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mercredi 17 avril 2013

Extrémisme de toutes les couleurs…

Qu’est ce qui se passe dans mon pays ? Une question qui me revient depuis quelque temps. Qu’est ce qui a pris ma Tunisie pour qu’elle passe d’un pays moderne, modéré, convivial sans que ça touche vraiment à son unité à un pays où règne la violence? Un pays avec ses trois milles années d’histoire qui n’ont jamais divisé cette société où, aujourd’hui, chacun veut affirmer un mode de vie étranger à celui habituel ? Est-ce c’est pour s’affirmer, se prouver une existence ou une place particulière ? 

Moi, qui me croyais extrémiste dans mes façons de penser ou de traiter certains sujets, je me qualifie maintenant comme des plus équilibrées et des plus modérée (bien sur, tout est relatif). 

Je ne vais en aucun cas blâmer qui que ce soit, je me contenterais juste de donner une vision plus raisonnable des choses (selon mon propre raisonnement qui peut être tordu). Il suffit de lire ou de voir certaines pratiques partagées sur les réseaux sociaux, sur les journaux ou même sur les plateaux télévisés pour déduire la tendance à stéréotyper certains actes ou actions d'extrémistes et de faire des jugements de valeur. Difficile d’être complètement objectif, de ne pas prendre position. Mais a-t-on demandé le pourquoi ou essayer de chercher comment remédier à ce fléau d’extrémisme ? 

 Deux phénomènes m’écœurent, me choquent comme une grande partie de mon peuple. Le premier, ce sont ces jeunes qui laissent tout derrière eux, leurs familles, leurs études, leurs avenirs et même leurs rêves de jeunes pour se transformer en « djihadistes ». Des jeunes qui portent les armes, tuent et torturent au nom de dieu pour une cause qu’ils pensent juste ou on les a convaincus qu’elle l’est. Des jeunes qui en criant « Allah est le plus grand » sont prêts à massacrer leurs semblables en espérant un paradis proche où ils seront récompensés par des « houris » destinées justes aux martyrs, et quels martyrs!!!… 

 D’autre part, sur l’autre côté, des jeunes filles s’exhibent les seins nus pour réclamer une liberté qu’elles croient menacée. Elles annoncent par leurs gestes et par les mots écrits sur leur chair parfois fraiche de jeunesse ou mal traitée par les années, qu’elles sont propriétaires de leur corps et qu’elles sont libres d’en faire tout ce qu’elles désirent en voulant passer le message, ou plutôt c’est ce que certains ont voulu qu’elles passent, et que la « chariaâ » est la grande menace pour cette liberté.

Personnellement je classe ces deux actions comme actes d’extrémisme dans le même panier. Chaque action est mal vu par certains, chacun selon l’angle où il se positionne. Mais ne sont-ils pas deux actes réclamant une liberté que chacun pense bafouée ou menacée par l’autre ? 

 Ces jeunes vêtus de leurs barbes et de leurs longs kamis, ces jeunes qui se dénudent le torse, sont tous des tunisiens, perdus, vulnérables, sans attaches (et les attaches ne doivent pas se limiter ou être toujours synonyme de religion). Des jeunes faciles à manipuler et à influencer et cette influence n’est plus nationale. Ces jeunes sont à la recherche d’un idéal, d’un exemple, et chacun d’eux a eu contact avec « un encadreur » extérieur qui a voulu donner un modèle à des jeunes qui cherchent n’importe quel modèle à suivre. Le pire c’est que chacun de ces jeunes a la certitude qu’il détient toute la vérité, qu’il a tous les droits, toute la liberté et il se donne même le droit d’exiger « sa » façon de voir les choses à son entourage sans hésiter à utiliser ou employer la force sous toutes ses formes. Ces façons d’œuvrer font écœurer certains et donnent envie à les vomir pour d’autres, et ce ne sont que des jugements.

 N’est-il pas plus raisonnable, qu’au lieu de souhaiter la mort à ces « djihadistes » là où ils sont allés mener une guerre qu’ils croyaient sienne. De leur souhaiter de crever pour qu’ils ne puissent pas un jour revenir semer la pagaille dans un pays déjà instable. Au lieu de dénier, de souhaiter la mort à ces jeunes filles qu’on voit salir l’image de la femme tunisienne qui se veut libre, moderne, responsable, ne ressemblant ni à celles des talibans ni aux occidentales, et d’être tout simplement une tunisienne et fière de l’être? N’est-il pas plus raisonnable de demander le pourquoi et le comment dépasser cette impasse ? N’a-t-on pas laissé la porte ouverte aux autres pour influencer nos jeunes fragiles et fragilisés pour mille et une raisons ? 

Ces jeunes n’ont-ils pas droit à une éducation plus adéquate pour une personnalité plus stable et plus fière de son appartenance, de ses origines et de ses valeurs sans pour autant être facile à manier et à manipuler par tous ceux qui veulent passer un exemple qui n’est pas le nôtre ?

 Alors, arrêtons de condamner, arrêtons de blâmer et de traiter chaque acte de tous les noms, arrêtons de faire des jugements et cherchons des solutions. Des solutions dans une bonne éducation, dans un bon encadrement, dans une bonne écoute, donnons à nos jeunes des armes, mais pas des armes de feu. Des armes ou plutôt des armures avec lesquelles ils pourront ne pas être faciles à influencer.

 Le problème n’est pas dans ces idées étrangères à nous, des idées extrémistes et destructrices d’un côté comme de l’autre. A Ces idées ont n’y peut rien, ils sont là, c’est l’un des résultats de la mondialisation. Une fermeture à l’extérieur, une société fermée, ne peut jamais être la solution. 

 Mais ce qu’on peut faire c’est donner à nos jeunes des compétences qui leur permettent de faire la part des choses, leur permettent d’être des entités et pas de simple brebis qui suivent un troupeau qui n’est pas forcément le leur et qui marche contre le courant pour faire l’intéressant. Et cela ne passe pas dans les débats télévisés, c’est toute une éducation.

 Et quand nos jeunes auront tous les outils pour savoir eux même choisir rationnellement, et seulement en ce moment, vous pouvez chers politiciens dire que vous avez confiance en ce peuple tunisien ou que notre peuple n’est pas dupe, car pour le moment il l'est…

jeudi 18 octobre 2012

Le marché de chair et d’honneur….

 Un restaurant chic à la Goulette, une des banlieues nord de la capitale tunisienne. 

 C’était un début de semaine d’un mois d’octobre, humide et pluvieux.

 Eux, ce sont deux hommes qui ont dépassés la cinquantaine et qui ont choisi de diner ensemble dans un lieu chic où on offre des bons plats, une bonne ambiance musicale et un bon contexte pour revenir aux souvenirs d’une bonne amitié ou pour discuter de tout et de rien en dégustant un bon verre. 

Il était presque vingt heures quand ils ont franchi la porte d’entrée. Les tables éparpillées étaient à moitié occupées. La troupe musicale commençait à peine ses premières notes d’une musique orientale qui datait du temps de leur jeunesse. Le sourire qu’ils ont échangé a tout dit sur leur gout partagé de ces airs presque ancestral sans besoin de prononcer un mot. Ça fait bien longtemps qu’ils n’avaient pas veillé avec ces airs de leur jeunesse, les temps des grands rêves et de la bonne musique.

 Les plats commandés, l’ambiance tout autour commence à changer. La cloche a sonné ses dix coups et le restaurant est
complet pour un soir d’un début de semaine. à leurs cotés, des hommes de différentes tranches d’âge sont attablés venant d’un pays voisin. Les rues sont déjà surchargées par leurs grandes voitures, et les voilà partout. Ils ont de l’argent, et apparemment beaucoup d’argent au point de les voir là où on passe. On voit rarement leurs femmes ou leurs familles les accompagner dans les grands lieux publics, bien qu’on les voie parfois en voiture ou chez les grands médecins des cliniques privés. 

Ce soir là, ils n’étaient pas seuls. Ils sont accompagnés par des tunisiennes, oui, des jeunes tunisiennes qui n’ont pas dépassées la vingtaine. Des jeunes filles moulues dans leurs petites robes ou ces pantalons qui collent à leur corps comme une seconde peau. Leurs visages sont maquillés avec gout mais avec une exagération remarquable. On peut déceler chez quelques une, une beauté enfantine qui ne colle pas avec leur état d’ivresse. Leurs rires à voix haute et leurs danses exhibitionnistes ont provoqué le dégout des deux cinquantenaires qui espéraient une ambiance plus sereine.

 Les hommes qu’elles accompagnaient étaient de tout âge. Certains, encore jeunes avec des tenues occidentales, des baskets de grandes marques, les autres ont déjà atteint l’âge adulte depuis des années ou même des décennies. Ils offraient à leurs accompagnatrices les plus chères liqueurs, les plus luxueuses cigarettes et les plus basses des insultes. 

La troupe musicale est apparemment habituée à un tel spectacle. Les notes ont changées, le rythme aussi, tout devenait plié aux volontés de ceux que le porte monnaie est bourré de billets sans même avoir besoin de le réclamer. Ils sont devenus les maitres des lieux. Les filles étaient humiliées en public sans aucune réaction et elles continuent à sourire et à rigoler comme si elles se considéraient déjà plus basses qu’une sale serpillère. 

Ces filles, jeunes et très jeunes pour quelques unes devaient être occupées par leurs études. Des filles qui devaient être à l’image de la femme tunisienne, émancipée, libre, responsable et fière. Des filles, tunisiennes, qui ne devaient pas se considérer comme une marchandise qu’on piétine avec un corps après avoir piétiné leur honneur par des mots qui leurs ôtes toute dignité. 

Suis-je trop idéaliste ? Je sais que ça existe partout, dans les pays les plus développés comme dans les pays dits trop conservateurs. C’est la prostitution pour les riches qui s’offrent des filles, jeunes, belles et ils en abusent de toute sorte tant qu’ils offrent le prix qu’il faut. Et ceux qui n’ont pas les moyens ? Que peuvent-ils faire avec les bordels fermés ? Ils n’ont qu’aller chercher qui violer… Et ne me dites pas qu’ils peuvent aller se marier, ou de cacher les filles de leurs yeux pour ne pas les provoquer, car ça n’arrivera jamais. Me dire que la foi et la patience saura atténuer les envies des sans moyens ? Peut être, ça reste à prouver. 

Dans mon pays le marché de chair et d’honneur est devenu de plus en plus large. Ce marché n’est plus limité aux cercles fermés ou dans quelques lieux, il devient partout, de jour comme de nuit, des trotteuses de plus en plus jeunes qui s’offrent au plus offrants et les acheteurs sont là, ils voient dans chaque fille ou femme qui passe une marchandise qu’ils peuvent s’offrir s’ils y mettent le bon prix. 

C’est la faute de qui ? De la pauvreté ? De la misère qui touchent de plus en plus ce peuple de l’après révolution ? Le manque de contrôle parental ? Des parents qui n’assument plus leur devoir d’encadrement pour leurs progénitures ? L’absence de valeurs, de mœurs, d’attaches ? L’amour inconditionnel de l’argent « facile » qui devient en lui-même un but ? Est-ce que tous les moyens sont justifiés pour l’acquérir ? 

 Un excès de liberté, de nonchalance de toute une société ? Ou est ce que je dois considérer tout ce qui arrive comme une liberté personnelle ? Ces filles sont majeures, libres de faire ce qu’elles veulent de leur vie, de leurs corps, de leurs honneurs et de leurs dignités ? Ou est-ce qu’on doit réapprendre à toute une société ce que veut dire les valeurs humaines pour que chaque individu comprenne que rien ne vaut l’honneur de l’humain en lui ? 

Ce qui s’est passé dans ce restaurant a toujours existé et existera pour toujours, mais entre les cas isolés et le phénomène social résident toute la différence. Le diner des deux amis s’achève plus tôt que prévu, le gout amer empli leurs deux esprits, et une question qui s’impose sans trouver une réponse : vers quelle dérive marche cette société pleine de contrastes ? 

Et ce n’est qu’un petit exemple parmi plusieurs d’autres….

dimanche 30 septembre 2012

Trois ans d’illusions…


Comme les années passent si vite… Comme on peut changer d’une année à une autre… Mais le fond reste inchangeable… 

Ce qui reste après trois ans, c’est un banc vide, une amertume avec un gout amer… Rien n’est à fêter avec ce qui se passe dans ma patrie… Un tunnel sans bout apparent… Sans lumière à son fond…

 Des illusions qui continuent… comme une symphonie qui se joue seule… Dégager le ciel nuageux et laisser le soleil envoyer ses lumières...Un espoir que demain sera peut être meilleur…

 Un seul vœu pour une bougie non allumée…

 Que dieu épargne mon pays pour qu’il retrouve bientôt la bonne voie… Pour que demain soit plein d’espoir pour nos enfants… Et retrouver ma Tunisie, ouverte, tolérante et grande pour tous ses citoyens.


lundi 17 septembre 2012

Étranger...


— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située (...).
— Eh ! Qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !

Charles Baudelaire, l’étranger


Étrange étranger, il n’est pas seulement le différent des autres, celui qui ne se plie pas aux normes communes. Être un étranger, c’est aussi quand on n’arrive plus à se connaitre. Être étranger face à soi même, se chercher sans se trouver, sans se définir ou se connaitre.

Être étranger vis-à-vis aux autres peut être dépassé, supporté, tant que la différence est définie. Avoir d’autre repères, d’autres habitudes, d’autres normes, être juste un passager, c’est la vision des autres qui définissent l’étranger.

……………

Elle, elle se sent étrangère ou étrange. Ce n’est pas dans le regard de ceux qui l’entourent qu’elle le perçoit.

Quand dans la rue de son pays elle ne fait que se balader. Tous les visages qui passent sont déformés, les paroles ont changé, les regards sont loin et vidés, comme si personne ne sait où il se dirigeait, ou où demain va le mener. Son pays lui est devenu étranger, même sa ville et le quartier qu’elle connait. Rien que ce grand bleu mystérieux qui est resté le même, avec ses contrastes, ses grandes colères et la paix qu’il donnait.

Quand elle se regarde dans un miroir, elle ne se voit plus, c’est une autre qu’elle a en face d’elle. Ce ne sont ni ses yeux ni son regard, ce n’est même pas son reflet.

Même quand elle ferme les yeux, cherchant dans ses profondeurs ce qu’elle est ou ce qu’elle était, elle se trouve face à un étranger.

Elle cherche l’enfant qui l’habitait, l’enfant qui en elle souriait, l’enfant qui la faisait danser et chanter… il l’a déserté.

Elle cherche le rêve qui la guidait, dessinant un ciel ensoleillé, la menant à des mondes enchantés… des nuages noirs l’ont camouflé.

Elle cherche son cœur qui jadis battait, l’emplissant d’espoir, de vie et de gaieté… il a cessé de vibrer… il est complètement vidé.

Elle cherche dans sa tête toutes ses idées, ses mots et ses proses qu’elle composait, son esprit fou et raisonné… même sa tête l’a lâché… elle n’arrive plus à fonctionner…

Le vide, le flou l’enveloppait, elle n’y est plus, elle n’est même pas l’épave de ce qu’elle était. Elle espère un jour se retrouver, ou au moins trouver un cadavre à enterrer, porter le deuil ou se ressusciter, pour ne plus être cet étranger.

Elle ne sait plus si c’est simplement passager, si c’est le repos du guerrier après un combat qu’il vient de quitter, ou c’est une perte à jamais, que ses débris sont trop éparpillés pour pouvoir un jour les rassembler.

Alors, elle perd tous les repères, elle s'accroche à des nuages, de merveilleux nuages, elle garde quelques souvenirs gravés dans une mémoires effacée, des promesses non assumées, et elle sait que ce n'est qu'illusoires... Elle ne sait plus si elle plane ou elle ne fait que chuter...

mardi 14 août 2012

Tunisienne, bribes d’une histoire

Elle est assise là, entourée par ses filles, leurs enfants et leurs petits enfants. Quelques années s’ajoutent à ses quatre-vingt ans, une longue vie d’évènements et d’émotions. Les rides et les ridules sillonnent son visage qui garde encore les traces d’une beauté que les années n’ont pas pu effacer. Ses yeux couleurs noisette et ses lèvres fines couleur de framboise portent milles et une histoire. Oui, c’est ma grand-mère maternelle.

Quand je la regarde, quand je l’entends parler de sa vie, ce n’est plus son histoire à elle, mais c’est l’histoire de la femme, d’une femme tunisienne qui a vécu la colonisation, l’indépendance et qui observe avec attention ce qui se passe dans son pays. C’est le combat d’une tunisienne, parfois silencieux, parfois muet et souvent des droits revendiqués avec acharnement.

Comment pourrais-je décrire en quelques lignes son histoire ? L’histoire de la femme tunisienne ? La spécificité de la femme tunisienne durant le dernier siècle ? Ça mérite des pages, des dizaines et des centaines de pages que je dois réduire dans un petit récit, et c’est pour cela que ça ne sera que des bribes d’une histoire. J’espère un jour exhausser son rêve et écrire son histoire, sa vie, ses joies et surtout ses souffrances de femme, dans un vrai livre.

Son histoire est parfois personnelle, mais c’est aussi l’histoire de toute une génération ou c’est une suite de générations de femmes qui ont vécu ce passage d’un état de presque soumission à une émancipation, à une liberté responsable avec le fardeau de toute une société qui a changé sans pour autant changer.

Orpheline de père depuis son jeune âge, prise en charge par son frère, elle n’a pas eu le droit aux bancs de l’école, ni à des enseignants à domicile pour lui apprendre les langues, la musique, les bonnes étiquettes comme sa mère ou sa grand-mère qui parlaient un français impeccable et jouaient au piano des symphonies mondiale. Elle n’a eu le droit qu’à des cours de broderie et de couture comme une fille de bonne famille. Pour fuir au despotisme de sa belle sœur, elle ne rêvait que de trouver son prince charmant qu’elle a choisi beau aux yeux couleur d’azur, c’était mon grand père qui avait dix huit ans à cette époque tandis qu’elle n’ pas dépassé les quinze printemps. Lui-même orphelin, mais éduqué à être l’homme de la famille, responsable de sa mère veuve à l’âge de trente ans, de son frère et maintenant d’une jeune épouse.

Mon grand père était l’exemple même du machisme masculin. Très conservateur, prétentieux, narcissique et tyrannique, et une épouse presque naïve, ou elle n’avait pas le choix que de l’être. Elle avait peur, de lui, de toute une société. Peur qu’il la quitte, ou qu’elle revienne divorcée à son frère, alors elle n’a trouvé que la soumission totale comme solution. C’était une époque où la femme n’avait pas le choix, l’humeur de son homme peut bouleverser toute sa vie, c’est lui le décideur, le maitre, et elle n’avait qu’à se plier à ses quatre volontés. On lui disait que tout les hommes sont comme ça, et que toute femme doit se plier à ce que le destin lui a choisi, elle n’a pas de mot à dire.

Une époque où la femme tunisienne n’a de rôle que d’être l’épouse, soutenir son mari sans discuter ce qu’il pourrait faire, un être de second degré, et c’était la peur, l’absence de droits qui la rendaient soumise à ce point. Elle aide, elle travaille à domicile, en broderie, à apprendre aux filles l’art de la couture et la confection de la dentelle traditionnelle, mais jamais elle ne bénéficiait du fruit de son labeur, et gare à elle si un jour elle ose cacher quelques sous pour elle. Son mari avait un oiseau qui la suivait et lui reportait tous ses faits et gestes. Elle rit maintenant quand elle évoque cette histoire d’oiseau, elle le guettait des yeux là où elle se déplaçait, où quand elle essayait d’enlever pour un moment le bout de papier qu’il a mis sur la serrure de la porte pour qu’elle puisse voir ce qui se passait à l’extérieur, mais rien ne lui échappait.

Des années sont passée, la guerre puis l’indépendance, entre temps, elle a perdu ses trois garçons très jeunes et n’a survécu que ses deux filles, une malédiction du destin… Les paroles de son beau frère résonnent encore dans sa tête, qu’elle bâtisse des châteaux, qu’elle investisse, la majeure partie sera pour lui, le frère, car elle n’a eu que des filles. Des mots qui lui ont fait mal, il n’y avait que les hommes qui ont tout le mérite, bien que ce soit grâce à elle, sa bonne gérance et son labeur que la richesse familiale est devenue importante. Mais elle n’avait aucune propriété à son nom, une femme ne peut rien posséder rien avec son mari, même si c’est elle qui finance l’achat.

Mais les choses ont changées, ses filles sont à l’école, et elle a apprit à écrire son prénom d’une écriture lente mais sure, c’était comme un signe de liberté, elle a maintenant sa signature personnelle. Elle est maintenant un être complet pas seulement l’ombre d’un homme.

Et elle est devenue plus sure d’elle. Son beau frère ne viendra pas prendre à ses filles leur héritage qu’elle a souffert pour le créer. Elle ne reviendra plus chez son frère avec deux filles en charge, si un jour mon grand père, sur un coup de tête décide de divorcer. Elle peut même annoncer sa jalousie, de chaque autre femme qui peut admirer les beaux yeux de mon grand père qui lui-même faisait les yeux doux, aucune autre femme ne pourra lui prendre sa place.

Grand-mère, avec ses quatre vingt ans dépassés, sait qu’avec des lois, on peut avoir des droits, une protection, une valeur, et une illusion d’égalité. Elle sait que ce sont ces lois qui lui ont permis de dépasser sa peur, d’avoir son mot à dire, de gérer ses biens et de bénéficier de son labeur. Elle sait que la souffrance et l’humiliation vécues souvent en silence ne doivent jamais revenir. Que la femme a en elle une force que ne possèdent pas les hommes, elle enfante, elle veille sur ses enfants et sur leur éducation, elle est responsable de la bonne marche de son foyer même si elle est femme au foyer… Des petites choses qu’on ne peut pas voir, mais en les accumulant, on sait que c’est sur le dos des femmes que toute une société avance.

Grand-mère avec son âge, sait que la femme d’aujourd’hui est encore plus battante. Qu’elle se force pour faire beaucoup mieux. Qu’elle est devenue cadre, enseignante, ouvrière, qu’elle se prend en charge sans pour autant négliger son rôle d’épouse, de mère, de sœur. Elle est ce mélange de force et de douceur. Elle ne laisse jamais ses responsabilités, elle les assume et elle en est fière de le faire. Qu’il fallait voir la femme, soit rurale ou citadine, elle est toujours rayonnante, battante sans lâcher prise, même si souvent elle est exploitée, au travail comme au foyer, et ces dépassements ce ne sont pas les lois qui vont les changer.

Grand-mère sait que ses petites filles, même avec tous les progrès techniques, sont fatiguées. Elles fournissent un effort énorme pour mériter leur statut de citoyenne libre et honorée. Que si les lois peuvent protéger les arrières, les mentalités ont encore besoin de beaucoup d’années pour changer. Alors les lois sont faites pour avancer, pour améliorer par pour régresser.

Grand-mère, sans quitter son sefséri en soie, ne souhaite jamais que les choses reviennent comme elles ont été, car elle sait ce que c’était. Mais elle insiste surtout sur le respect, c’est dans le respect qu’on peut tout changer. Mais cette fois, elle n’a plus peur, elle sait, et elle est sure même que la femme tunisienne est prête à tout faire pour ne pas perdre ses acquis et militer pour avoir d’autres droits en tant que citoyenne. Même si certaine disent vouloir faire revenir la femme des siècles en arrière, elles n’y arriveront jamais. Ma Tunisie ne fera jamais ce retour…

lundi 26 mars 2012

حيرة تونسيّة حرّة... أو، حيرتي


لم تعد لي القدرة على مواصلة الصّمت و أنا أرى حال بلادي من سيّء إلى أسوأ. لم تعد لي القدرة على العمل في صمتي و في نطاق ضيّق معتبرة أن الديمقراطيّة و الفكر الحرّ ينبني لبنة لبنة حتّى يشتدّ فيتحوّل إلى بناء صلب يستوعبه الفكر فيتحوّل إلى جزء لا يتجزّأ من الذات اثر التشرّب من كلّ مقوّماته. الأرض تنهار و تضيع فعن أيّ بناء أتحدث و أي تفاؤل في المستقبل يمكن أن انتظر أو أتصوّر؟

ككل التّونسيّين أتابع ما يحدث في البلاد، غضب و ثورة و حكومات، إضرابات و اعتصامات تخلّلتها انتخابات.و رغم كلّ ما كان يحفّ بالبلاد من خور و تراجع و انتهاكات، كانت لنا بعض المكاسب و المكتسبات و من بينها أساسا دولة عصرية متفتّحة تحظى بسمعة طيّبة و احترام، دولة رغم صغر مساحتها و افتقارها للموارد استطاعت أن تعوّل على رأسمالها البشري فأبهرت العالم في عدّة مناسبات

اليوم، كل هذا سائر للزوال. وكم آلمتني كلمة أصبحت تتردد على لسان بعض إطاراتنا بالخارج، منذ سنة مضت كانوا يفتخرون بكونهم تونسيّين و يفكّرون جدّيّا بالعودة للديار متخلين عن كلّ الامتيازات، أما اليوم فأصبحوا يخجلون من هذا الانتساب، و أكثر من ذلك يفكّرون في ترحيل الأهل والأحباب، فلم يعد على هذه الأرض ما يدعوهم للاستقرار

اليوم تنتابني حيرة و أظن أني لست الوحيدة في هذا الوضع. بعيدا عن لغة الشّعارات، و مبدأ الحريّة وعدم الإقصاء، لم أتصور يوما أن البلاد ستمزقها الانقسامات. بدأت بالفوارق بين السّاحل و المناطق الدّاخليّة و هذا يصبح مقبولا إذا نظرنا للمسألة من نطاق التهميش و قلّة الاعتمادات. أمّا ما لا يمكن ان اقبله هو هذا الانقسام بين مسلم و كافر و كانّ هذا الشّعب لم يحمل راية الإسلام منذ أكثر من ألفية بل و كان منبرا للبحث و نشر الدّين في المغرب و غيره دون القذف و تلفيق الاتّهامات و دون أن يتحوّل يوما إلي مستورد لفكر او لباس لا يمتّ لنا بصلة، أشكال كنت لا أراها إلا في الأنباء المصوّرة من أفغانستان اصبحت تكتسح الشّوارع و الكليّات. فهل في هذا المثال الملوّث بالدماء ما يشرّفنا الاقتداء به؟

ففي بلدي، و منذ زمن ليس بالبعيد، حتّى من حاد عن طريق "الصّواب" كان يدعى له بالهداية و الصّلاح و لم يكفّره يوما أي إنسان مثلما يحصل الآن. و الأكثر من ذلك، أصبحت التفرقة منوالا و ذلك بإحياء انقسامات قديمة متجدّدة بين يوسفيّة و بورقيبيّة و كأن تلك هي قضيّة السّاعة و فضّ هذا النزاع سيصلح حال البلاد. و لا اصدّق بعفويّة هذه الأوضاع

لا اشكك في أن من التفّوا على السّلطة الآن وصلوا إليها عبر مكاتب الاقتراع، مستغلين الدّين أحسن استغلال و كأنّ سنوات السّجن و الإبعاد أو النفي الإرادي في أحضان الغرب و قصورهم تعطيهم شرعيّة التحكّم في رؤوس العباد. و إن كان الأمر كذلك، لأصبح للصهاينة شرعيّة الوجود... كما لا يمكنني أن أضع يدي في يد من يتاجر بمعتقدات العباد و يده ملطخة بالعنف و التّطرّف مع اعتراف صريح بذلك، كما لا يمكنني أن اصدّق متشدّد الأمس حتّى و إن اظهر اعتداله فلم أر يوما سجينا علّمته سنوات السجن أن يصبح أكثر تسامحا أو انفتاحا أو اعتدالا. كما لا يمكّن النضال من اجل مبدأ أو إيديولوجيا أو حق من إكتساب آليّات تسيير البلاد، و هذا ما لا يستطيع أن ينكره احد والواقع اشدّ دليل على ذلك. فلا حكومة أثبتت جدواها إذ أن تاريخها الجهادي، عفوا النضالي، لم يخول لها اكتساب آليّات تسيير هذا الوطن إلى برّ الأمان أو دعم اللّحمة بين مكوناته في إطار توافق وطني أو فهم خصوصيّة المجتمع التّونسي بكلّ توجهاته، إذ لم تزد هذه الحكومة الزرقاويّة المنهج رغم تنوّع تدرّجاته إلا عنق الزجاجة اختناقا عمّا كانت عليه .و لن أتحدث حتّى عن ذلك الحقوقيّ الذي و إن كان محترما نسبيا حيث كان فاعلا في مجال حقوق الإنسان و الذّي اليوم لا يستطيع حتّى ملء الكرسيّ الذّي باع كل شيء من اجل الحصول عليه

أمام هذه اللاّ ثقة، و هو موقف شخصيّ من حقّ كلّ شخص مخالفتي فيه و لكن من واجبه احترامه، لم أجد في الطرف المقابل اي قوة يمكنها أن تعدّل الكفّة بالحفاظ على خصوصية المجتمع التّونسي الذّي لم يكن فحسب وليد السّياسة البورقيبيّة التي أرى فيها جوانب اجتماعيّة جدّ ايجابيّة رغم بعض الأخطاء في التصوّرات السّياسيّة التّي لا تنفي عن الرّجل وطنيّته التي لا يمكن أن يشكّك فيها احد و إنما كانت أيضا وليدة تاريخ كامل بكلّ أطواره و حقباته و التّي جعلت الحضارة التونسيّة متميّزة عن غيرها

بلادي التي عشقتها و لا زلت هي بلاد عليّسة و الكاهنة و الجازية الهلاليّة ، هي بلاد علاّمة مثل ابن خلدون و محمّد الطّاهر بن عاشور الذين يجرؤ بعض الجهلة اليوم على التشكيك في مكانتهم متّبعين خطى من لا يدرك من سنن الرسول إلا إطالة اللحية و لبس الاقمصة الصّينيّة الصنع منتعلين أحذية يموّلها الرأسمال الصّهيوني ليصيحوا في المنابر مكفرين ذاك، محلّين سفك دم الآخر، باثين الفتنة في شعب لم تفرّق يوما أوصاله لا دين و لا ملّة و بقيّة القطيع تصيح "تكبيير" كأنهم جاؤوا إلى بلاد الكفّار فاتحين، و للغنائم و السّبايا مترصّدين

لم الحيرة اذا و موقفي من هؤلاء باتّ، نهائيّ و لا رجعة فيه؟
حيرتي متأتية من خوفي على بلدي، على شعب يسير نحو حمّام دم بخطى سريعة و لا احد يحرّك ساكنا. خوفي من الفتنة تحاك بأيادي لا أدرك جليّا مأتاها لكنها تصدّع صروخا و توسّع شروخا لملمتها الأيام. خوفي من الظّلام الذّي ينشر أعلامه السّوداء هنا و هناك. خوفي على حرّيّتي و مكاسبي و مستقبل ابنتي التّي لا أريدها أن تتحوّل إلى شبح اسود اثر عمليّة غسل دماغ لترى في نفسها مجرّد متعة آو مصدر فتنة يجب حجبه عن العيان، فإهانة الذّات و تحقيرها لا تندرج في إطار الحرّيات

أمام هذا الخوف تتأتى حيرتي. حيرتي حول موقف أرى نفسي ملزمة على اتخاذه تجاه كتلة وسطيّة بدأت تبرز و تظهر و تأخذ حيّزا من المشهد السّياسي في البلاد. و ما أحوجنا إلى مثل هذه المبادرات التّي تضمن التوازن و تمثّل قوّة ضغط في مجابهة الديكتاتورية الحزبية العائلية الجديدة، و ذلك بارز في توزيع الحقائب الوزاريّة و اليوم في تعيين الولاّة حسب الولاءات، فما أشبه ازرق اليوم ببنفسجيّ الأمس

كنت من الحاضرين يوم 24 مارس بالمنستير، فانا بورقيبيّة و أومن بما قدّمه الرجل للبلاد و إن كان معاصروه لقّبوه بالزعيم فلست أنا من سألغي مكانته طيلة حوالي القرن من تاريخ تونس من خلال الحركة الوطنيّة إلى إرساء و بناء الدّولة الحديثة إلى جانب ثلّة من الرجالات ممّن شاطروه الرّؤى أو خالفوه دون ان أألّه الرّجل أو أنزّهه من كلّ الأخطاء. فهي خيارات تحسب له في التّعليم و الصحّة و مجلّة الأحوال الشّخصيّة التّي لم تكن مجلّة نسويّة و إنما هي تنظيم عصريّ للأسرة و للمجتمع يضمن لكن طرف ما له و ما عليه

كان الاجتماع من تنظيم جمعية الفكر البورقيبي تحت شعار نداء الوطن. حضر فيه ممثّلون عن أكثر من خمسين حزبا و منظّمة و جمعيّة كلّها ذات توجهات حداثيّة وسطيّة. كان ذلك على شرف رئيس الحكومة السّابقة السيّد الباجي قائد السّبسي الذي يحظى بشعبيّة كبيرة و ثقة من عديد التّونسيّين و ليس كلّهم طبعا. كان الشّعار المرفوع هو نجدة الوطن من الهوّة التّي يشارف على السّقوط فيها و بناء كتلة يمكنها أن تخوض الحملة الانتخابيّة القادمة دون إضاعة أكثر من مليون صوت على قائمات دخلت الإنتخابات وهي على يقين أنها لن تتحصّل على مقعد واحد، و لو كانت قد تجمّعت في قائمة موحّدة لكانت من ذوي الأغلبية و هكذا استفادت مختلف هذه القوى من التّجارب السّابقة و من الهفوات و هي تسعى بذلك إلى تجاوزها. و كم كنت أتمنى أن تدرك قوى اليسار ذلك و تعمل هي الأخرى على لمّ صفوفها مغيّرة خطابها النخبويّ الذّي اثبت انّه لا يوصل إلى النّتيجة المرجوّة

الإجتماع بتنظيمه المتقن من جميع النّواحي كان يمكن أن ينظر إليه كقارب نجاة يحمل في جوانبه كلّ التّوجهات التّي رأت في مصلحة الوطن أولوية بعيدا عن الحسابات الحزبيّة الضّيّقة. لكنّ ذلك لم يمنع حيرتي
و جود شخصيّات تجمّعيّة لعبت دورا رياديّا في العهد السّابق و دافعت عن توجهاته و خياراته جعلتني انظر للمسألة بتحفّظ شديد. اعتبار هذا الإجتماع فرصة ذهبيّة لعودة التّجمّعيّين القدامى من الباب الكبير بكلّ ما يحمله التّجمّع من قذارة سياسيّة لم يكن ليخفّف وطأة شكوكي و تحفّظي، لكن أو ليست السّياسة لعبة لا يمكن ان تلعب بدون قذارات؟

لكنّ بعض الوجوه الأخرى، التّي كانت بالأمس في صفوف المعارضة آو مشهود لها باستقلاليتها و وطنيّتها دون أي مجال للشكّ وضعت يدها في أيديهم مؤمنة بأنّ المرحلة تستوجب ذلك للخروج بالبلاد من الخندق الذي توشك أن تقع فيه دون أمل في النهوض

هذه بعض أسباب حيرتي، و هي أساسا مشكلة ثقة لم تستطع أن تكون كاملة حتّى يكون موقفي نهائيّا دون تذبذب او حيرة فلا مجال اليوم لمزيد الانتظار، الوضع حرج و لا بد من الإختيار، لكن هل هناك فعلا مجال للإنتظار او للاختيار؟




lundi 6 février 2012

Laissez nos jeunes investisseurs travailler…



Aujourd’hui j’ai eu l’agréable occasion de discuter avec deux jeunes.
Le premier est un ingénieur électromécanique qui travaille au profil de sociétés innovatrices en énergie solaire à Lille en France depuis cinq ans. Bien que son expérience n’est pas assez longue, mais il a su former un bon réseau relationnel et a eu pleins d’idées applicables en Tunisie.

Elle, avec la même spécialité, mais elle a terminé son master et son doctorat au Canada. De retour en Tunisie, son poste comme professeur à l’université ne satisfait pas ses ambiances, elle n’a pas fait tout chemin pour juste donner des cours à des jeunes étudiants dont la plupart sont sans enthousiasme.

Les deux jeunes, qui viennent juste de dépasser la trentaine, ont pleins d’idées et beaucoup de motivation et surtout une envie de faire profiter leur pays de leurs savoir faire et créer une société dans un domaine embryonnaire en Tunisie et encourager des investisseurs étrangers de venir faire profiter le pays se basant sur leur grande confiance sur le sérieux de ces deux jeunes.

J’étais si fière de voir ces jeunes tunisiens. Une image bien différente de ceux qui ne font que réclamer du travail sans faire aucun effort, sans essayer d’eux même de donner le plus, ceux qui sont là devant les administrations publiques attendant qu’on leur offre un travail sur un plat doré. C’est leur droit, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison, et à vrai dire ce n’était pas en leur faveur.

N’empêche, ces deux jeunes, même avec leurs idées, leurs motivations et leur application n’ont pas trouvé les portes bien ouvertes à eux. L’administration tunisienne n’a point changé, la bureaucratie en est bien incrustée, obtenir un rendez vous avec un responsable reste toujours une affaire bien difficile et mettre en règle un dossier en Tunisie, ça ne se règle pas facilement, chaque administration en demande du plus, d’autres bouts de papiers signés ici et là. Ces deux jeunes se sentent au bout de quelques mois fatigués et l’idée de baisser les bras commence à les tenter face à l’attitude de tout ceux qui ne laissent pas ou ne veulent pas que les choses avancent vers le meilleur.

C’est un projet innovateur, avec zéro risque pour le financement interne et surtout public, tout le capital est soit sous forme d’autofinancement et/ou coopération avec des investisseurs canadiens et français. Ça fera gagner le pays au point de vu insertion professionnelle de cadres ainsi que d’ouvriers moins diplômés. Ça diminuera aussi le cout de l’énergie importé qui n’arrête pas de monter et soulagera les factures des ménages. Ce projet aussi a le grand avantage de respecter l'environnement et même de diminuer la pollution causée par l'utilisation excessive des carburants.

Alors ne laisser pas de tels jeunes quitter le pays. Tout responsable doit bien leur ouvrir ses portes. Ne dit-on pas qu’on encourage tout investissement qui diminuera ce taux de chômage alarmant ? ne dit on pas qu’on aime bien diminuer notre dépendance énergétique qui nous coute si cher en devises ? Mais que fait-on pour réaliser tout ça ? Un peu d’encouragement ne fera que du bien à tout le monde.

Enfin, je ne peux que dire bravo à ces jeunes et à tout autre qui veut faire bénéficier le pays de son expérience et de son savoir faire. Ces jeunes, qui peuvent avoir des propositions bien alléchantes des sociétés d’ailleurs, mais qui on eu le courage de tendre la main à un pays qui se reconstruit malgré tous les obstacles.

Ce sont ces jeunes là, qui, pour moi, font avancer les nations, et je suis très optimiste tant que je peux voir cet amour et cette envie de dépasser tous ce qui peut les arrêter et ils ne lâcheront jamais…

vendredi 13 janvier 2012

ذكرى ليست للاحتفال


بحثت في ذهني و في ذاكرتي عمّا يعنيه تاريخ 14 جانفي فلم أجد من الأحداث إلا فرارا لما كان يسمّى برئيس و أصبح يكنّى بالمخلوع. هي ربما تداعيات لثورة بدأت بوادرها منذ بضع سنوات نتيجة تفاقم مشاكل اجتماعيّة و اقتصاديّة مع إحساس بالمهانة و الظلم و الحيف، فكانت شبه الانفجار الذي انطلق بأكثر كثافة و وضوح في منتصف ديسمبر من بعض ولايات الدّاخل و الجنوب ليشمل كامل البلاد بدرجات متفاوتة و يشتعل أخيرا في العاصمة

ما ميّز يوم 14 جانفي 2011 هي تلك الوقفة الحاشدة أمام وزارة الدّاخليّة و ارتفع فيها صوت الجميع في اتّجاه واحد ثمّ نبا الفرار.

فهل يمثّل ذلك مبرّرا لاعتبار هذا التّاريخ عيدا و مناسبة للاحتفال؟ هل كان ذلك الفرار تتويجا لهبّة شعبيّة و ثورة أم هو مجرّد ضربة حظّ لعبت لفائدة التّونسيّين لإيقاف ما كان يمكن أن يكون حمّام دماء؟ لنفترض ذلك، لكن أليس من الأجدر أن نسمّي هذا الاحتفال بذكرى رحيل الديكتاتور لانّ الاحتفال بالثورات على ما اعتقد يجب أن يوجد له مبرّر على ارض الواقع و شخصيّا لا أرى في الوضع أي مبرّر للاحتفال.

ما الذّي تغير؟ حريّة عشواء تبحث لنفسها عن مبرّرات فلا تجد أي مفهوم منطقيّ لها. صحافة و جدت متنفّسا لتطلق العنان لتحليلات و إرهاصات فتصيب أحيانا و تتعثر في اغلب الأحيان.

هي سنة أبرزت للعيان فقرا و بؤسا كان مخفيّا وراء واجهة من أرقام و نسب تنمية لا تعكس من الواقع شيء، فكانت مجرد ذرّ رماد على الأعين.

هي سنة تفجّرت فيها كلّ التناقضات، فظهر الجهل و قلّة الوعي و الاصطياد في المياه العكرة و كأنها الفرصة المناسبة للمطالبة بتحقيق ما كان مسكوتا عنه طيلة عشريّات على ان يتحقّق في ظرف أيام، و هي في اغلبها زيادة أو رفع في الامتيازات الماديّة.

هي سنة وضع كلّ لنفسه قانونا خارقا للقانون، انتصاب عشوائيّ هنا و هناك. مبان أقيمت في غير أماكنها ثمّ اليوم تطالب بالماء و الكهرباء و الطّريق و حتّى التّصريف الصحّي. البعض احتلّ مساكن الغير رافضا الخروج منها و كأن كلّ شيء يجب أن يهدى حتّى وان كان عن طريق الافتكاك.

هي سنة تحول فيها بعض الرجال من معتصمين في المقاهي او أمام الكانون و برّاد الشّاي إلى معتصمين أمام مراكز الولايات يقتصر مطلبهم على عمل مريح أو منحة أو حتّى إعانة بينما الزّوجة أو الابنة تجلب الماء و الحطب و تسدّي الصوف لتلبّي البعض من الاحتياجات. فما أكثر الأراضي المهملة التّي أهملها أصحابها فتحوّلت إلى بور... هؤلاء هم الذّين يصح عليهم القول "الفقر لا يظلم أحدا" و هؤلاء كثيرون.

هى سنة تحوّل فيها العنف إلى وسيلة يستخدمها الكثيرون لفرض وجهات نظرهم أو رفضهم لهذا أو ذاك، و مستعملين كل الأشكال من العنف المادي إلى اللفظي إلى التشهير و الثّلب.

هي سنة تحوّلت فيها بعض النّساء إلى خيام سوداء، نفت فيها كلّ مظهر من مظاهر ذاتيّتها لتتحول إلى مصدر فتنة لا بد من حجبه عن عيون ذكور لم يعرفوا من سنّة الرّسول إلا تلك اللحية و قميص أفغانستان.

هي سنة يضرب فيها الجامعيّ و الطّالب الرّاغب في تحصيل العلم و يطبطب على كتف من أقام إمارة في سجنان.

هي سنة انقسم فيها التونسيّون إلى فائزين، أولئك الحاملين راية الإسلام، الفاتحين، المعلّمين العباد ما لم يفقهوه منذ أن كانت القيروان عاصمة للإبداع و الفكر و الانفتاح. و البقيّة متفرنسين، معارضين، كفّار يحقّ فيهم استعمال حدّ السّيف، فما أسهل التكفير في هذه الأيام.

هي سنة أصبحت فيها الكفاءة تقاس بسنوات النضال في غياهب السّجون حتّى و إن كان ما سجنوا من اجله جرائم اعترفوا هم أنفسهم باقترافها.

هي سنة تحوّل فيها من يشعل في نفسه النّار شهيدا، من يلقي نفسه من الطّابق الرّابع شهيدا و من يسرق أو يهدم منشأة عموميّة أو خاصّة أيضا من الشهداء، و ما أكثر هؤلاء، افليس ما أقدموا عليه تعبير عمّا يقاسيه الإنسان، فهم شهداء الظلم أو الخصاصة أو انسداد الآفاق فللشهادة تصنيفات لم أكن أدركها. و الأغرب أن بعضهم تحوّل إلى أبطال باختيارهم لمكان أو زمن إشعال عود الثّقاب.

هي سنة أصبح الكلّ فيها جرحى و مصابين و مطالبين بالتّعويضات. حتّى جارنا المصاب عند فراره من السّجن أصبح من الضّحايا و من أصحاب الاستحقاقات و لم يكفه ما ناله إلى حدّ الآن من أموال كتعويضات.
هي سنة تحوّلت فيها الطّرقات و السكك الحديديّة و مداخل المؤسسات إلى مكان مناسب للاعتصام، فمن اجل مطالب البعض تتوقف كل الأعمال.

هي سنة هدّمت فيها المصانع و المحلاّت، نهبت و احرق ما فيها من معدّات فهرب المستثمرون و أصبحنا نستجدي من الخنازير في الصدقات.

............

الأمثلة عديدة و لا يمكن حصرها في بعض الكلمات، و حتّى الأمثلة التّي ذكرتها لا تقدّم إلا صورة جزئيّة عمّا لم يتغيّر و إنما زاد سوءا و تفاقما. و حتى بعض الجوانب المشرقة ما زالت تحتاج إلى الكثير.

فما أجمل سهرات الأجوار في ليالي الشتاء مكونين لجانا لحماية أحيائهم.
ما أجمل تلك الشّموع التّي أشعلت لتقول أن الشّهداء في قلوب الجميع و أن لا احد يمكن أن ينسى طفلا أو شابا إصابته رصاصة وهو لا يحمل في داخله إلا حلما بمستقبل أفضل.
ما أجمل التونسيّ الذّي لم يعد يعرف الخوف لكنّه يدرك أن اللاّ خوف و أن الحرّية مسؤولية يجب ان يحميها و يحافظ عليها قبل أن تكون استحقاقا، فالحرّيات لا تهدى.
ما أجمل تلك الضحكات على أكثر الأوقات تعاسة، فكلّ شيء يتحول إلى كاريكاتوري و ما أكثر الإبداعات في هذا المجال....

لكن هل هذا كافي لنقيم الاحتفالات؟ ما زال الوقت مبكّرا للاحتفال، و ذلك حتّى لا أقول أن ما "تتحقّق" لا يستدعي أي احتفال، فخوفي أننا شعب تلهيه الاحتفالات عمّا هو أساسي، فننسى أن الكرامة و الحرّيّة هي هدفنا.

لكن ما يطمئنني أن في هذا البلد أناس يعشقون ترابه، و مستعدّون للتّضحية من اجله دون طمع في كرسي او منصب و هؤلاء سيكونون دوما جدار صدّ لكلّ محاولة تسير بنا الى الوراء.

و لتحيى تونس فهي فوق كل اعتبار

mardi 18 octobre 2011

تبادل الأسرى : فرحة بطعم المرارة


على كلّ القنوات التّلفزيّة، على كل الذّبذبات الإذاعية، على كلّ صفحات الصّحف الصفراء و حتّى تلك التّي ابيضّت ، خبر اليوم الذّي يتناقله الجميع: اليوم تفعيل صفقة تبادل الأسرى، أو بلغة اصحّ، عودة شاليط إلى دياره مقابل الإفراج عن أكثر من ألف أسير أو سجين فلسطيني...

لا احد يستطيع إنكار الفرحة بالعودة للدّيار. لا احد يستطيع عدم التّأثر لدمعة امّ أو زوجة أو ابنة أو أخت عند أول عناق بعد غياب طال.

لا أحد يستطيع أن ينكر اختلاجات تهزّ داخله عند سماع زغرودة فرح اللّقاء.

و لكن...

من أين جاءني هذا الإحساس بالمرارة في يوم خصّص للفرح؟


لماذا ينتابني إحساس بانّ لا شيء يفرح أو لا شيء يدعو للانشراح؟

لماذا لا أرى في الأمر ايّ نكهة انتصار؟

ألأنّ هؤلاء العائدين إلى ديارهم قضّوا أحلى سنوات عمرهم و راء القضبان؟ أم لأنّهم عادوا ليجدوا انّ لا شيء تغيّر؟

الأرض ما زالت مسلوبة، المستوطنات امتدّت على مئات الأميال و جدار يفصل الحلم و الأمل عن الواقع الذّي لم يزد الاّ مرارة و احتقان...

أهي مرارة الأمّ الثكلى التّي لم تواري ابنها التراب؟

هل هي الزّوجة التّي ترمّلت و هي بثوب الزفاف؟

هل هي البنت التّي لم تعرف أباها؟ لم تعانقه يوما؟ لم تفتح له الباب حاملة خفّه عندما يعود مساءا إلى الدّار؟ و لم تجد من يمسك يدها عندما زفّت لخيرة الرّجال؟

ام هو الابن الذي عاش وحيدا، تعلّم الألم وهو في ريعان الشّباب؟ لم يجد من يعلّمه كيف يحلق ذقنه كالرّجال؟ او يربّت على كتفه مفتخرا بشهادة الماجستير؟

هي مرارة لأطفال حملوا الحجارة، اعتقدوا أن اندفاعهم سيتجاوز لعب الكبار الذين يتاجرون بقضيّة لا يعرفون منها إلا الصّفقات... و أي صفقات؟

هو يوم يتساوى فيه الفرد بالألف، فما ارخص قيمة الإنسان... صفقة حرّرت ألفا نعم، لكنّهم سيعودون للسّجون بالآلاف...

هي صفقة أسلحة جديدة، حروب جديدة، و دماء أطفال تسكب على ارض لم ترتو بدماء أبنائها فتتركهم كلّ يوم للضياع...
فلتتعالى زغردات الفرح... فما احوجنا لاوهام الفرح

dimanche 7 août 2011

L'attentat




Palestine, une terre volée et violée, un massacre continuel, du sang versé en abondance sans qu’un jour ça puisse s’arrêter…

Quand une personne choisit de se mettre une ceinture explosive, choisit d'offrir sa vie pour que d'autres puissent vivre, c’est toute une histoire, vécue par la personne elle-même et tout son entourage.

La vision de choses diffère selon l’angle de vision, et chacun a ses raisons. entre ceux victimes de l'attentat et celui qui l'a fait ou leurs entourages consécutifs, les choses ne sont jamais les mêmes. Toutes ses sensations, Yasmina Khadra a su les dessiner merveilleusement, d’une façon si exceptionnelle dans son roman « L’attentat ».

J’aurais aimé partager plusieurs extraits, mais je garde ce dernier avec lequel l’auteur a choisi de clore l’histoire d’Amine -et derrière lui tout son monde de médecin à Tel-Aviv - qui a vécu la mort de son épouse Sihem, qui a choisi, seule, sans qu’il s’en doute un jour, de faire un attentat suicide. Elle est vue comme kamikaze par certains et comme martyr par autres, c'est toute une histoire qui permet d'entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré de tout un peule…

Ce n’est qu’une citation qui ouvre les portes à l’espoir, une citation qui incite au rêve dans un lieu où la mort fait partie de la vie…

« Rêve que tu es beau, heureux et immortel. On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise, il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde qu’on t’a confisqué »


lundi 25 juillet 2011

وقيّت باش تقيّد



تنجموا تفرحوا توّة، الصّراف اللّي فوق السبعة ملاين حصلوا و قيدوا... آش مازال؟ تي تفتوفة سبعة ملاين في سبعة ايام يكملوا بقدرة القادر و تولّي نسبة المسجلين كاملة كيف العادة 99.99 بالمائة.... تباركاللّه علينا الّي يسمعنا نحكيو على مستقبل تونس تقول الوطنيّة بعدنا حرمت، اما كي نجيو للرّسمي ما تلقى كان كعبتين صراف... و من بعد نقولو ما فماّش شرعيّة، الثّورة ما كملتش، و دم الشهداء ما زال ينادي...

وقيّت راهو، آني كيفك ما زلت ما نعرفش شكون نختار، آني كيفك ما زلت عندي ازمة ثيقة في الحكومة و اللّجان و في الثورة في حد ذاتها، آني كيفك السّياسة ما تهمنيش برشة، آني كيفك تونس في قلبي و محبّتها حتّى حد ما ينجّم يشكّ فيها... هاكا علاش قيّدت، سجّلت، و نهار 23 اكتوبر باش نكون في الموعد و منّا لغادي’ حتّى كان ما زالت الرّؤية عندي ما توضحتّش، ماصّو فارغ و يبقى هاكا رايي و عبّرت عليه، حقّي و واجبي كيما هو حق و واجب كل تونسي يحب هل البلاد بعيوبها و نقائصها اما راهي تونسنا، و اللّي ما عجبوش، اتو ندبّرلو حرقة احسنلو و احسن لهال البلاد

وقّيت مالا، هز بطاقة تعريفك و طيرلاقرب مكتب تسجيل، و انتي خارج تفكّرني كان حسّيت اللّي حسّيتو آني، تونسيّة وديما راسي عالي و نفتخر ببلادي و نغير عليها و ما نتمنّالها كان الخير

mardi 19 juillet 2011

انا قيّدت و انتي وقتاش؟


بالامس فقط حملت نفسي و سجّلت اسمي للمشاركة في انتخابات المجلس التّاسيسي. الظروف طيّبة للغاية في مكتب التّسجيل الاقرب من مقرّ اقامتي، شابّتان في مقتبل العمر، مبتسمتان مع اسنقبال رائع و خدمة سريعة. لولا فضولي لما تجاوزت عملية التّسجيل الدّقيقتين...

انا مبارح سجّلت و ليوم هزّيت جارتي سجّلت، قالولي الزّوز بنيّات انو الاقبال شويّة و خاصّة النّساء و الشّباب بين 18 و 25 خذيت على روحي عهد الاّ اني ماني مخلّية حتّى حدّ نعرفو الا ما نهزّو يسجّل، ما فهمتش فاش يستنّاو... هذا حقّ و زادا واجب... و الي ما زال، وقيّت يحرّك روحو اصلحلو و انفعلو..

lundi 28 mars 2011

La libyenne violée


Personne ne pourra éviter de voir la vidéo de cette femme qui criait son viol. Toutes les chaines de télé tournaient autour du sujet pour condamner tout un état qui ne fait que massacrer son peuple.

Ce qui m'a poussé à écrire ces quelques mots sur ce sujet, c'est le point de vu de la télé libyenne sur l'affaire. C'est aussi cette présentatrice qui se fait passer pour la plus tolérante, la plus informée et la plus dévouée à un chef d'état que tout le monde affirme sa folie, ses complexes de supériorité et son amour sans limites du pouvoir.

Quand la victime se transforme en accusée...
Quand le fait qu'elle soit dame et non demoiselle atténue l'impact de son viol...
Quand on cherche à la minimiser, elle était ivre et elle ne savait pas ce qu'elle avançait...
Quand on la juge, il n'y a aucun mal qu'une prostitué soit violée...
Quand on dit qu'une femme libre préfère mourir que de dire que de son corps on a abusé...

Ces prises de position, ces jugements de valeur, ces classements de la femme dans les poubelles de la société, ces exploitations des maux des autres pour des fins personnelles, tout ça m'écœurent...

Un pays entre deux feux, un dictateur fou d'un coté, et des forces qui n'ont devant les yeux que la richesse à gagner...
Un dictateur qui se voit grand et qui est prêt à tuer tout le monde pour le prouver et se le prouver et des alliés qui veulent avoir leur part du gâteau du pétrole arabe...
Le couteau se creuse et ça fait si mal sur un avenir qui n'a rien de clair...

dimanche 9 janvier 2011

Terre en feu... Pays en deuil...

Depuis des jours je me suis retenue. Je ne veux plus écrire, je n'ai plus envi, ou plutôt je n'ai plus le pouvoir de le faire...

La colère tant refoulée a dépassé la déprime des jeunes pour sortir dans les rues... Des cris avec des demandes sociales, pour une vie meilleure, des chances égales et des droits d'humains... Le droit à la dignité...

Des manifestations partout, parfois spontanées et parfois programmées et organisées. Des élèves et des étudiants, des avocats et des syndicalistes ou même des gens simples qui ne sentent plus la paix et que la colère ronge depuis un moment...

Ce sont souvent des jeunes, jadis occupés par le foot et les résultats de leurs équipes préférées, occupés par leurs soirées arrosées, leurs conquêtes amoureuses avortées... Tout était fait pour leur faire oublier, le mal qu'ils vivaient, et en patience ils espéraient, qu'un jour la chance allait leur sourire... Un contrat à l'étranger, une connaissance oubliée, et une promesse qui sera sans doute réalisée, pour avoir le droit de s'affirmer et en être humain s'afficher...

Maintenant, chômage et liberté censurée, pauvreté et incapacité de s'affirmer, la crise a pris du temps pour passer... Le feu qui était sous la cendre s'est relevé, et les yeux sont grands ouverts pour pouvoir encore se taire ou les faire taire... Cette étape de silence est dépassée...

Aucune sensation de paix ou de stabilité... Une dignité massacrée... Des enfants, des bras de leurs familles kidnappés et avec sauvagerie égorgés... Des filles en pleine rue violées,et leurs agresseurs ne vont passés que quelques années incarcérés, pour sortir comme s'ils n'ont rien fait... Des propriétés en plein jour pillées, même le déjeuner des enfants les voleurs ont mangé et il n'y a pas espoir de voir les biens retrouvés... Des braquages, à qui, ni piétant ni conducteur ne peuvent s'échapper, ni jour ni nuit on se sens en sécurité... Jusqu'à quand pourrait on la fermer?

Le pays est en feu... Des corps en feu... Des terres en feu... Des biens en feu... La colère s'est transformée en feu et a mis le feu partout... Rien à perdre et aucune espérance de gagner... Le feu est traité par le feu... La violence par la violence veut être étouffée... Les dégâts deviennent grands, à ne plus supporter...

Mon beau pays est en deuil... Le deuil de ses morts... Le deuil de ses espoirs brisés... Le deuil de sa violence qui a tout cassé et qui par une autre violence a été affrontée... Le deuil des canaux de communications qui n'ont jamais existé et qu'avec le feu ils espèrent la rétablir...

Que ce massacre finisse... Qu'on étale nos papiers... Qu'on discute et qu'on trouve la solution... Qu'on ouvre les portes... Les choses ne changent pas d'un jour à l'autre, personne ne possède une baguette magique pour le faire... Que chacun soit responsable de ce qu'il fait, de ce qu'il a fait, de ce qu'il dit et de ce qu'il a à faire...

Que les lèches bottes se taisent... Que ceux, qui dans le confort de leur fauteuil en cuir, passent les commendes, se retirent... Que ceux qui pensent que les cadavres des innocents seront leurs marches vers un pouvoir espéré, arrêtent de rêver...
Que ceux qui ont une solution avancent... que ceux qui veulent se plaindre d'une injustice quelconque se manifestent sans peur... Que celui qui a un mot à dire le dise...

C'est notre problème... C'est notre ménage interne... c'est notre Tunisie, et la solution ne viendra que de notre Tunisie... Ni les Nations Unies, ni la communauté européenne, ni aucun pouvoir extérieur n'a le droit de s'intéresser ou de s'introduire dans nos affaires... On est en colère, mais jamais on a cessé ou on cessera d'aimer notre pays... Alors, on trouvera, et on saura trouver seuls la voie de la paix...

Ce sang, ces victimes, ce feu ce n'est qu'une forme de colère, une colère d'insatisfaction... Cette insatisfaction a ses causes... Qu'on connaissent les causes... Qu'on les dépassent pour trouver la solution qui sortira mon pays de son deuil... Qui sortira tout tunisien de son deuil... Le deuil de tout un pays...

Mettons la main dans la main... Avançons tous ensemble... Criant tous ensemble... Construisons tous ensemble... La Tunisie a besoin de nous tous comme on a besoin d'elle... Dans nos mains il y a l'espoir... Avec nos mains on peut l'avoir...