecte ni les lois ni sa religion pour accepter une relation d’adultère, lui, qui peut avoir tout ça en mode« halal ».

A ceux là je réponds, que je considère ma situation plus honorable qu’un mariage dit de « motaa » ou « orfi » qui transforme ma compagne en prostitué masquée par une certaine légalité qui n’est qu’illusoire. Et que la polygamie ne me procurera jamais cette satisfaction interne ; physique et psychique que peut me fournir ma petite amie.

Alors, je suis contre la polygamie mais je conserve le droit à une petite amie.

mardi 21 février 2012

Savoir aimer…


Certains passent leur vie à chercher le grand Amour… L’amour qui a inspiré les poètes et a fait veillé les amoureux…
L’amour, ce sentiment idéal et idéalisé, que personne n’a su le définir en totalité…
Certains pensent l’avoir rencontré, quand le battement de leur cœur commence à s’accélérer…
Quand ils ont les mains moites ou le regard qui brillait…
Mais ça frappe et vite il disparait…
Mais un jour, sans prévenir ou sans le préméditer, l’amour arrive et on ne le voit pas s’approcher…

Rares sont ceux qui ont eu la chance de le croiser, et rares ceux qui ont eu le bonheur de l’échanger, et le partager avec l’être aimé…

Cet amour grand et vrai, ne sera pas répété, c’est une seule fois dans la vie qu’on peut le vivre et l’apprécier…
Il peut durer quelques mois ou quelques années, mais pour toute la vie il gardera sa grandeur et son intensité…

En amour, tout a d’autres saveurs et d’autres couleurs. Les peines et les joies ont une autre senteur jamais imaginées. Les mains se tendent sans attendre rien de retour, on ne peut pas plus grand espérer, que ce sentiment envahissant partagé…

C’est une beauté qu’on voit dans les yeux et une légèreté qui pousse à s’envoler…
C’est une danse sur une musique imaginée, une musique partagée à deux…
C’est un parfum qu’on sent sur l’oreiller, et sans sa présence on ne peut pas fermer les yeux…
C’est un café chaud et bien aromatisé, savouré une belle matinée, servi sur un plateau argenté, et d’une fleur de jasmin accompagné…
C’est une histoire écrite et racontée à deux, dans laquelle les amoureux sont les seuls à la jouer…
Ce sont tous les masques estompés, où il n’y a qu’une seule vérité, c’est celle de l’amour partagé…
C’est un message déchiffré, sans qu’un mot soit prononcé, un pressentiment du froid que la neige a engendré…
C’est surtout une grande chance et une opportunité, que rares ont pu un jour bénéficier…

Et même si un jour le destin a mis chacun sur des routes opposées…
Quand ils essayent de leurs veines tout effacer et dans l’oubli se réfugier…
Quand ils ne peuvent rien d’eux effacer, même avec les années qui sont passées…
Quand même les larmes ne peuvent pas éteindre le feu, sous les cendres étouffé…

A ce moment, il faut juste admettre que tout est gravé, savoir apprécier ce que cet amour a pu laisser, en souvenirs et en bons moments partagés…
De savoir qu’un tel amour a su les emporter, et qu’ils s’estiment heureux de l’avoir vécu, même s’il n’a pas pu durer…
Il suffisait de le vivre et de l’accepter, car il accompagnera chaque jour et chaque pensée, et flottera sur les tempêtes sans s’égarer…

Et on peut prêter les propos de stendhal:
"on ne veut désormais collectionner que les moments de bonheur..."


mardi 14 février 2012

Les rêves assassinés

Quelle force peut-on avoir pour surpasser la mort ?

Quand une personne disparaisse, à jamais, on n’a même plus le pouvoir de rêver, de regarder en avant, c’est juste un vide, un vide pesant, cruel, imposant, lourd…

Quand le destin avait décidé, un jour printanier, il y a de là plusieurs années, sans les prévenir, de les approcher, ils n’avaient fait que se plier, suivre la voie qu’il a pour eux dessiné. Ils avaient fermé les yeux et les oreilles pour se trouver, dans un monde de rêve emportés.

Ils avaient ouvert une porte, rien, aucun n’a pu les arrêter. Ils avaient dessiné un avenir de toutes les couleurs qui, à chaque moment, à chaque instant ne faisait que les emporter vers des mondes parallèles qu’eux même n’ont pas su limiter.

Elle et lui, une histoire qui n’avait jamais du avoir lieu, une liaison qui n’aurait jamais du exister, un amour qu’ils n’ont, pour des longues années, jamais pu surpasser ou éviter. Tout les unissait et tous les séparait, jusqu’à ce que la mort vienne tout basculer et éteindre la dernière chandelle de leur nuit étoilée.

A deux, chacun de son coté, dessinait en rêve des contes de fées.
A deux, les rêves pouvaient un jour devenir réalité.
A deux, ils espéraient, dessinaient, programmaient, rêvaient et rien ne pouvait les arrêter ou mettre des limites à leurs folies partagées.

La vie seule permettait d’espérer, de rêver. La mort, ce n’est qu’une porte fermée, où tout est bloqué, même les rêves qui aident à avancer.

Aujourd’hui elle est seule, le vide l’enveloppe, une nuit d’hiver sans étoile étale sur son corps tremblant un châle sans couleur, sans odeur. Propage en elle l’air glacial d’un rêve inachevé, et chaque fois qu’elle le serre plus sur elle, cherchant dans ses mailles défaites une chaleur perdue, elle se couvre d’un vide plus intense, plus fort et plus profond. Un vide qui touche son intérieur fragile et fragilisé, et le trou de son vide se creuse encore plus jusqu’à disparaitre dans ses fonds.

La mort lui a ôté ses rêves, elle lui a même ôté sa capacité de rêver. La mort l’a privé de ce rayonnement de ses yeux, pour qu’elle devienne l’ombre d’elle-même ou l’ombre de l’épave qu’il a laissé en elle quand il a emporté avec lui le seul fil qui la liait au monde des vivants.

Quand elle était dans la ville des lumières, un soir de juillet, elle était seule à l’attendre mais il n’était jamais venu. Mais elle l’a vu, elle l’a senti, l’a imaginé, vu ses yeux qui l’admiraient, senti sa main qui la serrait, admirait ses lèvres qui l’embrassait. A ce moment, seule sur ce pont, juste avec son imagination, elle était sure qu’il y aura d’autres juillets, et un soir il la serrera fort à lui et toute sa solitude sera oubliée.

Quand elle choisissait les bougies parfumées, et réservait des pétales de roses non fanées, elle avait la certitude qu’elle les allumera un jour, ou peut être une soirée, qu’il tiendra sa main et elle le suivra les yeux fermés. Qu’ils n’auront pas besoin de mots pour se parler, ni de gestes pour s’exprimer, ils seront unis et à jamais.

Quand elle tenait son visage, enlevait ses lunettes qui cachaient son regard où elle adorait se plonger et voir ses reflets. Quand elle voyait les plis sur son front et qu’il essaye de les cacher. Quand elle lisait en lui comme si c’est en elle qu’elle lisait. Quand elle percevait ses peines, quand elle sentait ses chagrins et ses besoins de s’isoler. Quand elle arrivait à dessiner un sourire, à apaiser ses colères et parfois les soulever. Elle rêvait d’un sang unique qui coulait dans leurs deux corps jamais attachés.

Quand elle est allée dans sa ville pour le chercher, pour admirer les routes que chaque jour il sillonnait, pour supplier les étoiles de bien veiller sur lui, pour qu’aucun mal ne puisse le toucher ou même l'effleurer. Elle a espéré mourir, voir son sang s’écouler sous ses pieds et avoir juste son regard comme dernières images dans ses yeux. Sa mort sera la plus paisible, la plus souhaitée tant que c’est la dernière de ses volontés.

Quand ils se sont fixé un rendez vous dans quelques années, ils ont tout prévu. Leur marche sur le sable fin d’une mer désertée, leur valse main dans la main quand la pluie caresserait leur visage éblouis par leur retrouvailles. Sa veste qu’il mettra sur ses épaules quand elle frissonnera de bonheur, et même ce banc, où ils allaient se reposer pour reprendre leur souffle et s’embrasser.

Le jour de son départ, le jour où le destin a choisi de mettre fin à tout ce qu’elle avait dessiné dans ses rêves, elle lui avait tenu la main, elle l’avait senti chaude dans la sienne, ou c’était comme ça qu’elle l’avait imaginé. Elle avait peut être juste fermé les yeux, pour ne voir que ce qu’elle aimait observer, car il avait les yeux ailleurs et elle ne tenait qu’une main de glace que seul son cœur la sentait chauffée. Il s’apprêtait à partir ou sa présence n’était qu’une illusion qu’elle seule percevait, ou elle seule voulait se convaincre que c’est encore vrai, et qu’elle aura le temps de faire d’autres rêves et d’espérer un jour les réaliser. Et le soir, il était parti, le départ final, un adieu qui résonne pour tout arrêter.

Ce soir là, il ne savait pas s’il devait lui demander de le pardonner, pardonner son départ qu’elle seule refusait d’accepter, pardonner son absence dans ses beaux rêves qu’elle aimait façonner comme une enfant. Ou la tenir responsable de son cœur qui avait lâché. Responsable de ne pas savoir le retenir et de garder cette illusion d’amour qui les liait. Responsable de son rosier qui fanait, et la neige qui l’écrasait.

Aujourd’hui elle est seule, elle le perçoit dans chaque recoin de sa vie, dans chaque beau souvenir, dans chaque faut sourire ou le dessin d’un rire. Il est mort mais en elle, elle le gardera pour toujours en vie…

lundi 6 février 2012

Laissez nos jeunes investisseurs travailler…



Aujourd’hui j’ai eu l’agréable occasion de discuter avec deux jeunes.
Le premier est un ingénieur électromécanique qui travaille au profil de sociétés innovatrices en énergie solaire à Lille en France depuis cinq ans. Bien que son expérience n’est pas assez longue, mais il a su former un bon réseau relationnel et a eu pleins d’idées applicables en Tunisie.

Elle, avec la même spécialité, mais elle a terminé son master et son doctorat au Canada. De retour en Tunisie, son poste comme professeur à l’université ne satisfait pas ses ambiances, elle n’a pas fait tout chemin pour juste donner des cours à des jeunes étudiants dont la plupart sont sans enthousiasme.

Les deux jeunes, qui viennent juste de dépasser la trentaine, ont pleins d’idées et beaucoup de motivation et surtout une envie de faire profiter leur pays de leurs savoir faire et créer une société dans un domaine embryonnaire en Tunisie et encourager des investisseurs étrangers de venir faire profiter le pays se basant sur leur grande confiance sur le sérieux de ces deux jeunes.

J’étais si fière de voir ces jeunes tunisiens. Une image bien différente de ceux qui ne font que réclamer du travail sans faire aucun effort, sans essayer d’eux même de donner le plus, ceux qui sont là devant les administrations publiques attendant qu’on leur offre un travail sur un plat doré. C’est leur droit, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison, et à vrai dire ce n’était pas en leur faveur.

N’empêche, ces deux jeunes, même avec leurs idées, leurs motivations et leur application n’ont pas trouvé les portes bien ouvertes à eux. L’administration tunisienne n’a point changé, la bureaucratie en est bien incrustée, obtenir un rendez vous avec un responsable reste toujours une affaire bien difficile et mettre en règle un dossier en Tunisie, ça ne se règle pas facilement, chaque administration en demande du plus, d’autres bouts de papiers signés ici et là. Ces deux jeunes se sentent au bout de quelques mois fatigués et l’idée de baisser les bras commence à les tenter face à l’attitude de tout ceux qui ne laissent pas ou ne veulent pas que les choses avancent vers le meilleur.

C’est un projet innovateur, avec zéro risque pour le financement interne et surtout public, tout le capital est soit sous forme d’autofinancement et/ou coopération avec des investisseurs canadiens et français. Ça fera gagner le pays au point de vu insertion professionnelle de cadres ainsi que d’ouvriers moins diplômés. Ça diminuera aussi le cout de l’énergie importé qui n’arrête pas de monter et soulagera les factures des ménages. Ce projet aussi a le grand avantage de respecter l'environnement et même de diminuer la pollution causée par l'utilisation excessive des carburants.

Alors ne laisser pas de tels jeunes quitter le pays. Tout responsable doit bien leur ouvrir ses portes. Ne dit-on pas qu’on encourage tout investissement qui diminuera ce taux de chômage alarmant ? ne dit on pas qu’on aime bien diminuer notre dépendance énergétique qui nous coute si cher en devises ? Mais que fait-on pour réaliser tout ça ? Un peu d’encouragement ne fera que du bien à tout le monde.

Enfin, je ne peux que dire bravo à ces jeunes et à tout autre qui veut faire bénéficier le pays de son expérience et de son savoir faire. Ces jeunes, qui peuvent avoir des propositions bien alléchantes des sociétés d’ailleurs, mais qui on eu le courage de tendre la main à un pays qui se reconstruit malgré tous les obstacles.

Ce sont ces jeunes là, qui, pour moi, font avancer les nations, et je suis très optimiste tant que je peux voir cet amour et cette envie de dépasser tous ce qui peut les arrêter et ils ne lâcheront jamais…

mercredi 1 février 2012

Les moulins de mon coeur




Comme une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau
Comme un manège de lune
Avec ses chevaux d'étoiles
Comme un anneau de Saturne
Un ballon de carnaval
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D'un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

Comme un écheveau de laine
Entre les mains d'un enfant
Ou les mots d'une rengaine
Pris dans les harpes du vent
Comme un tourbillon de neige
Comme un vol de goélands
Sur des forêts de Norvège
Sur des moutons d'océan
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D'un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

Ce jour-là près de la source
Dieu sait ce que tu m'as dit
Mais l'été finit sa course
L'oiseau tomba de son nid
Et voila que sur le sable
Nos pas s'effacent déjà
Et je suis seul à la table
Qui résonne sous mes doigts
Comme un tambourin qui pleure
Sous les gouttes de la pluie
Comme les chansons qui meurent
Aussitôt qu'on les oublie
Et les feuilles de l'automne
Rencontre des ciels moins bleus
Et ton absence leur donne
La couleur de tes cheveux

Une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau
Au vent des quatre saisons
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

dimanche 29 janvier 2012

La beauté du vide…



Quand les arbres perdent leurs feuillages
Quand les roses égarent leurs breuvages
Quand les cieux se cachent sous les nuages
Quand les routes perdent leurs traçages

Quand le vent refuse de siffler
Quand la pluie ne sait plus tomber
Quand le soleil ne peut plus illuminer
Quand les mots ne savent plus parler

Ils n’y a que ceux qui savent admirer
La beauté de la nature enfin libérée
Même si en gris elle est dessinée
Et entendre
Le silence qui ne fait que chuchoter

Et la nature admire son état allégé
Le vide a son charme et sa grande beauté

vendredi 27 janvier 2012

وعدتك لنزار قبانى


وعدتك أن لا أحبك ....ثم أمام القرار الكبير ...جبنت
وعدتك أن لا أعود ..وعدت
وعدتك أن لا أموت إشتياقا ...ومت
وعدت مرارا ..وقررت أن أستقيل ... مرارا
ولا أذكر أني إستقلت
وعدت بأشياء أكبر مني ...فماذا غدا ستقول الجرائد عني
أكيد .. ستكتب أني جننت ..أكيد ... ستكتب أني إنتحرت
وعدتك أن لا أكون ضعيفا ..وكنت
وعدتك أن لا أقول بعينيك شعرا ..وقلت
وعدت ...بأن لا ... وأن لا ..وأن لا
وحين إكتشفت غبائي ...ضحكت
وعدتك أن لا أبالي ...بشعرك حين يمر أمامي
وحين تدفق كالليل فوق الرصيف ...صرخت
وعدتك أن أتجاهل عينيك ...مهما دعاني الحنين
وحين رأيتهما تمطران نجوما ...شهقت
وعدتك أن لا أوجه ..أية رسالة حب إليك
ولكنني رغم أنفي ... كتبت
وعدتك أن لا أكون بأي مكان ...تكونين فيه
وحين عرفت بأنك مدعوة للعشاء ..ذهبت
وعدتك أن لا أحبك ...كيف ؟... وأين ؟
وفي أي يوم وعدت ؟؟؟
لقد كنت أكذب ..من شدة الصدق
والحمدلله أني كذبت
وعدت بكل برود .. وكل غباء ...بإحراق كل الجسور ورائي
وقررت بالسر ..قتل جميع النساء
وأعلنت حربي عليك ...وحين رأيت يديك المسالمتين ...إختجلت
وعدت ...بأن لا ... وأن لا
وكانت جميع وعودي ...دخانا وبعثرته في الهواء
وعدتك أن لا أتلفن ليلا ...وأن لا أفكر فيك إذا تمرضين
وأن لا أخاف عليك ....وأن لا أقدم وردا
وأن لا أبوس يديك ..وتلفنت ليلا على الرغم مني
وأرسلت وردا على الرغم مني ...وبستك من بين عينيك ...حتى شبعت
وعدت ..بأن لا ...وأن لا ..وحين إكتشفت غبائي ...ضحكت
وعدت بذبحك خمسين مرة ....وحين رأيت الدماء تغطي ثيابي
تأكدت بأني الذي ...قد ذبحت
فلا تأخذيني على محمل الجد
مهما غضبت ... ومهما إنفعلت
ومهما إشتعلت ... ومهما إنطفأت
لقد كنت أكذب .. من شدة الصدق
والحمد لله أني كذبت
وعدتك أن أحسم الأمر فورا ..وحين رأيت الدموع ..تهرهر من مقلتيك ... إرتبكت
وحين رأيت الحقائب في الأرض ...أدركت أنك لا تقتلين ...بهذه السهوله
فأنت البلاد ... وأنت القبيله ..وأنت القصيدة قبل التكون ..أنت الطفوله
وعدت بإلغاء عينيك ...من دفتر ذكرياتي
ولم أكن أعلم ..أني ألغي حياتي
ولم أكن أعلم أنك ...رغم الخلاف الصغير أنا ..وأنني أنت
وعدتك أن لا أحبك ...ياللحماقة ..ماذا بنفسي فعلت
لقد كنت أكذب من شدة الصدق
والحمدلله أني كذبت
وعدتك أن لا أكون هنا ...بعد خمس دقائق
ولكن إلى أين أذهب ؟؟ ..إن الشوارع مغسولة بالمطر
إلى أين أدخل ؟؟..إن مقاهي المدينة ...مسكونة بالضجر
إلى أين أبحر وحدي ؟؟...وأنت البحار ... وأنت القلوع ..وأنت السفر
فهل من الممكن أن أظل ...لعشر دقائق أخرى ...لحين إنقطاع المطر
أكيد بأني سأرحل
بعد رحيل الغيوم
وبعد هدوء الرياح
وإلا فسأنزل ضيفا عليك
إلى أن يجيء الصباح
وعدتك أن لا أحبك ...مثل المجانين ...فى ... المرة الثانية
وأن لا أهاجم مثل العصافير ...أشجار تفاحك العالية
وأن لا أمشط شعرك ..حين تنامين
ياقطتي الغالية
وعدتك أن لا أضيع ...بقية عقلي
إذا ماسقطت على جسدي ...نجمة حافية
وعدت بكبح جماح جنوني ...ويسعدني أنني لا أزال ..شديد التطرف حين أحب
تماما كما كنت
في السنة الماضية ..وعدتك أن لا أخبئ ...وجهي بغابات شعرك
طيلة عام
وأن لا أصيد المحار ...على رماد عينيك
طيلة عام
فكيف أقول كلاما سخيفا ...كهذا الكلام
وعيناك داري
ودار سلام
وكيف سمحت لنفسي ...بجرح شعور الرخام
وبيني وبينك ...خبز ... وملح ..وشدو حمام
.
وأنت البداية في كل شيء ...ومسك الختام
وعدتك أن لا أعود ...وعدت
وأن لا أموت إشتياقا ....ومت
وعدت بأشياء أكبر مني ...فماذا بنفسي فعلت
لقد كنت أكذب ...من شدة الصدق
والحمد لله
أنني كذبت

نزار قباني