jeudi 16 juin 2011

TRACY CHAPMAN: THE PROMISE




Si tu m'attends
Alors je viendrai pour toi
Bien que j'eusse voyagé loin
J'ai toujours gardé une place pour toi
Dans mon coeur
Si tu penses à moi
Si je te manque un seul instant
Alors je reviendrai à toi
Je reviendrai et remplirai ce vide dans ton coeur

En me souvenant de ton toucher
De ton baiser
De ta chaude étreinte
Je retrouverai mon chemin
Vers toi
Si tu attends

Si tu rêves de moi
Comme je rêve de toi
Dans un endroit où il fait chaud et sombre
Dans un endroit où je peux sentir
Les battements de ton coeur

Je t'ai attendu avec impatience
Et j'ai désiré
Voir ton visage et ton sourire
Pour être avec toi partout où tu étais

S'il te plaît dis-moi que tu attendras
Ensemble à nouveau
ça serait si bon d'être dans tes bras
Là où tous mes voyages finissent
Si tu fais une promesse
Si c'est une que tu peux tenir
Je jure revenir à toi
Si tu m'attends
Et me dis que tu garderas
Une place pour moi
Dans ton coeur

lundi 13 juin 2011

أقلام و ألوان





طفلة كانت، تحمل حيث تذهب أقلامها، و دفترا لعدّة أوراق بيضاء اختلطت بأخرى لم يعد فيها مجال لجرّة قلم...
أوراق بيضاء كانت تملؤها برسومات... أو بالأحرى هي خربشات تصوّر بها ما يجول بخاطرها...
قبل أن تتعلّم الرّسم بالكلمات، كانت ترسم بالألوان...
قدرها أن يكون القلم رفيقها، صديقها، أنيس وحدة لازمتها منذ الصغر...
بعض الألوان اهترأت لكثرة الاستعمال...
الأصفر لشمس ترسل بشعاعها في شكل خطوط تنطلق من ركن ايمن لتملأ كلّ المجال...
الأزرق لبحر او لسماء، ترسمهما كما ترسم الصّفاء الذي لا تشوبه شائبة...
البحر عشق، و العشق كما البحر هدوء ثم زبد ثم هدوء لا نهاية له، يزاوج الأفق في لقاء بدون لقاء...
السّماء أمل، مناجاة، يداعب فيها القلم الأزرق نقاوة الصّفحة البيضاء، كما تلامس أنامل العاشق، برفق، ابتسامة على ثغر حبيب...
الأخضر حياة، عشب و أشجار، تراقص ريحا خفيت عن الأنظار، تصوّر إنبعاثا، أملا وانتظار إزهار...
الأحمر أقحوانة، غافلت سنابل القمح لتزين صفرتها ، و تشاركها تراتيل صلاتها، و تزين بالياقوت و المرجان بريقا صقله الصيف منبئا بحلول الحصاد...
الأحمر ابتسامة شفاه، لحظة صفاء، نداء للحب الى حد العشق، الى حدّ الذّوبان...
طفلة كانت، تلقي بأقلامها البيضاء، ماذا يفعل البياض لصفحة بيضاء؟
مجرد إكمال للعدد كان يعني لها، او ضرورة لتدرّج الألوان ، فمن الأبيض يكون الإنطلاق، وصولا لحلكة السّواد...

.......

تقدّمت السّنوات و تحوّل بياض صفحاتها الى سواد...
غدر و خيانات...
دموع و خيبات...
تعب و تهيّؤات...
فما أحوجها اليوم إلى أقلامها البيضاء، ترسم بها و لو خطّ أمل رفيع ينير كل السّواد...
لم تحتجها صغيرة فالقتها، و عندما احتاجتها اليوم لم تجدها، إذ ضاعت مع الأيّام و السنوات في سلّة المهملات...
فلم يبق للأوراق بياضها، و لم تبق من الأقلام الاّ السوداء...

.
بحثت في محافظها القديمة، طرقت أبواب الجيران ... سألت كلّ الأطفال...
أهدوها أقلامهم البيضاء... فكل ما حولهم ضياء...
رسمت في سواد الظلمة قمرا... منيرا، مشعّا، متألّقا رغم حلكة اللّيل و رهبة الظلام...
واحتفظت لأطفال يرسمون اليوم شمسا و بحرا و حقل أقحوان... ببعض البياض لأيّام لا تتمنّاها لهم بدون اقمار...
ظل قمرها و راء سحب الشتاء الحالكة...و ظلت تترقبه ككل الحالمات... ففصل الشتاء زائل و الربيع قادم...
سيزهر كما أزهر زهر الأقحوان... أو شقائق النعمان... ستشرق شمسها وتنير كما كانت تشعّ على كلّ الأرجاء

samedi 11 juin 2011

L’allumeuse…


Comme chaque soir, elle franchit les portes de ce bar de luxe très fréquenté comme toutes les fins de semaine. Elle est moulée dans sa robe rouge rubis, qui mettait en valeur toutes les courbes de son corps, dessinant ses fesses rondes, sa poitrine saillante et dévoilant des épaules biens arrondies. Ses hauts talons aiguilles battaient le granite du parterre attirant des regards assoiffés guidés par son parfum fort qui emplissait la salle dépassant l’odeur du tabac. Elle s’installe sur sa chaise haute et commande son premier verre qu’elle boit d’un seul trait cherchant à trouver le courage ou l’audace pour commencer la tâche qui l’attendait.

Une couleur rose apparait sur ses joues déjà trop maquillées. Un sourire dessine ses lèvres pulpeuses tracées par un rouge vif bon marché qui a laissé ses traces sur le cristal de son verre déjà vide. Elle dresse les épaules, lève sa tête en ajustant une mèche de ses cheveux couleur de miel tenus en chignon derrière sa nuque avec un geste lent et provocateur. Elle fait le tour des tables avec son regard expert, évitant les tables où s’installaient des couples, avec eux ça ne dépasse jamais un regard d'admiration ou un sourire discret. Ses proies s’installent souvent seuls au bar et elle sait faire la différence entre ceux qui viennent boire un verre et partir et ceux qui se fuie et fuie leur réalité pour une sensation forte même s’ils sont certains que ce n’était qu’illusoire. Parmi ces derniers, elle cherche ceux que le portefeuille peut supporter toute une nuit avec des boissons couteuses et prêts à partager cette évasion d’une nuit avec une inconnue.

Elle sait qu’elle n’est qu’une fille de nuit, une fille de joie, mais quelle joie ? Cette joie qui l’a quitté depuis des années ? Ou les nuits qui ne se terminent jamais ? Elle ne faisait que fuir la joie dans la discrétion de ses nuits…

Elle a perdu depuis si longtemps sa joie de vivre, perdu son sourire qui se dessinait seul sans besoin de le forcer, perdu son dynamisme qui d’habitude la rendait comme un beau papillon aux reflets du printemps et de la beauté de ses couleurs ensoleillées. Elle a aussi perdu une spontanéité qui la caractérisait, qui laissait son cœur et son corps s’exprimer sans besoin de les freiner. Elle a perdu tout ça dans un moment où elle a découvert qu’elle n’était que cette allumeuse aux yeux de ceux qu’elle croyait tout son univers et toute sa vie, aux yeux qu’elle croyait la comprendre, quelle croyait l’aimer. Un moment de déception lourd, comme toutes ses déceptions...

Quelle douleur de se voir différente aux yeux d’un être cher. Quelle douleur de voir un visage, un reflet, qui n’est pas sien mais qu’on lui a donné malgré elle, le reflet d’une allumeuse qui n’est point différente des filles de la rue. Et le plus dur, c'est que ça vient dans un moment de sincérité...

Et depuis, elle a décidé de l’être, chaque soir, quand tout envi de vie l’emmène à ce bar, exercer son boulot, pour un verre ou deux gratuit, pour une danse, une chanson, un rire qui n’a jamais dépassé les limites de ses lèvres.

Son charme, l’étincellement de ses yeux sous l’effet d’un verre bu à la hâte, ses gestes gracieux, son intelligence, la mettaient toujours en bonne compagnie. Elle passe une partie de la nuit à boire, à bavarder, à charmer, à faire l’idiote pour faire croire à son partenaire qu’il a déniché la plus rare des perles et qu’il est le plus intelligent ou le plus chanceux. Quand c’est prémédité, quand elle ne fait que manipuler, quand c’est des gestes bien étudiés et préparés, c’est toujours réussi. C’est bien le boulot d’une allumeuse…

Mais, ne se fait-elle pas croire qu’elle peut encore plaire ? Qu’elle peut encore charmer et avoir de l’effet ? N’essaye-t-elle pas de fuir d’elle-même et fuir le mal qui se creuse au fond d’elle, qu’elle seule sentait, et savait bien le cacher derrière un masque de gaité?

Une allumeuse elle est, ou elle a décidé de l’être. Personne ne pourra lui échapper ou même lui résister, une experte elle est…

Une allumeuse, c’est son identité, une fonction qu’elle à choisi d’exercer, et dans tout ce qu’elle fait, elle a l’habitude de toujours exceller…

Une allumeuse elle est classée, car aucun sentiment n’émanait de son intérieur, de son cœur et c’est sans aucun plaisir il était fait, c'était juste un jeu…

Une allumeuse elle est considérée, car on sait qu’il faut la payer pour tout ce qu’elle fait, un verre ou même un regard doux et charmé lui suffisait…

Juste une allumeuse elle est, elle ne fait qu’éveiller, des désirs refoulés, et prendre la fuite avant qu’une main ne puisse sur elle se poser…

Une faible elle est, mais elle ne veut jamais l'admettre ou le montrer. L'alcool seul la fait libérer. Une grande tristesse couverte de trop de bonté, en larmes est extériorisée. Une seule espérance, un seul rêve elle avait, sentir un jour qu'elle est vraiment aimée, et vivre enfin en paix...

jeudi 9 juin 2011

Aujourd'hui, on commence le bac...


Depuis ce matin, en faisant mon tour quotidien, j'ai passé devant les deux lycées et centres d'examens de ma ville. La radio dans la voiture ne parlait que de ça, et des envoyés reportaient la situation dans les quatre coins du pays. Conclusion générale: tout va bien, tout est en ordre, tous sont mobilisés pour faire réussir cet examen national qui est aussi un examen pour tout le pays.

Je commence par souhaiter bon courage et bonne chance à tous ceux qui sont en ce moment précis entrains de philosopher. Bon courage à leurs parents, leurs enseignants qui eux aussi passent indirectement les différentes épreuves.


Les jours comme celui ci, me font revenir des années en arrières, et je réalise que ça fait presque un quart de siècle que mon père, et pour trois jours à l'époque, me conduisait au lycée et m'attendait à ma sortie à la fin des épreuves. Depuis, beaucoup de choses ont changé.


Je commence par comparer les 19% comme taux de réussite à l'époque et les 60 et même 70% de ces dernières années, le niveau a surement changé, et je ne pense pas que c'est vers le mieux.


Le bac a perdu beaucoup de son charme. Ces 25%, n'a fait qu'augmenter les taux de réussite mais en contre parti a multiplié les bénéficiaires et surtout ceux qui donnent des cours particuliers et l'acharnement des professeurs pour enseigner les classes terminales. Et je me rappelle encore les consignes des directeurs d'établissements pendant les conseils de classes pour que la plupart des élèves aient leur moyennes, ce qui permettra d'augmenter le nombre des admis.
Tout cela sans tenir compte du niveau des diplômés, et les professeurs universitaires vous diront des merveilles sur le profil des nouveaux bacheliers.

Je me rappelle aussi le jour des résultats, c'était un jour si spécial, où tout le monde attendait 16h pour passer au lycée, le seul lieu où on peut savoir nos résultats à travers ce haut parleur et on voyait ceux qui n'ont pas eu la chance de réussir s'éclipser en silence, les larmes aux yeux, sans aucun mots, les autres poussaient de cris de victoire et échangeaient les félicitations. Cette chaleur humaine donne une sensation difficile à décrire.
A l'époque il n'y avait pas de portables, alors à la maison, la famille, les voisins et les amis sont tous à l'attente du premier qui arrivera avec la bonne nouvelle. Quand on réussi, on ne rentre pas aussitôt, mais on partage notre joie avec nos amis, on encourage ceux qui vont passer dans quelques jours les contrôles, et on réconcilient ceux qui n'ont pas eu de chance.
Et je ne vous raconte pas quelle sensation j'avais en arrivant à mon quartier en klaxonnant et que tous ceux qui étaient à l'intérieur, sans aucune nouvelle, sortaient m’accueillir, certains les larmes aux yeux, d'autres avec des cris de joies en se précipitant pour m'embrasser et me serrer fort, et j'étais comme si j'ai fait le grand exploit ou emporter le plus grand des trophées. Et c'était vraiment un exploit pour une paresseuse comme moi qui a sur un coup de tête fait au bac une réorientation pour passer de la branche math science à la branche littéraire.
Et je n'ai pas seulement réussi, mais aussi avec mention assez bien.

Le jour des résultats ces dernières années n'a rien de spécial, avec un sms on peut avoir même la moyenne et les notes, certains ne passent même pas à leur établissements, ça devient trop froid et sans aucune chaleur ou suis je peut être trop nostalgique?...


Mais n’empêche, que cette chaleur je l'ai senti ce matin, en voyant les parents souriant accompagner leurs jeunes bacheliers, et avec le sourire vigilant, ces parents qui ne se connaissaient pas il y a de là un mois, se chargeaient (avec d'autres) de la bonne marche des examens en formant des barrières de protection devant les différents centres d'examens, c'est comme ces comités qui surveillaient les quartiers pendant des nuits en janvier et même après, et ça fait vraiment chaud au cœur.


Enfin, je n'ai qu'un souhait, revoir le bac tunisien reprendre sa valeur nationale et internationale, et cela ne peut arriver que si une grande réforme bien étudiée touche les programmes et les pédagogies d'enseignement ainsi qu'une prise en charge du corps enseignant ainsi que des élèves pour que le tunisien soit toujours à la hauteur, et ne cherche plus le bonheur loin de la frontière de notre patrie.


Pour l'occasion, je souhaite aussi la réussite pour les plus petits, qui passeront le concours de neuvième année ou de sixième année pour s'inscrire aux lycées et aux collèges pilotes. Et un souhait spécial de réussite et d'excellence pour deux petits garçons si spéciaux pour moi (A et Y) qui passeront ces examens dans quelques jours, ainsi que ceux ou celles que je connais ou je connais leurs parents soucieux de la réussite de leurs petits.

samedi 4 juin 2011

Mendier… La profession de luxe.

Être mendiante comme je suis, n’est pas juste un boulot, un travail ou un métier, c’est une profession. Pour réussir cette tâche, il faut bien être professionnel.

Le professionnalisme apparait à plusieurs niveaux. Il faut avant tout être connaisseur de la psychologie des gens, leur état de morale, leurs attentes, leurs valeurs et convictions, ce qui facilite le ciblage du public auquel on est censé demander ce qu’on leur doit.

En second lieu, il faut connaitre la conjoncture sociopolitique et socioéconomique de l’environnement où on doit exercer. Cette connaissance permet d’orienter le discours qui doit être bien étudié et bien appris avant de le présenter et cela en fonction du lieu où on tend la main.

Enfin, et pour ne citer que les conditions de base de la profession de mendier, il faut se mettre à jour, en suivant les informations qui ne concernent pas seulement l’état des lieux mais aussi la conjoncture mondiale pour bien choisir le personnage qu’on doit jouer pour être plus influent et pour que la rente soit plus conséquente.

Là, je n’ai parlé que de généralité, et surtout des connaissances qu’il faut avoir pour réussir ce métier et être professionnel. Mais il faut avant tout avoir le bon profil. Pour cela je vais parler de mon expérience personnelle qui saura convaincre que mendier est vraiment le plus beau métier et que c’est une profession de luxe.

Je suis une femme qui approche la cinquantaine, et j’ai presque quatre décennies dans le métier. Avant tout, je veux préciser que je viens de terminer ma villa dans mon village natal sur un terrain qui dépasse les milles mètres carrés. C’est ma maison pour la retraite, les trois appartements que j’ai achetés aux fils des années me permettront une bonne rente mensuelle digne d’un président qui a préféré seul dégager.

Je suis née dans une famille très modeste, pour ne pas dire très au dessus du seuil de la pauvreté. Dès mes sept ans, j’étais déposée chez une famille à la capitale pour sortir du trou de rats où on habitait et aider ma grande famille. Au bout de deux ans, j’ai réalisé que je suscite toujours la pitié avec ma jambe que je déplace difficilement et ma figure d’une pauvre innocente imbécile. Alors, j’ai bénéficié de beaucoup de dons qui dépassaient de loin mon salaire de rien de tout. Et c’était un gain facile sans aucun effort comparé aux taches que je devais accomplir pour mériter ces quelques sous qu’on envoie à mes parents sans que je sente même leur odeur. Ces années m’ont permis de savoir qu’il ne faut pas toujours mettre de l’effort pour avoir ce qu’on veut.

A dix ans, j’ai fugué, pour me retrouver à la rue, ma plus grande école. J’ai commencé par vendre les papiers mouchoirs aux stations ou à courir les voitures que certains conducteurs me donnaient de l’argent en lavant leurs vitres aux feux rouges… Mais la fatigue est grande et le gain n’est pas si grand.

Devenant plus mure, j’ai changé les méthodes de travail. Il y a des moments où la pauvreté pèse sur la conscience des gens, et ils se sentent qu’en donnant un peu de ce qu’ils possèdent apaisent leur conscience et les rends plus satisfaits d’eux-mêmes. Ces moments là n’en manque pas, une rentrée scolaire, la période des examens quand les parents n’attendent que la réussite des siens, les catastrophes que provoquent la nature dans les quatre coins du monde et qui donnent au gens une sensation que la mort n’est pas loin d’eux. Il fallait juste choisir les bons mots, qui se dirigent vers le point sensible dans chacun pour qu’il mette vite la main dans la poche et sortir ce qu’il peut de pièces de monnaies et parfois même un billet. Tout ça sans parler des occasions religieuses ou les vendredis où le rendement est très honorable même pour les apprentis mendiants.

Mon mari qui est aussi du domaine, a choisi un autre secteur de fonction. Il a choisi les hôpitaux où il lui manquait toujours de l’argent pour faire un scanner ou un IRM pour un parent gravement atteint, et ceux qui sentent le mal de la maladie sont les plus sensibles aux maux des autres.

La révolution a été aussi bénéfique, bien que beaucoup d’intrus soient entrés dans le domaine, mais ils sont loin d’être professionnels. Montrer un cachet sur un passeport et des points de sutures bien dessinés en disant être rescapé des bombardements de tripoli à la recherche de quoi rejoindre une famille qui n’a aucune nouvelle, rend la rente si énorme qu’on est obligé de la déposer dans nos comptes bancaires…

Le seul inconvénient, c’est le vision qu’a la société de nous, biens que les mêmes personnes qui nous fait vivre et s’enrichir nous considèrent comme des parasites qu’il fallait s’en débarrasser. Et cela s’est aggravé par les méthodes primitives qu’utilisent les nouveaux qui les rends connus dans un même lieu et avec les mêmes paroles et leur manque d’orgueil en se jetant sur les gens et en trop insistant. Car, pour être un mendiant professionnel, il faut savoir être fier, car ce qu’on fait est noble, on ne fait qu’apaiser la conscience de ceux qui susceptibles d’avoir un infarctus ou de devenir fous à cause du stress de la vie.

Par ailleurs, chaque personne dans ce bas monde ne fait que mendier, chacun à sa façon. Mendier la paix, la liberté, l’amour, mendier une nuit sans cauchemars… Et j’espère juste qu’on n’arrive jamais à mendier, un pays qu’on a lutté pour construire et qui se perd dans les obscurités… Le chercher, et ne plus le trouver…

Ou arriver un jour, à mendier une autre patrie, fuyant la notre où il n'y aura plus de liberté, si on baisse les bras, laissant à ceux qui se disent démocrates nous dicter nos vie... Il n'est plus temps de mendier... Il faut savoir garder... Il faut savoir lutter, pour que vers l'avant on puisse aller...

mercredi 18 mai 2011

Enfin…

Quand l’officier de douane lui a rendu son passeport, elle a su que tout va changer. Une chose étrange va se passer. Son cœur commençait à battre à la chamade. Ses yeux étincelaient de milles lumières. Ses lèvres dessinaient un sourire qu’elle essayait de camoufler. Elle se sentait belle comme elle ne l'avait jamais été.

Quelques dizaines de kilomètres les séparaient. C’est la première fois qu’ils seraient si près. C’est la première fois où rien ne pourrait les séparer ou les éloigner.

Presque une heure en voiture et elle est enfin arrivée. Il était midi, et cette journée était plus chaude que les jours habituel d’une fin de printemps. Chez elle, la brise maritime et l’air iodé rendait les rayons du soleil plus modérés. Là, si loin de ses lieux, tout était si différents, si étranges, si magiques…

Elle est entrée dans sa chambre d’hôtel, s’est rafraichie le visage, jeta ses sandales, et marcha sur les pointes de ses pieds nus sur ce marbre si blanc et si frais, ne faisant même pas attention aux gouttes d’eau qui mouillaient sa chemisette noire. Elle ouvra la fenêtre de son quatrième étage, une bouffé d’air chaud chatouilla son visage encore humide et sa chemise qui lui collait.

Elle regarda la ville qui s’étendait devant ses yeux. Elle ne savait pas que sa ville était si étendue, elle était résumée pour longtemps pour elle en une petite maison isolée, c’est seul celui qui l’habitait qui la concernait. Elle admirait le soleil qui faisait briller les immeubles aux fenêtres vitrées, elles étincelaient comme des étoiles filantes dans une nuit d’été. Des voitures roulaient à vive allure, chacun des conducteurs attendait surement un déjeuner chaud bien préparé, retrouver une épouse, une mère, une famille ou une bien aimée. Quelques piétons éparpillés, marchant vers leurs destinations ou attendant ce que le temps leurs réservait.

Elle fixa de loin les alentours, cherchant les petites fermes qui s’étendaient ici et là. Elle ne lui avait jamais demandé la couleur de sa maison, sur quel coté de la ville elle était, elle savait juste qu’une autre l’avoisinait, et que tout à coté des fondations s’élevaient. Elle n’a pas su la localiser, mais elle savait que ce n’était pas loin, elle sentait son parfum, et son cœur ne savait pas lui mentir, elle n’avait qu’à déchiffrer les messages qu’il n’arrêtait de lui envoyer.

Il ne savait pas qu’elle était là. Il ne soupçonnait même pas sa présence tout près, peut être il n’y a que quelques minutes de marche qui les séparaient. Pourra-t-il lui aussi lire les ondes du cœur ? Pourra-t-il déchiffrer les messages sans mots et sans vois qu’elle n’arrêtait de lui envoyer ? Ou le destin pourra-t-il les mettre sur la même route ? Elle ne sera là que pour deux jours, et elle avait la certitude que quelque chose de merveilleux et de magique allait se produire.

Elle a pris sa tablette de chocolat de son sac. Avec la chaleur il avait fondu, mais elle adorait sucer ses doigts pour avaler toutes gouttes de cette pâte onctueuse. Elle adore le chocolat, dans tous ses états, et elle n’avait aucune envie de descendre partager son déjeuner avec les autres dans le restaurant de l’hôtel. Elle adorait être seule, laisser sa tête planer dans des lieux et des cieux qu’elle seule savait créer et savourer la beauté.

Elle n’a pas su pour combien de temps elle avait dormi, mais quand le téléphone de chambre a sonné, elle serrait à elle l’oreiller d’à coté, et un grand sourire rayonnait son visage. Ils l’attendaient à la réception, il était déjà tard et beaucoup de courses les attendait. Elle n’avait même pas essayé de se rappeler à quoi elle rêvait, elle le savait…

La nuit, elle n’a pas pu fermer l’œil. Des heures elle avait passé sur ce fauteuil du balcon, savourant son café, et admirant les étoiles qui la surveillaient. Ce sont ses étoiles à lui, ce sont celles qui veillaient sur ses nuits en son absence. Elle avait passé la nuit à les supplier de ne jamais le lâcher, de bien le garder et de toujours dessiner le bonheur dans ses yeux. D’apaiser ses colères, ses haines et ses déceptions. De le bercer quand le sommeil pourrait un soir le quitter et de le couvrir quand le froid le guettait. De prendre sa main où il désirait aller et de ne jamais le contrarier.

Le matin, elle a décidé d’errer seule dans cette ville qu’elle découvrait. Elle allait le chercher, provoquer le destin qui ne voulait pas se manifester. Devant chaque parking elle le guettait, chaque voiture blanche l’attirait, pour la marque de la sienne, le blanc n’était pas si commun et la recherche ne sera pas difficile. Devant un centre commercial, une voiture blanche était stationnée. Elle se sentait clouée sur place, elle n’a plus aucun pouvoir sur ses pieds qui avançaient malgré elle sur la route, elle voulait embrasser ce petit garçon qui regardait les vitrines. Elle ne voyait que ses beaux cheveux châtains et sa petite taille.

Dans ce moment d’absence, tout le monde autour d’elle s’était arrêter. Elle n’entendait pas les cris des passants qui la mettait en garde, ni voyait cette voiture qui arrivait à grande allure. C’était la voiture blanche que depuis le matin elle guettait. La voiture blanche dont le conducteur changeait le CD qu’il écoutait depuis quelques jours en boucle sans s’enlacer, c’était une musique qu’un soir avec elle il a partagé.

Et dans une fraction de seconde tout est arrivé… Elle était étendue sur terre, cette tache de sang s’élargissait couvrant l’asphalte de la route de sa ville. Elle savait qu’elle allait le voir. Elle savait que leurs yeux vont se croiser. Elle savait que le destin ne la lâcherait jamais.

Mais, elle ne savait pas qu’il ne la reconnaitrait pas. Ne reconnaitrait pas ses cheveux étalés qu’il adorait toucher. Qu’il ne reconnaitrait pas ses mains, ses doigts qui ont dessiné ses mots d’amour sur son dos. Ne reconnaitrait pas son parfum, son dernier souffle qui criait muet son nom…

Et elle ferma les yeux, remerciant le destin qui a enfin exhaussé son dernier vœu. Avoir son visage comme dernière images pour ses yeux…

mardi 17 mai 2011

Pardon


Moi qui n’a pas l’habitude de le demander… Moi, trop orgueilleuse pour l’annoncer… Moi, avec tous mes regrets, qui ne le dis jamais… Aujourd’hui, j’ai hâte à le crier…

Pardon

Pardon, si un jour j’ai gaffé, si un jour par maladresse j’ai blessé…

Pardon, pour toute ma spontanéité. Pour l’enfant que j’ai toujours été…

Pardon, si j’ai un jour offensé, tout être qui me croyait, trop intelligente pour
pouvoir tout comprendre et cerner…

Pardon, car j’ai dépassé ce qui m’a été autorisé…

Pardon, si dès le début j’ai cassé, les barrières du respect. Si j’ai tutoyé, en dépassant le vous que je devais utiliser…

Pardon, si j’ai dessiné, un jour un sourire ou un front de colère plissé…

Pardon, pour tous mes secrets que j’ai dévoilé. Pour mes pages que j’ai étalées…

Pardon, si je n’ai pas pu embellir, mon image juste pour faire plaisir…

Pardon, si un jour je me suis dénudée. Exposant un être déformé, sans avoir la présence d’esprit de le masquer…

Pardon, si en délirant j’ai crié, mes folies dans une nuit étoilée, criant tous les sentiments que je portais…

Pardon, si j’ai partagé, des moments de joies et de désirs, et des moments de peines et de désespoirs…

Pardon, pour mes mots mal placés. Pour mes maux partagés. Pour mes rêves que je n’ai pas su cacher…

Pardon, pour mes humeurs, pour ma tête qui n’a pas su réfléchir, pour ma langue qui n’a pas appris à calculer…

Pardon, si je n’ai pas pu masquer, mes défauts que je connaissais. Si j’étais moi-même sans savoir le cacher…

Pardon, si on a volé mes mots, pour doubler mes maux, pour briser des murs déjà en ruines entassées...

Pardon, si je me suis immiscée, dans une vie qui n’est pas mienne. Dans une vie que je ne devais pas partager…

Pardon, si j’ai aimé. Si je n’ai pas pu apaiser le sentiment qui m’a emporté, un sentiment qui ne devait pas exister…

Pardon, si j’étais, trop égoïste, trop possessive, trop envahissante, trop présente, au moment où je devais juste m’effacer…

Pardon, si un jour j’ai existé, si un jour j’ai rêvé, si un jour j’ai pleuré, si un jour j’ai…..

Alors pardon pour ce que j’ai fait et pour tout ce que je n’ai jamais fait…

Mais mon âme pourrait elle, un jour, me pardonner tout le mal que je lui ai infligé…???

Elle ne le pardonnera jamais, je le sais. Je lui ai fait supporter l'insupportable...

Je lui apprendrais à oublier, à s'apaiser, et à dire cet adieu à jamais...

dimanche 15 mai 2011

Une voix sur l'autoroute...

Pour arriver à un but précis, chacun choisi sa voie, choisi sa route. Ces routes diffèrent, n'ont pas le même sens ou la même signification...

Certains préfèrent prendre une piste... lente... pleine de virages...de bosses... des détours...

Sur une piste, la démarche est large... l'entourage est vaste... les paysages appréciés... les voix écoutées... à tout moment on peut s'arrêter... faire une pause... réfléchir... rien n'est définitifs... reprendre la piste ou tout recommencer...

La piste est de nos pas créés... chaque marche peut la dessiner... et une autre l'effacer... il n'y a jamais de point d'arrivé... rien n'est d'avance fixé... les buts au fur et à mesure précisés... tous les sens servent à guider... une couleur, une odeur, un son peut tout changer... et tout, à un moment peut chavirer...

D'autres, préfèrent prendre une route... dure... bien dessinée...noire et asphaltée...

Sur une route, le trajet est souvent découpé... des voies secondaires la sillonnait... des rend points qui servent à détourner... une ligne d'arrivée qu'on veut éviter...

Une route sert à avancer... avec une vitesse modérée... des voix du passé on peut écouter... méditer sur ce qu'on fait... regretter... et donner la chance pour tout recommencer... parfois, le point de départ peut ne jamais exister... la route donne une chance de le retrouver... Ce rêve dont on veux s'échapper...

La route est d'avance dessinée... mais à tout moment on peut la quitter... changer ou détourner... sans stagner ou arrêter d'avancer...

Enfin arrive la voie modernisée... une autoroute est un parcours de tout trait dessiné... large, vaste et les limites clairement tracées...

Une autoroute est un choix prémédité... on paye d'avance la traversée... à un engagement moral et matériel elle nous condamnait...



Une voie rapide... sure... et bien tracée... une ligne de départ et d'arrivée d'avance signalée... aucun détour ne peut être réalisé... c'est toujours en avant qu'il faut avancer... impossible de s'arrêter...

Sur une autoroute, tout ne fait que défiler... les visages, les paysages, sans pouvoir les identifier... le passé est derrière laissé... une voix lointaine qu'on ne peut déchiffrer... c'est à cette voix qu'on veut s'échapper... les yeux en avant... les portières verrouillées... une main sur la portière, indécise... en derrière, interdiction de regarder... il faut juste avancer...

mercredi 11 mai 2011

Femme…

Beaucoup ont écrit ou on décrit la place qu’occupe la femme dans la vie en général et surtout dans la vie d’un homme.


Beaucoup d’hommes n’arrêtent pas de nier sa place, sa valeur, son importance pour eux. Parfois parce qu’ils veulent l’oublier ou l’effacer de leur rêve, de leur vécu, de leur cœur, et souvent pour garder cette image de noblesse qui les met dans un rang supérieur.

Lier leur bonheur à la femme, à l’amour que peut leur donner une femme amoureuse, devient une forme de vulnérabilité qu’ils n’ont jamais voulu admettre.

Ces paroles que j’ai lu dans le magnifique roman de Yasmina Khadra « Ce que le jour doit à la nuit » m’ont touchées. Des paroles adressées d’un oncle à son jeune neveu « Jonas » qui ne veut pas admettre que le bonheur est entre ses mains, qu’il faut juste ne pas l’égarer.



Yasmina Khadra, par ses paroles, met la femme dans le sommet, une place d’honneur hors normes. Cette place vue par les yeux d’un homme, qui considère la femme , comme toujours, comme l’objet de son bonheur à lui, une autre forme camouflée de l’égocentrisme masculin…

Et je n’ai pas pu garder pour moi seule la beauté de ces mots que je partage avec ceux qui s’aventurent encore dans mon petit jardin de blog que je veux verdoyant même si les rosiers ont perdu leurs feuilles en plein printemps…

« … quand j’étais petit, j’allais souvent sur le grand Rocher contempler le coucher de soleil. C’était fascinant. Je croyais que c’était là le vrai visage de la Beauté. Puis, j’ai vu la neige couvrir de blanc et de paix les plaines et les forêts, et les palais aux milieux de jardins fabuleux, et bien d’autres splendeurs inimaginables, et je me suis demandé ce qu’il en serait du paradis…

Eh bien, le paradis ne serait qu’une nature morte sans ses houris…

… Le coucher de soleil, le printemps,le bleu de la mer, les étoiles de la nuit, toutes ces choses que nous disons captivantes n’ont de magie que si elle gravitent autour d’une femme… Car la beauté, la vraie, l’unique, la beauté phare, la beauté absolue, c’est la femme. Le reste, tout le reste n’est qu’accessoire de charme. …Si une femme t’aimait… Si une femme t’aimait profondément, et si tu avais la présence d’esprit de mesurer l’étendue de ce privilège, aucune divinité ne t’arriverait à la cheville.

… Cours la rejoindre… Un jour, sans doute, on pourrait rattraper une comète, mais qui vient à laisser filer la vrai chance de sa vie, toutes les gloires de la terre ne sauraient l’en consoler… »

samedi 30 avril 2011

Malaise...


Ce n'est pas toujours physique. Ce n'est pas toujours logique...
Mon malaise est profond, c'est dans le cœur que je le sens...
D'apparence calme et sereine, mais au fond tout me malmène...

Mon malaise est si fort, que je ne peux lui donner tord...
Mon malaise me mène loin, dans un monde sans besoins...
Mon malaise est dans mes yeux, une larme aux lueurs des cieux...

Une envie de tout casser, et pourquoi pas tout fracasser...
Je veux juste m'isoler, disparaitre, et de moi même me cacher...
J'ai peur de blesser, d'être désagréable puis plus tard le regretter...

La terre ne peut me contenir, et les cieux refusent de s'ouvrir...
Mes pieds refusent de se poser, et ma tête ne veut se reposer...
Ma vie est comme une balançoire, je m'y attache recherchant un espoir...

Perdue je me sens...
La tristesse me prend...
Une colère sans raisons...
Une humeur de cochon...

Ne m'approchez pas, restez si loin, garder votre distance de sécurité, je risque à tout moment d'exploser...

jeudi 31 mars 2011

la femme en noir...


Elle avait surgi, habillée toute en noir comme un fantôme. Son châle nuit couvrait ses cheveux d'un blond sombre qui descendaient sur ses épaules. Sa robe, longue, ample, cachait son corps meurtri par des années de souffrance. Sa peau blanche, ses yeux grands ouverts, contrastaient avec cet environnement sinistre d'un cimetière...

Depuis quelques jours, et toujours à la même heure, elle surgissait de nulle part. Marchant d'un pas lent, mais sûr, vers cette tombe que personne ne visitait, sauf elle. Une tombe fraiche, pas encore peinte, qui s'allongeait à trois cent pieds de la porte du cimetière.
Une tombe sans nom, comme si c'est elle seule qui connaissait le secret qu'elle enterrait.

Sous les pieds de la dame en noir,
s'étalaient des pétales blanches, d'une blancheur de vie dans un lieu où tout était noir, où tout était mort. Son regard était vide, un regard de revenant, un revenant d'un monde inconnu, un revenant d'un monde inconnu, un monde au-delà de la vie et qui l’avait uni avec l’occupant de la tombe.

Il n'y avait dans ses yeux ni larmes,ni tristesse. Elle ne ressemblait point aux autres visiteurs, rares par ces jours ensoleillés où l'hiver cède sa place malgré lui à un printemps qui ne fleurit pas en elle.

Elle se recroquevillait près de la tombe qu'elle venait chaque jour visiter. Ses mains posées sur la pierre froide d'un ciment qui n'a pas voulu sécher. Et elle commençait son rituel sacré. Elle soupirait, elle parlait, elle souriait à un esprit qu'elle seule voyait. Elle levait les yeux vers les cieux guettant une étoile filante qui exhaussait les vœux.

Aucune larme ne descendait de ses yeux ou ne sciait ses joues, le temps des pleurs était dépassé. Pourquoi pleurer face à la mort? quand tout est terminé, quand les larmes ne pourrait plus faire revenir ce qui était parti à jamais.

Elle avait jadis trop pleuré, quand la vie les réunissait. Il n'y a que la vie qui pouvait faire pleurer.
Elle avait pleurer quand elle sentait son mal qu'elle ne pouvait guérir... Elle avait pleuré quand il éloignait sa main qu'elle voulait caresser... Elle avait pleuré quand il lui tournait le visage sans prendre la peine pour la regarder sans même l'écouter... Dans la vie à deux, ces gestes la faisaient pleurer. Maintenant, qu'il est parti, il n'y avait plus rien à pleurer.

Dans cette tombe aucun cadavre n'était allongé. C'était juste un lieu de culte, le culte d'une secte dont elle était la seule partisane. Elle voulait matérialiser un sentiment si grand qui l'avait délaissé. Elle avait besoin d'un temple où elle pouvait faire revenir un esprit à qui elle s'unissait. Elle faisait comme ses ancêtres qui avaient sculpter leur dieux dans les pierres pour pouvoir s'y approcher et les toucher.

Dans son temple elle revivait tous ses souvenirs. Des souvenirs qui n'avaient pu garder que la beauté des moments passés, des moments où tout les unissait et tout les éloignait.

Aux pieds de son temple, elle revoyait leurs longues soirées, ainsi que les matinées passées à deux.
Elle revoyait leurs esprits se réunir, se fusionner et leur sang se mélanger.
Elle revoyait leurs rêves qu'ils avaient tissés avec détails et qu'ils ont eux même crées.
Elle revivait ce coup de téléphone aux alentours de minuit , et son sourire s'élargissait et ses yeux scintillaient.
Elle sentait sa tête sur son pied étendue, quand il lui avouait ce qui le tracassait.
Leurs discussions défilaient sans voir le temps passer.
Et elle ferma les yeux, déposa sa tête sur son épaule, le seul lieu où elle puisse sentir la paix, et arrêter toutes les horloges qui tournaient...

Enfin, elle se leva, couverte de son parfum, emplie par la grandeur de son sentiment. Elle rendra surement visite à son temple de souvenirs pas plus tard que le lendemain. Elle le sentira encore une fois, et chaque jour, couler dans ses veines jusqu'à ce qu'elle le rejoigne, dans quelques années peut être, un jour d'automne quand toutes les feuilles seront emportées par les vents. Elle courra vers ses bras, il la serrera fort, et sous les gouttes de pluies, elle reconstruira de nouveau son temple, le temple des souvenirs qui donneront la vie aux disparus...

Et elle repart, les yeux pleins d'espoir, le cœur emplit de souvenirs, l'esprit retrouvant son calme et sa sérénité. Les tombes sont fait pour ça, pour revivre ce qu'on a perdu avec ceux qu'on a perdu sans besoin de raisonner...

lundi 28 mars 2011

La libyenne violée


Personne ne pourra éviter de voir la vidéo de cette femme qui criait son viol. Toutes les chaines de télé tournaient autour du sujet pour condamner tout un état qui ne fait que massacrer son peuple.

Ce qui m'a poussé à écrire ces quelques mots sur ce sujet, c'est le point de vu de la télé libyenne sur l'affaire. C'est aussi cette présentatrice qui se fait passer pour la plus tolérante, la plus informée et la plus dévouée à un chef d'état que tout le monde affirme sa folie, ses complexes de supériorité et son amour sans limites du pouvoir.

Quand la victime se transforme en accusée...
Quand le fait qu'elle soit dame et non demoiselle atténue l'impact de son viol...
Quand on cherche à la minimiser, elle était ivre et elle ne savait pas ce qu'elle avançait...
Quand on la juge, il n'y a aucun mal qu'une prostitué soit violée...
Quand on dit qu'une femme libre préfère mourir que de dire que de son corps on a abusé...

Ces prises de position, ces jugements de valeur, ces classements de la femme dans les poubelles de la société, ces exploitations des maux des autres pour des fins personnelles, tout ça m'écœurent...

Un pays entre deux feux, un dictateur fou d'un coté, et des forces qui n'ont devant les yeux que la richesse à gagner...
Un dictateur qui se voit grand et qui est prêt à tuer tout le monde pour le prouver et se le prouver et des alliés qui veulent avoir leur part du gâteau du pétrole arabe...
Le couteau se creuse et ça fait si mal sur un avenir qui n'a rien de clair...

mercredi 23 mars 2011

Harcèlement dans le milieu scolaire...


Je suis une jeune adolescente de quinze ans, élève dans un collège en neuvième année. J'ai fait mes études primaire dans mon petit village natal très loin de cette grande ville vers où on a immigré à la recherche d'une vie meilleure.

J'ai dû dès mes premiers jours m'imposer de force pour pouvoir détourner les regards moqueurs de mes camarades de classe ainsi que leurs paroles abaissantes pour la campagnarde qui ne s'habillait pas comme eux et ne parlait pas comme eux. Cette attitude agressive m'a causé des problèmes relationnels qui s'aggravaient de jour en jour sans que je puisse les dépasser.

Je ne suis pas vraiment belle, mais ma puberté précoce m'a donné des formes que celles de mon age n'avaient pas encore. Ma grande taille, mes yeux noirs sombres et mes joues toujours roses -un héritage de l'air de montagne où j'ai passé mes années d'enfance- donnent l'impression que je dépasse mes quinze ans de plusieurs années.

Au collège, et partout où je suis j'attire les regards admirateurs qui sont attirés par mon coté jovial et dynamique. Mais je suis une campagnarde, et personne ne peut dépasser avec moi les limites que je sais tracer avec la force de la parole ou du bras et parfois je passe même aux coups de pieds. Je ne suis pas la fille facile de cette génération, comme les fifilles avec qui je partage les bancs de l'école.

Le rapport d'une adolescente avec ses transformations de corps, et surtout si elles sont précoces, est souvent si complexe. Une fierté sentie avec les regards admirateurs et en même temps un refus qui peut paraitre dans une agressivité excessive. C'est un corps de femme dans une tête qui n'a pas dépassé l'age de l'enfance, ajouté à cela tout l'héritage social et culturel sur l'image de la femme d'elle même transmis souvent dans les milieux ruraux par les proches adultes où le familial et le social ne font qu'un.

Ce que je vis depuis presque un mois et difficile à surmonter, surtout que je n'ai pas pu en parler.

Un camarade de classe, qui me courait après depuis quelques temps, a osé mettre sa main sur mon épaule pendant un cours. Je n'ai pas trop réfléchit, je l'ai tout de suite giflé et je me suis mise en face de lui le frappant de coups de pieds et de mains. Mon professeur, d'habitude gentil avec moi, et qui m'aime beaucoup, m'a expulsé de la classe et a rédigé un rapport de ce qui s'est passé dans son cours.

Depuis, j'ai commencé à répondre à une série de questionnaires dans le bureau de monsieur le directeur. Dès le premier jour, j'ai vu que je lui plaisais. Il tardait à me regarder, m'admirer comme s'il me déshabillait. Je me sentais fière de la place d'honneur que j'ai pu avoir à ses yeux. Il m'a même dit qu'il est fier de mon comportement et que c'était la preuve que je suis une fille correcte et qu'il souhaitais avoir une fille avec ma force de caractère. Il m'embrasse souvent sur la joue en me tenant par la tête, et il a même une fois essuyer mes larmes avec son propre mouchoir. Il était si gentil et si adorable et il pouvait comprendre mes intentions et mes réactions.

Un autre caractère d'adolescence qui peut parfois durer à des ages beaucoup plus avancés, c'est s'identifier à travers le regards des autres, surtout ceux d'un age adulte. Voir dans l'admiration de cet autre une valorisation du soi. Cette recherche de valeur, devient parfois plus grave, et même maladive, quand l'adolescent ne fait que l'imaginer et construire tout un enchainement qui ne tient point à la réalité. C'est aussi un besoin de soutien ou de protection hors du cadre familial qui se cherche dans l'entourage adulte, et les enseignants jouent souvent ce rôle aux yeux de certains de leurs élèves.

Avec le temps, monsieur le directeur me fait penser que lui seul pouvait fermer ce dossier pour que je puisse continuer mes études sans problèmes sans oublier de souligner, qu'à mon passage au conseil de discipline, je serais surement renvoyé du collège et qu'il doit informer mes parents.
Je l'ai supplié, je lui ai même proposé que je suis prête à tout faire pour que je sois pardonné et que je ne serais plus de cette agressivité.

Là est venu sa proposition...

Il a demandé que je vienne le rejoindre dans son bureau à la fin des cours à 18heures. Une fin d' après midi de janvier, sombre et pluvieuse, je ne pourrais jamais oublier ce jour.

Je pleurais. J'avais peur du conseil qui s'approchait. Monsieur le directeur a commencé à m'apaiser, à me dire qu'il ne laissera jamais tomber une fille merveilleuse comme moi. Il s'est approché, m'a tenu dans ses bras, et il a commencé à m'embrasser, mais pas d'une façon parentale comme avant. Ses mains parcouraient mon corps et je ne pouvais pas les éloigner. je suis sous sa merci, je n'avais aucun choix. Et je me trouvais dans cette chambre annexe à son bureau, et il a eu ce qu'il voulais, de moi, la fille de quinze ans et monsieur le directeur de mon collège où j'étudiais.

Je n'ai pu parler à personne, d'ailleurs il m'a menacé, il tenais ma réputation et mon avenir entre ses mains, et ça sera ma parole, la fille à problèmes, contre la sienne, monsieur le respectueux directeur, connu et d'une grande famille et qui bénéficie d'un poste de responsabilité à la municipalité de la ville.Mes parents même vont me tenir responsable, me punir et pourquoi pas me tuer, moi la cause de leur déshonneur.

Le dossier est classé; mais j'ai eu une punition que je n'ai jamais imaginé un jour pour avoir refusé qu'un camarade mette la main sur mon épaule. Deux semaines sont passées maintenant, Je me sens comme un cadavre en classe, vidée de toute force que j'avais. J'évite tout contact et j'essaye de ne pas croiser monsieur le directeur. Il demandera de me revoir surement une autre fois et je n'aurais jamais la force de refuser.

Tout ce que je souhaite, c'est que ces quelques mois qui restent de l'année scolaire passent vites, que je sorte de ce collège pour aller au lycée et tourner définitivement cette page qui ne s'effacera jamais, jamais, jamais...

Combien de cas semblable à celui de cette jeune fille, ou plutôt de cet enfant on peut dénombrer?
Est ce que le mur de silence puisse être un jour brisé?
Qui aura la force de crier fort ce crime, appeler justice?
Une société comme la notre va-t-elle lui donner ses droits ou simplement l'inculper à sa façon?
Garder le silence... est ce le bon choix... ou elle n'avait aucun autre choix????????

lundi 21 mars 2011

Le plateau au lit


Depuis deux jours, j'étais affreusement malade. De la fièvre, le nez qui coulait, une migraine, une bronchite, du vertige... Bref, je ne pouvais plus me maintenir debout. Alors, j'avais pas le choix, je devais me clouer au lit.

Une situation qui n'était pas mienne, moi qui se chargeais de tout d'habitude. N'empêche, cet état m'avait permis de confirmer que j'étais aussi gâtée. Que j'ai beaucoup d'importance et de valeur et qu'en cas de besoin, je peux compter sur ceux qui m'aimaient et que je n'arrêtais pas de chouchouter.

Au matin, je me réveillais sur l'odeur d'une rose fraichement cueillie, son parfum avait pu percer mes narines enflammées. C'était surement l'effet de cette fumée, que dégageait cette tasse de tisane bouillante sucrée au miel frais, servie dans un plateau pour la princesse qui dormait.

Comme c'était magnifique de faire la gâtée, qu'on suppliait pour boire sa tisane avant qu'elle ne refroidisse.
Comme c'était exceptionnel, de faire la paresseuse, qu'on encourage avec chaque gorgé pour continuer.
Comme c'était confortant, de serrer la couette autour du corps fiévreux, en donnant l'ordre de ne pas se lever.

Midi arrivé, une autre saveur me faisait réveiller. Une soupe chaude comme j'aimais, et un verre de jus d'orange fraichement pressé. Un autre oreiller placé sous mon dos, je n'avais à fournir aucun effort. Les cuillères pleines de soupe chaude et bien piquante m'arrivaient aux lèvres et je n'avais qu'à les avaler, avec une paresse que ne connaissaient que les fainéantes.

Si je le savais, je prendrais rendez vous avec un rhume au moins une fois par mois, deux jours comme ça, gâtée et cajolée, à chaque fois, je ne dirais jamais assez.


Oh !!! comme c'est confortant parfois d'avoir de la fièvre, halluciner et se croire dans un comte de fées. Dormir en ayant le sourire avec des senteurs et des saveurs imaginées. Se croire princesse et en plus gâtée.

Et vous me demandez pourquoi j'avais choisi le surnom d'illusions?

C'étaient mes illusions qui me permettaient de trouver la force pour continuer. Qui me permettaient de rêver comme si c'était vrai.
C'est ce plateau au lit qui m'avait donné le sourire et la sensation que j'allais enfin beaucoup mieux.
Alors, avec mes illusions, j'aurais toujours la vie que j'espérais, même si on me croit folle quand je dessinais dans le rêve mon monde que moi seule savait savourer.

jeudi 3 mars 2011

Doutes...


Le doute commence par une interrogation, qui s'oblige à se poser, devant des faits qui se répètent et qu'on ne peut nier...

Le doute peut aussi être un pressentiment, quand le cœur et l'esprit réunissent des faits qui ne peuvent pas coller...

Le doute est une impression, que la réalité est différente, de ce qu'on nous dit ou de ce qu'on veut nous faire croire...

Le doute est pénible, un harcèlement continu, une crainte, des soupçons, qui ne réussissent jamais, à mener vers la certitude...

Le doute touche la confiance, qu'on essaye de construire, d'installer, pour la voir jour après jour s'effondrer...

Le doute est une peur, de pouvoir dire un jour, qu'il n'y a plus aucun doute, et d'admettre que ce n'est que la réalité...

Le doute est une naissance, d'une confusion, d'un flou, on ne sait plus agir, on n'est plus capable de clairvoyance ou de bienveillance...

Le doute tue tout sentiment de paix, avec le doute on a envi de tout casser, même les statuts de marbres qu'on a avec attention sculpter...

lundi 21 février 2011

La pluie sur le vitre...


Des gouttes d'eaux viennent défier ce calme... Des gouttes d'eaux viennent briser mon silence...

Depuis des jours et des semaines, j'avais perdu mes mots pour garder mes maux, pour pouvoir les gérer et les apprécier...
Depuis des jours et des semaines, les mots m'échappaient, me filaient sans pouvoir les trouver, sans pouvoir les sortir, sans pouvoir les extérioriser...

Est ce le vide, quand tout autour de moi ne faisait que mouver?
Est ce la peine, qui anéantissait mon être et me privait de toutes mes capacités?
Est ce le chagrin, de voir mes montagnes de neige fondre et les sommets s'effondrer?

Comment pourrais je retrouver mes mots? Comment pourrais extérioriser mes maux? Comment pourrais je les crier quand ils refusent de m'aider? Comment dessiner en mots mes nuits et mes journées? Comment savoir avancer, quand toutes les routes étaient coupées?

Dans ma chambre chauffée... Le reflet des branches dénudées par l'hiver dansait sur les murs blancs dénudés... Ma dernière bougie, destinée à un rêve d'évasion, diffusait le reste de son parfum de rose... Une flamme qui agonisait, essayant de survivre ou de résister, faisant son dernier effort pour éclairer...

Des gouttes de pluie commençaient à frapper sur le vitre... Une symphonie de la nature qui accompagnait mon ivresse... L'ivresse d'un voyage dans le temps, parfois dans le passé et souvent dans un futur lointain... Un futur, d'une certaine saison rêvé, accompagné d'une pluie par un ciel ensoleillé, un futur qui n'arriverait jamais...

Des gouttes qui défilaient... Des gouttes qui se suivaient... Comme des larmes qui dans le noir s'écoulaient...
Des gouttes qui se brisaient... Formant des petits ruissellements, qui, en filatures descendaient, pour se perdre à jamais...

Ma respiration emplissait, le vitre de l'autre coté... Formant avec sa chaleur et son humidité, un cercle mal dessiné... Par mes doigts qui tremblaient, j'essayais d'effacer, l'espace qui nous séparait... Pour unir mes larmes, aux gouttes de pluie qui ne faisaient que passer... Et les voir disparaitre à jamais...

Peut être que j'avais mal fait, mais jamais je n'avais voulu blesser... Peut être que je ne savais plus raisonner, mais je n'ai jamais su détester... Peut être je ne faisais qu'encaisser, mais personne n'aurait pu apaiser, ce que moi seule je pourrais pleurer... Peut être que je voulais tuer, l'enfant en moi qui refusait de me quitter... Peut être que j'essayais de grandir, et donner l'allure d'une femme plus raisonnée...

La pluie sur le vitre avait pu éveiller, ma passion qui depuis un temps m'avait quitté... Je ne fais que dessiner, avec mes mots ce que je veux crier... Un petit nuage avait su me faire comprendre, qu'il fallait s'alléger, pour pouvoir avancer... Qu'il ne suffisait pas de prier, ou lire quelques versets... Qu'il fallait savoir effacer, la brume qui défendait d'observer, le soleil qui n'arrêtera de briller... Que les rêves ne disparaitront jamais, car nous seuls nous savons les dessiner...

dimanche 9 janvier 2011

Terre en feu... Pays en deuil...

Depuis des jours je me suis retenue. Je ne veux plus écrire, je n'ai plus envi, ou plutôt je n'ai plus le pouvoir de le faire...

La colère tant refoulée a dépassé la déprime des jeunes pour sortir dans les rues... Des cris avec des demandes sociales, pour une vie meilleure, des chances égales et des droits d'humains... Le droit à la dignité...

Des manifestations partout, parfois spontanées et parfois programmées et organisées. Des élèves et des étudiants, des avocats et des syndicalistes ou même des gens simples qui ne sentent plus la paix et que la colère ronge depuis un moment...

Ce sont souvent des jeunes, jadis occupés par le foot et les résultats de leurs équipes préférées, occupés par leurs soirées arrosées, leurs conquêtes amoureuses avortées... Tout était fait pour leur faire oublier, le mal qu'ils vivaient, et en patience ils espéraient, qu'un jour la chance allait leur sourire... Un contrat à l'étranger, une connaissance oubliée, et une promesse qui sera sans doute réalisée, pour avoir le droit de s'affirmer et en être humain s'afficher...

Maintenant, chômage et liberté censurée, pauvreté et incapacité de s'affirmer, la crise a pris du temps pour passer... Le feu qui était sous la cendre s'est relevé, et les yeux sont grands ouverts pour pouvoir encore se taire ou les faire taire... Cette étape de silence est dépassée...

Aucune sensation de paix ou de stabilité... Une dignité massacrée... Des enfants, des bras de leurs familles kidnappés et avec sauvagerie égorgés... Des filles en pleine rue violées,et leurs agresseurs ne vont passés que quelques années incarcérés, pour sortir comme s'ils n'ont rien fait... Des propriétés en plein jour pillées, même le déjeuner des enfants les voleurs ont mangé et il n'y a pas espoir de voir les biens retrouvés... Des braquages, à qui, ni piétant ni conducteur ne peuvent s'échapper, ni jour ni nuit on se sens en sécurité... Jusqu'à quand pourrait on la fermer?

Le pays est en feu... Des corps en feu... Des terres en feu... Des biens en feu... La colère s'est transformée en feu et a mis le feu partout... Rien à perdre et aucune espérance de gagner... Le feu est traité par le feu... La violence par la violence veut être étouffée... Les dégâts deviennent grands, à ne plus supporter...

Mon beau pays est en deuil... Le deuil de ses morts... Le deuil de ses espoirs brisés... Le deuil de sa violence qui a tout cassé et qui par une autre violence a été affrontée... Le deuil des canaux de communications qui n'ont jamais existé et qu'avec le feu ils espèrent la rétablir...

Que ce massacre finisse... Qu'on étale nos papiers... Qu'on discute et qu'on trouve la solution... Qu'on ouvre les portes... Les choses ne changent pas d'un jour à l'autre, personne ne possède une baguette magique pour le faire... Que chacun soit responsable de ce qu'il fait, de ce qu'il a fait, de ce qu'il dit et de ce qu'il a à faire...

Que les lèches bottes se taisent... Que ceux, qui dans le confort de leur fauteuil en cuir, passent les commendes, se retirent... Que ceux qui pensent que les cadavres des innocents seront leurs marches vers un pouvoir espéré, arrêtent de rêver...
Que ceux qui ont une solution avancent... que ceux qui veulent se plaindre d'une injustice quelconque se manifestent sans peur... Que celui qui a un mot à dire le dise...

C'est notre problème... C'est notre ménage interne... c'est notre Tunisie, et la solution ne viendra que de notre Tunisie... Ni les Nations Unies, ni la communauté européenne, ni aucun pouvoir extérieur n'a le droit de s'intéresser ou de s'introduire dans nos affaires... On est en colère, mais jamais on a cessé ou on cessera d'aimer notre pays... Alors, on trouvera, et on saura trouver seuls la voie de la paix...

Ce sang, ces victimes, ce feu ce n'est qu'une forme de colère, une colère d'insatisfaction... Cette insatisfaction a ses causes... Qu'on connaissent les causes... Qu'on les dépassent pour trouver la solution qui sortira mon pays de son deuil... Qui sortira tout tunisien de son deuil... Le deuil de tout un pays...

Mettons la main dans la main... Avançons tous ensemble... Criant tous ensemble... Construisons tous ensemble... La Tunisie a besoin de nous tous comme on a besoin d'elle... Dans nos mains il y a l'espoir... Avec nos mains on peut l'avoir...

mercredi 29 décembre 2010

Je n'ai pas trop changé...

Entre illusions il y a un an, et illusions d'aujourd'hui, il y a surement beaucoup de changements.

Plus qu'une année est passée, pleins d'évènements, certains beaux et d'autres beaucoup moins.

Juste un an, et j'ai encore plus de cheveux blancs que je vois me défier à chaque fois que je me regarde dans un miroir et j'essaye de les cacher, en refusant peut être que les années me marquent par leur passage et me privent de ce coté enfantin en moi. J'appartiens à cette catégorie de femmes qui n'acceptent pas facilement de se voir vieillir.

à vrai dire je n'ai jamais arrêté de philosopher sans jamais prétendre que je suis philosophe. Loin de moi ce qualificatif, j'étais plutôt nulle en philo, et mon 8 au bac en est la preuve. Mais plutôt j'adore la psychologie et la sociologie, ce sont deux sciences qui m'attirent en études et même en recherches.

Alors, je qualifie ce que j'écris parfois comme des délires, des pensées vagues sur un fait, un mot, une situation qui me rencontre et qui peut parfois ne pas attirer l'attention de tout le monde. Des choses qui sont souvent si banales m'inspirent et je me trouve à les développer à ma façon.

Mon humeur très instable influe mes pensées et mes mots.

Cette humeur que je suis seule à sentir, car j'affiche souvent un sourire figé qui n'est pas toujours significatif, et ce n'est pas toujours un signe de bonne humeur. Ma seule faiblesse apparente, et que je n'ai jamais su maitriser, ce sont mes larmes, que j'ai jamais pu retenir et qui surgissent n'importe quand et n'importe où, ce qui m'a causé beaucoup de problèmes.

Par ailleurs, quand je relis mes anciennes notes, je trouve que souvent je me focalise sur un moment précis de la vie de tout humain, pour faire une suite d'idée qui est mienne et qui n'a rien de réel. Parler de point final, de baiser d'adieu, de rire, de chute ou même d'un saut de sauterelle est pour moi lié à un moment précis, comme un déclic qui a déclenché une suite de pensées et de mots.

Pour tout ce que je viens de dire et surement pour beaucoup d'autres raisons, je dis bien que quand je philosophe je ne fais que délire sans avoir vraiment aucun rapport avec la philosophie.

Illusions, la romanesque, cet adjectif a deux volets. Le premier est lié aux romans, à l'imaginaire. Sur ce coté, je peux avouer que j'ai souvent écrit, depuis mon très jeune age, des histoires parfois vrais avec des retouches d'imagination, et parfois totalement imaginaires. Mais le seul vrai roman que j'ai écrit et qui a failli être publié, datait de mes 17 ans mais je n'ai jamais eu le courage de le faire malgré que mon professeur d'arabe de l'époque a insisté pour s'en charger, et il a gardé la seule copie que j'avais, écrite par mes lettres minuscules sur un cahier en spirales à couverture verte. Et cette mémoire des détails me rend dingue parfois.

Sur mon blog, j'ai pas mal de fois raconté des histoires. Celle de si Lahbib en particulier, où j'étais inspirée par les confidences d'un ami. Ou ,comme toujours, par mon coté observateur de tout ce qui m'entoure ou sur moi même, et je ne sais pas si j'ai la qualité d'une narratrice pour arriver au qualificatif d'une romanesque.

Le deuxième volet, c'est le coté poétique, rêveur, romantique, sensible, sentimental,... j'admets que j'ai tous ces défauts.

Je suis pas poète mais j'adore la poésie, et surtout celle qui touche le fond de l'âme. Même en chansons, la parole a une place première dans tout ce que j'écoute.

Rêveuse, romantique... Je le suis, mais ça fait un bout de temps que je n'y pense plus. Étant trop sensible et si sentimentale, se heurter à la déception, la trahison, le mensonge, c'est comme un choc, une chute d'un nuage si haut, qui se transforme en pierres glacées qui cassent tous les rêves et mettent en doute l'existence d'une soit disant romance.

Depuis quelques temps, je ne suis plus cette romanesque que j'étais, j'ai les pieds sur terre et aucune envie de m'envoler. J'apprends à apprécier et à comprendre cette lumière qui s'est présentée à mon cœur et à mes yeux, j'espère juste ne pas l'égarer ou la perdre, et d'avancer encore et encore d'un pas rassuré.

Je découvre une autre paix que je n'ai jamais connu et que je n'ai jamais cru suivre un jour. C'est une passerelle entre deux mondes, le premier, en illusions je l'ai dessiné, est à laisser et dépasser, le second est vaste et tout en lumière...

Mais, au fond de moi, dans un coin que je ne pourrais jamais oublier, il y a un conte de fées, de romance, de rêve, qui est de belles couleurs constitué, je ne sais plus s'il va un jour pouvoir immerger...


mardi 21 décembre 2010

La chute…


Chuter, c’est tomber de très haut… Se casser la tête et la figure…

Chuter, c’est un moment court … Qui note l’effondrement de toute une période d’effort…

Chuter, c’est reprendre à zéro… Recommencer à zéro… Avec toutes les séquelles d’une chute…

Si on essaye de faire un regard en arrière, faire reculer le temps, on aura des images qui se succèdent avec un rythme si différent...

Dans un moment donné, où la chute comme une action est terminée, un regard en arrière est exigé…

On perçoit un corps rouler… Des gémissements criés, parfois à voix haute et souvent muets… Chaque partie du corps se cognait, à des obstacles jadis dépassés… Les plais du corps saignaient et celles de l’âme se lamentaient…


Avant la chute, on avait les yeux vers le haut dirigés, le sourire aux lèvres… à chaque difficultés dépassées, on a plus de force, plus de courage, plus de motivation pour aller à l’avant et entamer une nouvelle étape… Mais on risque d’oublier de regarder où on mettait les pieds…

Chuter, c’est le moment où tout se termine… Tous les efforts pour arriver au sommet s’anéantissent… C’est comme un rêve qui s’évapore… Comme un toit qui s’effondre sur ses habitants qui le croyaient leur sécurité, et sous ses pierres s’abritaient…

Alors, on regarde tout autour et on ne voit que dégât… Des morceaux éparpillés difficile à les réunir ou à les coller… Une sensation d’impuissance, de vide, de mal, de souffrance, de doute…Une envie de baisser les bras… De tout lâcher…

Mais, seul, on essuie les larmes, on guérit les blessures, on cherche l’oublie, on reprend confiance, on tend hésitant la main qui s’étend à nous, et à pas lents on reprend la route… On recommence la montée… Dans des moments, on aimerait bien s’arrêter… On a peur d’avancer… De reprendre une route qui vient juste de nous laisser tomber…

Mais est ce l’espoir ? Ou juste une débilité ? De croire que cette fois le destin ne va pas nous lâcher… Que cette main qui nous a dans un moment dans le vide basculé, mérite d’être pardonnée… Que si elle n’était pas sincère, elle ne se retendra jamais…

Les anciens disent dans leurs proverbes "La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute."

On peut bien se relever d’une chute, mais une rechute est souvent fatale. Si elle ne cause pas la mort, elle laisse une âme meurtrie et à jamais. Rassembler les morceaux cassés et les recoller n’est pas si facile, que dire pour une double cassure ? D’une rechute ? C’est surement une peine perdue…

Chuter, c’est juste un verbe de la langue française. Un verbe qui a ses synonymes et une définition si simple, c’est banalement tomber.

Mais entre tomber et chuter il y a une grande différence. Dans le premier ,ce n’est qu'une perte d’équilibre qui peut ne pas être si grave. Derrière le deuxième persiste tout un historique et toute une histoire.

Dans le fait de chuter, il y a la notion de hauteur, une action de montée qui précède la chute, et c’est là que réside la grande différence. On peut ajouter, que dans la chute il y a une nuance de négatif, de grave, de douloureux…

Une rechute, c’est toujours plus dure à supporter. Ce ne sont plus des yeux qui pleurent la tombée dans le vide et tout ce qu'elle a engendré. Les yeux deviennent asséchés, les larmes ne peuvent plus essuyer les plais, la chute les a toutes consommés. Et à la rechute, elles n’avaient jamais pensé… Les larmes ne pouvaient pas s’attendre ou imaginer, que vers les font elles vont être à nouveau poussées, basculées, jetées… Et elles n’ont plus ni la force, ni le courage, ni l’envie d’atténuer les maux et aider à se relever…

Dans une rechute, il n’est plus question de gloire, et c’est pour ça que la différence est grande entre le fait de tomber, de chuter et surtout de rechuter…

samedi 18 décembre 2010

Une heure de vie…


Que peut représenter une heure de vie dans un parcours d’une personne ? Ce n’est que 60 minutes, 3600 secondes, un rien du tout...

Une heure de vie peut ne rien représenter, tout le long d’une vie. Un moment qu’on passe à dormir les yeux fermés… à regarder un film sans connaitre ses personnalités… à lire quelques pages dans un livre avec un titre effacé… à rêver fixant un point que seule l’imagination a dessiné… à méditer, cherchant une lumière dans un monde ténébreux… à prier, demandant aux cieux de tout changer et parfois de tout garder… à travailler, essayant de prouver qu’on a bien existé… à parler pour ne rien annoncer… à se balader pieds nus sur une plage désertée… Ou, tout simplement, à ne rien faire…

Une heure, peut représenter aussi une éternité… à attendre sans voir le temps passer… à espérer un coup de destin qui n’arrivera jamais… à chercher une illusion qu’on a seul dessiné… à courir vers une destination sans savoir la ligne d’arrivée… Ce n’est qu’un espoir qui permet de continuer…

Une heure, c’est un laps de temps qu’on espère parfois retrouver, sans le trouver… à dire je t’aime à une personne chère qui disparaissait… à effacer une larme qui sillonne la joue d’un enfant qu’on a vu un jour passer… à classer un souvenir écrit sur un papier qu’on a dans un moment de colère jeté…à demander pardon pour un tord qu’on a volontairement ou involontairement fait… à refaire un examen qui, pour un moment d’hésitation on a raté… Et cette heure devient si chère, mais le temps ne revient jamais…

Une heure, c’est le moment qu’on attendait… à mille mots et mille gestes on veut le consacrer… Un moment d’une rencontre tant attendue et espérée… Une heure de vie avec le poids de toute une vie… Le bonheur de toute une vie… Le rayonnement de toute une vie… Une heure pour effacer les doutes… pour apaiser les maux… pour remettre du gout sur un café amer brulé, au souvenir d’un temps passé…

Une heure, c'est dur à oublier, l'effet qu'elle nous a fait... Un mal incrusté, que tous les sens ne cessent de se rappeler... Des traces de pneus sur l'asphalte griffées, marquant un sentiment qui ne devait pas exister... Une larme amère qui a coulée, sur une joue qui devait être cajolée... Une heure longue qui ne veut pas passer... Pour pouvoir redémarrer... C'est un accident qui n'aurait pas du arriver... Mais qui marque à jamais...

Des milliers d’heures dans une vie peuvent passer… Mais une seule heure aura un gout différent et particulier… Une heure où les regards vont se recroiser… Les mains dans l’obscurité se relier… Et un vrai sourire se redessiner…Pour dire juste que tous les malentendus sont oubliés sans besoin de parler…

Une heure de vie n’est rien si en minutes on veut la compter… Mais une heure peut parfois tout changer… Ou peut être tout basculer… Ces heures, il ne faut jamais les laisser filer… C’est toute une vie qu’elles vont dessiner… avec des couleurs qui veulent tout signifier… entre la clarté du blanc et la noirceur que seuls les démons savent apprécier… Entre la douceur du rose et le rouge du sang… Entre le calme d’un thé mentholé et l’acidité d’un citron…

Je ne parle pas du temps dans l’abstrait, mais d’une heure en particulier… L’heure qui a une valeur inestimable… L'heure qu'on veut ne pas voir se terminer... L'heure qu'on espère faire durer pour l'éternité...