mercredi 31 août 2011

Le droit au deuil…

Quand elle faisait partie de ce monde, elle était trop jalouse. Elle guettait ses gestes et ses mots, ses sourires et même ses mauvaises humeurs. Elle le voulait sien et ne pouvait jamais concevoir qu’une autre puisse le partager avec elle. Qu’une autre puisse le connaitre, l’écouter, le consoler, le faire rire ou même le toucher avec un geste ou un simple mot. Elle était possessive, étouffante parfois, mais il savait toujours comment la rassurer, quand il prends sa main ou quand il la serre fort à lui en lui chuchotant son amour unique pour elle, qu’elle seule habitait son cœur et qu’aucune ne pouvait un jour la chasser de ses veines où elle coulait. Dans ses bras, elle sentait la paix, et toute sa jalousie s’envole comme par enchantement…

Aujourd’hui, elle n’est plus là, elle est partie pour son dernier voyage, le voyage d’où personne n’est revenu. Elle était souffrante, d’une maladie incurable. Elle donnait des signes clairs de son départ, de sa mort, jusqu’à ce que ce jour arrive, sans même une longue agonie, et elle part, sans cris, sans larmes, et même sans trop de souffrance. La mort quand elle est attendue, quand elle est inévitable, elle est plus facile à supporter, elle est comme une délivrance, un repos définitif…

Après une mort, il y a toujours un deuil. Une période de recueil de tout ce qui est lié à la disparue, de tout ce qui est beau. Le souvenir de son rire et de son sourire, le souvenir de ses bavardages quand elle ne savait pas la fermer, le souvenir de ses confidences qu’elle lui dévoilait, le souvenir de ses larmes quand elle est peinée et qu’il était le seul à savoir la consoler, le souvenir de ses mots quand elle est jalouse et ne fait que bouder, le souvenir de son souffle et de ses gémissements quand par ses caresses elle était emportée, le souvenir de sa tendresse et de son dévouement, le souvenirs de son sixième sens qui le comprends sans besoin de parler...

Pendant la période de deuil, le jour, ce sont ses pas, ses mots et ses gestes répétés qui lui manquaient le plus, et la nuit, c’est sa place vide et froide à ses cotés quand il s’allongeait, c’est seulement quand elle posait sa tête sur son épaule qu’il pouvait fermer les yeux et dormir le plus satisfait, et c’est seulement la nuit qu’il peut laisser libre court à ses larmes pour couler, perdre celle qu’il a fortement aimé n’est pas facile à supporter…

Pour elle, le deuil dure quarante jours, un chiffre sacré lié à tout ce qui est sacré. Pendant ces jours, l’homme qui a vraiment aimé, ne devait avoir autre pensées que pour celle qui l’a quitté. Quarante jours c’était un minimum pour pouvoir reprendre une vie normale dans les pensées, et penser à autre chose qu’à ce qui les a un jour liés. Et tant le lien est fort, tant le lien est vrai et sincère, la période de deuil est plus longue, parfois elle dure même des années…

On a toujours cru qu’un mort ne sent plus rien, que le vivant doit vite surpasser sa peine et reprendre vite sa vie en ne pensant qu’à lui. Mais même un mort, de son monde invisible laisse pour un moment son âme errer, voir comment le monde puisse sans lui marcher. Et personne ne peut imaginer, quelle douleur il pouvait sentir quand on ne l’a même pas honoré par une période de deuil…

Elle le voyait dès les premiers jours, tourner la page comme si elle n’avait jamais existé, qu’il n’a pas tardé à serrer une autre à son torse où elle habitait, et, de son esprit, il l’a définitivement chassée… Qu’il… Qu’il… Qu’il… Elle ne pouvait même pas en parler, ça fait plus mal que la mort elle-même… Elle avait besoin d’un deuil, elle avait droit à une période de deuil, c’est le moindre acte de respect pour une morte qu’on a prétendu aimer…

Devant une telle situation, des paroles que ma grand-mère disait me reviennent à l’esprit, et ce qu’elle dit est toujours vrai, « la mort de la femme pour un homme n’est qu’un coup au coude », très douloureux quand on le reçoit, mais la douleur disparait si vite comme si elle n’a jamais existé. Elle disait aussi, qu’un homme, en route pour enterrer la femme qu’il a le plus aimé, ne fait que la pleurer, sur le chemin de retour, il pense par qui il puisse la remplacer. Ces paroles ancestrales ne savent pas mentir, elles sont toujours fondées sur la dure réalité…

Le deuil d’un homme pour la femme de son cœur ne dépasse pas le trajet vers la tombe, et comme tout est beaucoup plus rapide depuis un siècle, la période de deuil ne dépassera pas le temps que dure la douleur causée par un coup au coude. Mais le deuil est un droit qui a l’effet d’apaiser le mort lui-même, alors chacun doit en bénéficier, c’est la moindre des choses…

PS : Ce qui est écrit sur cette note ne peut point être généralisé, mais ça fait partie de la réalité…

jeudi 25 août 2011

La dernière danse…


Ils étaient un couple de danseurs. Un homme et une femme que la musique emporte, les notes approchent, pour une danse qui les unit tous les deux, n’importe le lieu. Leurs mains se lient, leurs corps se rencontrent, une fois sous l’ombre d’un arbre fleurit au printemps, une autre, les pieds nus, sur les grains de sable d’une plage en mouvement, souvent, sous les gouttes d’une pluie d’été marchant sur un pont…

Ils étaient les meilleurs danseurs, tout le monde les voyait synchroniser leurs pas avec chaque note musicale. Leurs mains et leurs pieds valsaient entre la terre ferme et les nuages comme s’ils vaguaient, se baladaient ou même errer sans but précis. Ils étaient les seuls à ne pas savoir que seule l’harmonie, l’amour de la danse et de la musique les liaient et les faisaient danser à deux…

Lui, il l’accusait souvent de ne pas savoir suivre ses pas, ne pas savoir suivre son rythme qui bascule entre le lent et l’accéléré. Lui, il se considère le meilleur, le connaisseur de tous les gestes et de tous les pas, et qu’elle ne faisait que le bousculer, trébucher et lui ôter le plaisir de danser. Pour lui, elle est nulle et ne savait ni quand, ni comment s’exprimer et étaler le message qu’elle voulait passer. Au milieu de la scène il l’expulsait, l’éloignant de lui, la poussant, et il continue seul à valser…

De loin elle l’observait, trouver une autre partenaire pour sa danse qu’il ne pouvait pas freiner. Elle voyait ses mains, ses yeux, ses pieds, elle connaissait tous ses mots, tous ses gestes, son rire, sa colère et surtout quand il veut charmer. Il offrait des fleurs en insistant sur le langage de ses couleurs, il choisissait la musique, et c’est la même musique sur laquelle ils avaient un jour de sérénité dansé…

De son coin où il l’a poussé, elle guettait tous ses actes, ceux qui sont déclarés et ceux qu’il essayait de cacher ou même camoufler. Elle savait que certains mots criés à haute voix sont destinés à elle, un message qu’elle seule pouvait déchiffrer. Que son meilleur plaisir était de jeter celle qui partageait sa danse puis la récupérer comme si tout autour de lui n’était qu’un jeu…

Dans son coin, elle se massait les pieds, les pieds qui sont la richesse de tout danseur, son capital sur lequel il devait veiller. Elle, elle est une grande danseuse, ou elle l’était avant d’être mortellement piétinée, c’est son cœur qui guidait ses pas et elle était capable de danser les yeux fermés. Même après avoir été poussée, blessée, elle n’avait jamais arrêté d’aimer la danse qu’elle avait avec plaisir commencer…

Elle regardait ses blessures et les bleus sur sa cheville et ses pieds. Dans chacune des danses que jadis ils entamaient, elle était mille fois piétinée, des coups de pieds elle recevait. Elle ne voulait pas lui crier ses maladresses, lui montrer sa douleur intense. Elle a beaucoup encaissé sans qu’un jour il puisse deviner, que quand elle trébuche ou quand elle risque de tomber, c’est à cause de ses coups qu’elle recevait. Qu’elle avait toujours continué la danse sans lui infliger la responsabilité. Qu’elle est restée muette sans aller crier, pour ne pas l’offenser, car avec lui elle voulait à vie danser...

Dans son coin, elle soignait les coups qu’elle avait reçus. Elle pansait celles qui saignaient encore et massait celles qui commencent à cicatriser. Ses fleurs, sa musique et même les draps en satin blanc qu’il offrait, à d’autres partenaires avec qui il tanguait, tous ces actes l’aidait à se rétablir, à se mettre de nouveau debout. Ses blessures avaient besoin de temps, et elle leur donnerait tout ce qu’il fallait. Ses blessures allaient surement guérir, elle allait se lever, avancer et de nouveau danser…

Même si elle est fatiguée, même si elle n’a plus envi de continuer, même si elle ne peut plus regarder le monde avec les même yeux, même si elle continuera sa vie à boiter, elle va surement dépasser tout ce qu’elle a enduré, et c’est en solo qu’elle va à nouveau danser, regarder les cieux avec des yeux de l’enfant qu’elle était et dessiner une fleur dans un désert…

lundi 22 août 2011

Comme Une Evidence...les mots sont la voix de l'émotion...



En fait, ça fait un moment que se croisent dans ma tête
Des mots et des douceurs qui pourraient faire un texte
Un truc un peu différent, je crois que ça parlerait d'elle
Faut avouer que dans mon quotidien, elle a mis un beau bordel

Mais j'ai un gros souci, j'ai peur que mes potes se marrent
Qu'ils me disent que je m'affiche, qu'ils me traitent de canard
C'est cette pudeur misogyne, croire que la fierté part en fumée
Quand t'ouvres un peu ton cœur, mais moi cette fois je veux assumer

J'ai un autre problème, il est peut-être encore plus lourd
C'est que t'as pas droit à l'erreur quand t'écris un texte d'amour
Moi, les trois prochains couplets, je voudraient que ça soit des bombes
Si j'écris un texte sur elle, je voudrais que ça soit le plus beau du monde

Elle mérite pas un texte moyen, j'ai la pression, ça craint
Fini de faire l'intéressant, avec mes voyages en train
Là c'est loin d'être évident, moi je sais pas comment on fait
Pour décrire ses sentiments, quand on vit avec une fée

Il faut avouer qu'elle a des yeux, ils sont même pas homologués
Des fois ils sont verts, des fois jaunes, je crois même que la nuit ils sont violets
Quand je m'enfonce dans son regard, je perds le la je n'touche plus le sol
Je me perds profondément, et j'oublie exprès ma boussole

Depuis que je la connais, je ressens des trucs hallucinants
Je me dis souvent que j'ai eu de la chance de lui avoir plu, sinon
J'aurais jamais su qu'un rire pouvait arrêter la Terre de tourner
J'aurais jamais su qu'un regard pouvait habiller mes journées

Je comprends pas tout ce qui se passe, y a pleins de trucs incohérents
Depuis qu'elle est là rien n'a changé, mais tout est différent
Elle m'apporte trop de désordre, et tellement de stabilité
Ce que je préfère c'est sa force, mais le mieux c'est sa fragilité

Ce n'est pas un texte de plus, ce n'est pas juste un poème
Parfois elle aime mes mots, mais cette fois c'est elle que mes mots aiment
Je l'ai dans la tête comme une mélodie, alors mes envies dansent
Dans notre histoire rien n'est écrit, mais tout sonne comme une évidence

J'ai redécouvert comme ça réchauffe d'avoir des sentiments
Mais si tu me dis que c'est beaucoup mieux de vivre sans, tu mens
Alors je les mets en mots et tant pis si mes potes me chambrent
Moi je m'en fous, chez moi y a une sirène qui dort dans ma chambre

J'avais une vie de chat sauvage, elle l'a réduite en cendres
J'ai découvert un bonheur tout simple, c'est juste qu'on aime être ensemble
On ne calcule pas les démons du passé, on n'a pas peur d'eux
Moi si un jour j'suis un couple, je voudrais être nous deux

Y a des sourires et des soupires, y a des fou rires à en mourir
On peut s'ouvrir et s'en rougir, déjà se nourrir de nos souvenirs
Les pièges de l'avenir nous attendent, mais on n'a pas peur d'eux
Moi si un jour j'suis un couple, je voudrais être nous deux

Et si c'est vrai que les mots sont la voix de l'émotion
Les miens prennent la parole pour nous montrer sa direction
J'ai quitté le quai pour un train spécial, un TGV palace
On roule à 1000km/h, au dessus de la mer, en première classe


dimanche 14 août 2011

Colère, haine, dégout...



Certains actes auxquels on ne s’attendait pas poussent à la colère… Une sensation amère qu’on ne peut pas maitriser, qu’on ne peut pas atténuer… Une envie de hurler, de casser, de faire mal pour apaiser ce flux émotionnel qui dépasse toute sagesse, une rage qui risque de rendre malade… Ceux qui ont d’habitude le sang dit anglais, calmes et qui ne font que positiver, quand la colère les prend, c’est extrême et aucune réaction ne peut être atténuée…

Certaines colères non extériorisées, se retournent envers la personne elle-même… Se prendre pour responsable des actes qui ont causés ce débordement de colère… C’est le résultat du fait de donner confiance aux gens qui ne l’ont jamais mérité… Croire leurs mensonges répétés… Les mettre hors tout soupçon et les idéaliser… Se chercher tous les défauts du monde pour les innocenter… Et cette colère se transforme en haine…


La haine, un sentiment plus fort que celui de détester… La haine, c’est l’amour intense mais de l’autre coté de la courbe des sentiments… C’est une déviation à cent quatre vingt degrés… Haïr, c’est se sentir irriter d’une présence, vouloir la voir disparaitre à jamais, la supprimer et lui ôter même le droit de vivre… Haïr, c’est assassiner et effacer de toute l’existence…

Haïr n’est pas un acte qu’on perçoit, ou un mot qu’on prononce, ou une réaction instantanée liée à la colère, c’est non percevable, intouchable, mais d’une force inimaginable, d’une intensité incalculable… C’est une sensation forte, un sentiment incrusté qui nie tout autre sentiment qui a pu un jour exister…


Une haine qui ne peut être extériorisée se transforme en dégout… Un gout amer et un arrière gout dégoutant… Un dégout qui s’empare de tout l’être et donne envi de vomir… Vomir une personne de son intérieur, effacer toute trace de son existence ou même de son passage par une vie… Vomir sa bassesse, vomir ses mensonges, vomir son hypocrisie… Vomir sa capacité de jouer la comédie, vomir sa recherche non recherchée de ce qu’elle valait…

Quand tous les masques s’estompent et ne reste que la vérité, le trio indissociable apparait, une colère qui engendre une haine et qui ne laisse qu’une sensation de dégout… Une seule solution apparait, claquer la porte sur la colère, laissant derrière, tout ce qui a été vomi et garder cette haine et ce dégout envers tout ce qui a été laissé derrière la porte fermée à jamais, envers la personne qui l’a engendré, et ne plus avoir la tentation de voir ce qui reste derrière…

Sortir vers un air pur, aux senteurs de vraies fleurs, lever la tête et avancer jusqu’à ce que cette personne soit effacée définitivement grâce à l’ampleur de la haine et la colère qu’elle a causées et savoir savourer la vie sans dégout ni même un arrière gout…

mercredi 10 août 2011

Le grain de sable…


C’était juste un petit grain, blanc, transparent, pur, malgré sa petite taille il se sentait dur, difficile de le fracasser…

Il était né sur une dune dans un désert isolé, un soir d’été, pour commencer un voyage sans quitter ses lieux…

Il avait passé son temps à jouer, comme un enfant, avec d’autres grains, à former des dunes et à faire du cache-cache avec le vent…

Il regardait le monde lointain, des oasis qui s’étendaient aux alentours, isolés, comme des points verts qui défiaient l’horizon…

Il s’était habitué à l’aridité qui le dorait au fil des années, sans jamais s’aventurer, pour quitter la mère désert qui le berçait…

Un jour, son narcissisme l’avait emporté, poussé par sa témérité, il avait décidé de s’aventurer, vers des lieux d’où personne ne revenait…

Du haut de sa dune il avait guetté, l'air qui de temps en temps passait, pour s'envoler avec d'autres grains que l'aventure appelait...

Emporté par le vent, il avait voyagé, quittant l’étendue des lieux où il avait jadis dansé, sans un jour se lamenter…

Il avait rêvé, que c’est ailleurs qu’il trouverait le bonheur, sur les joues roses des filles et les routes asphaltées…

Et il avait erré, voyagé, entouré les immeubles qui s’élevaient vers des nuages blancs qu’il avait touché…

Mais il avait fini piétiné, sous une semelle souillée, avec le parfum d’une haine vomie des passants dégoutés…

Et il s’était trouvé coincé, entre un rêve illusoire qu’il a imaginé, et un monde qu’il avait quitté sans pouvoir y retourner…

Avec amertume et avec beaucoup de regret, ce petit grain de sable faisait défiler, ses souvenirs, pour savourer son présent ténébreux…

Il n’avait qu’un seul souhait, retourner vers son désert, terne, mais qui était beaucoup plus paisible et bien animé, c’est maintenant qu’il le sait…

Il fallait juste ne pas le quitter, les rêves ne font qu’emporter, très haut, sans toucher la réalité, et le jour où le rêve deviendrait tout près, tout s’évapore comme de la fumée…

dimanche 7 août 2011

L'attentat




Palestine, une terre volée et violée, un massacre continuel, du sang versé en abondance sans qu’un jour ça puisse s’arrêter…

Quand une personne choisit de se mettre une ceinture explosive, choisit d'offrir sa vie pour que d'autres puissent vivre, c’est toute une histoire, vécue par la personne elle-même et tout son entourage.

La vision de choses diffère selon l’angle de vision, et chacun a ses raisons. entre ceux victimes de l'attentat et celui qui l'a fait ou leurs entourages consécutifs, les choses ne sont jamais les mêmes. Toutes ses sensations, Yasmina Khadra a su les dessiner merveilleusement, d’une façon si exceptionnelle dans son roman « L’attentat ».

J’aurais aimé partager plusieurs extraits, mais je garde ce dernier avec lequel l’auteur a choisi de clore l’histoire d’Amine -et derrière lui tout son monde de médecin à Tel-Aviv - qui a vécu la mort de son épouse Sihem, qui a choisi, seule, sans qu’il s’en doute un jour, de faire un attentat suicide. Elle est vue comme kamikaze par certains et comme martyr par autres, c'est toute une histoire qui permet d'entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré de tout un peule…

Ce n’est qu’une citation qui ouvre les portes à l’espoir, une citation qui incite au rêve dans un lieu où la mort fait partie de la vie…

« Rêve que tu es beau, heureux et immortel. On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise, il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde qu’on t’a confisqué »


dimanche 31 juillet 2011

Quand l'amour meurt...



Un jour, ou c’était peut être un soir, il lui a promis qu’il le lui dira, quelle sera la première à le savoir, qu’il ne lui cachera pas une chose d’une telle importance.

Il lui a promis qu’il l’informera si un jour il la cherchera et ne la trouvera plus couler dans ses veines…

Qu’il lui dira quand il perdra les traits de son visage, de son sourire et de son regard où il aimait lire tous les messages…

Qu’il lui parlera de son doigt quand il arrêtera de dessiner son nom dans l’air ou sur chaque surface qui se présente à lui en pensant à elle…

Qu’il lui confiera la lourdeur du vide qu’elle aura laissé en lui quand elle partira ou quand elle n’emplira plus son être qu’elle avait seule possédé...

Qu’il lui annoncera quand il sera hanté par tous les souvenirs qu’il a essayé d’effacer, d’oublier et quand c’est les beaux qui disparaissent pour laisser place à ceux qui le blessaient…

Qu’il lui dira tout simplement que son amour pour elle, avec toute sa grandeur, toute son ampleur, toute son intensité aura dévasté son intérieur, aura quitté son cœur et ses pensées… Quand son amour pour elle n’existera plus…

Quand il a tenu ses mains, quand il a regardé ses yeux, il était lui-même surpris de sa froideur, de son indifférence, il ne retrouve plus son trouble et tous ses frissons qu’elle était la seule à éveiller en lui… Il était surpris de ne plus la reconnaitre, de la sentir lointaine, de ne retrouver en lui aucun beau moment, aucun beau souvenir qui l’avaient hanté pour des années et l’avaient tenu à elle malgré tout ce qui s’était passé…

D’autres souvenirs le hantent maintenant, pas ceux qui les approchaient comme à chaque fois qu’ils se chamaillaient et se retrouvaient plus amoureux qu’ils ne l’étaient. Ce sont d’autres souvenirs qui le hantaient maintenant, des souvenir qui ne font que les pousser chacun vers le coté opposé…

Ils disent que l’amour est aveugle, non, il ne l’a jamais été, l’amour est un bon voyant et un bon voyeur, mais il a le pouvoir de déformer toutes les réalités. Il a le pouvoir de voir les défauts comme qualités, de transformer l’obscurité en lumière, de voir dans la guerre une paix, le pouvoir de transformer les coups en gestes protecteurs déclenchés par la jalousie d’amour …

Quand l’amour n’est plus là, la réalité est mise à nue, le démon n’a plus le visage d’un ange ou d’une fée, le cœur qu’on voyait grand et plein de bonté dévoile ses cotés durs et rancuniers et toute la haine qu’il peut emporter apparait. L’amour qu’on pensait intense et vrai, dévoile son égoïsme et son égocentrisme exagérés… Quand l’amour n’est plus là, c’est juste à ce moment qu’on voit la vérité qu’on a essayé pour longtemps de ne pas admettre.

Avec elle, maintenant, il voit les choses différemment, le voile qu’elle a su étaler devant ses yeux, la toile d’araignée qu’elle a tissée pour le mettre à ses pieds n’existent plus et il voit plus clair.

Dès le début, on l’a mis en garde, ne l’approche pas, elle va te faire souffrir, elle te fera un mal que tu ne pourras pas supporter, mais il a fait la sourde oreille et a cru en sa sincérité. Une femme, sensible, blessée par une trahison qu’elle n’a pas pu pardonner ne fera pas le même mal à l’être aimé. Une femme qui l’engueule pour chaque mot ou chaque geste mal placé ne peut être que correcte et elle n’a rien à se reprocher, pour lui c’est elle seule qui détient la vérité et tout le monde veut juste l’éloigner.

Il l’a même présenté à ses amis, il les voyait se parler et des longues nuits passées à discuter, un pincement de jalousie l’emportait mais jamais il n’a douté, elle est pour lui très haut placée, et aucune bassesse elle ne pourra lui infliger, mais elle l’a fait, elle l’a poignardé avec le même couteau qu’elle prétendait être blessée, et même pire, c’est avec son ami que lui-même lui a présenté… Il a failli mourir, ou devenir fou, jamais il n’a pu l’imaginer, ou voir venir ce qu’elle manigançait, bien que des signes l’aient mis en garde mais il avait comme d’habitude tout déformé pour la mettre au dessus de tout soupçon. Et quand elle lui a dit qu’elle a été manipulée, comme un idiot il l’a cru…

Il a pardonné, ou peut être son amour était si intense qu’il a pu effacer l’ampleur de ce mal et faire revivre le rosier qu’ils ont a deux planté. Il a pardonné, mais il n’a jamais pu oublier. Il n’a pas su que ça sera une suite de concessions, qu’elle abusera de sa vulnérabilité, sure de son amour pour elle, elle était sure qu’à chaque fois il lui reviendra, il n’est plus que cette marionnette qu’elle tire les ficelles à sa guise et selon ses humeurs, le pousser loin puis le réclamer pour le voir errer en larmes à ses pieds… Surement un sentiment de grand plaisir, de réussite, de gloire et de fierté il lui procurait surtout quand elle trouve les mots pour le rendre coupable et responsable de ce qu’elle appelait un jeu de chat et de souris et qui causait ses excès de colères souvent trop blessant et injustifiés.

Et à un moment, il n’a plus la force de supporter, ou plutôt, même avec son amour si fort, une carapace épaisse s’est endurcie autour de son cœur, et il commence à voir la vérité, sa vérité, et l’amour qu’il lui portait, après une longue agonie, a laissé son âme filer vers le non retour.
Il la voit aujourd’hui, courir vers d’autres bras, crier son désarroi. Jouer le rôle de la victime trahit pour la deuxième fois, pleurer sa malchance, elle, l’être douce qui peut tout tolérer sauf qu’on la trahie ou qu’on touche à son honneur. Pauvre la nouvelle proie qui tombera entre ses mains, aura-t-elle la chance d’être mise en garde ? Il a déjà pitié de lui, celui qui la croira et lui offrira son cœur dans un plat...

Elle peut se lamenter sur son sort, pleurer toutes les larmes, susciter la pitié de tous les hommes qui croiront en sa sincérité et sa grandeur d’âme jusqu’au jour ou le soleil illuminera leur voie.

Elle ne saura pas un jour se mettre devant le même miroir de jugement qu’elle met à tout son entourage sauf à elle-même…

Ce sont ces souvenirs qui surgissent, qui le hantent, rien de beau, rien de grand, rien d’intense, rien de vrai, sauf le mal, et c’est pour ça qu’il est temps qu’elle sache que dans son cœur elle n’est plus la reine, que le trône restera vide, il a besoin de temps, de beaucoup de temps, pour guérir ses blessures.

Pour la première fois, il part sans regarder derrière lui, sans vouloir savoir ce que ses mots ou ses actes vont engendrer, mais qu’elle aille raconter ses histoires et ses déceptions à qui elle voulait, ça ne lui fera plus rien, mais il a juste pitié de celui qui va croire à ses manigances et tomber dans ses pièges bien camouflés, elle aime trop jouer à la victime, à l’innocente qui juge tout le monde sans un jour penser à se juger…

Elle trouvera surement quelqu’un d’autre à l’aimer ou à la croire, mais elle ne pourra plus retrouver ce qu’elle a perdu, car, heureusement pour lui, il ne l’aime plus.

mardi 26 juillet 2011

Marie Laforet - Y'a pas d'raison




Y a pas de raison que l'on se mette à pleurer
Y a pas de raison parce que tu veux t'en aller
Pour vivre Vivre ailleurs qu'ici
Y a pas de raison pour en faire tout une histoire
Y a pas de raison pour qu'on dessine tout en noir
Faut faire, rien faire

L'amour c'est comme les années qui s'en vont
Y en a qui disent merci d'autres disent pardon
Moi je n'ai rien fait pour ça
Alors ne me demande pas de changer tout ça
La vie n'est pas comme on dit dans les chansons
C'est quelquefois plus gais quelquefois plus con
Moi je n'ai rien fait pour ça
Alors ne me demande pas de pleurer pour toi

Y a pas de raison pour que l'été ne revienne pas
Y a pas de raison même si toi tu n'es plus là
J'espère, j'espère mais j'y crois pas

Y a pas de raison que je ne descende plus au jardin
Les fleurs ça pousse même si on a du chagrin
C'est bête, trop bête
Les souvenirs ça se cultive comme les pois de senteur
C'est fragile faut pas exposer aux malheurs
C'est facile de garder tout ce qu'on a eu de beau
Ensemble autrefois
C'est vrai que j'ai pas rajeuni depuis le temps
Que l'on s'est rencontré, je me trouve mieux qu'avant
La jeunesse c'est pas douer pour le bonheur un peu
deux tout simplement
Quand tu reviendras je serai là
Je dirai rien ni au chien ni aux voisins

Les souvenirs ça se cultive comme les pois de senteur
C'est fragile faut pas exposer aux malheurs
C'est facile de garder tout ce qu'on a eu de beau
Ensemble autrefois

Y a pas de raison

lundi 25 juillet 2011

وقيّت باش تقيّد



تنجموا تفرحوا توّة، الصّراف اللّي فوق السبعة ملاين حصلوا و قيدوا... آش مازال؟ تي تفتوفة سبعة ملاين في سبعة ايام يكملوا بقدرة القادر و تولّي نسبة المسجلين كاملة كيف العادة 99.99 بالمائة.... تباركاللّه علينا الّي يسمعنا نحكيو على مستقبل تونس تقول الوطنيّة بعدنا حرمت، اما كي نجيو للرّسمي ما تلقى كان كعبتين صراف... و من بعد نقولو ما فماّش شرعيّة، الثّورة ما كملتش، و دم الشهداء ما زال ينادي...

وقيّت راهو، آني كيفك ما زلت ما نعرفش شكون نختار، آني كيفك ما زلت عندي ازمة ثيقة في الحكومة و اللّجان و في الثورة في حد ذاتها، آني كيفك السّياسة ما تهمنيش برشة، آني كيفك تونس في قلبي و محبّتها حتّى حد ما ينجّم يشكّ فيها... هاكا علاش قيّدت، سجّلت، و نهار 23 اكتوبر باش نكون في الموعد و منّا لغادي’ حتّى كان ما زالت الرّؤية عندي ما توضحتّش، ماصّو فارغ و يبقى هاكا رايي و عبّرت عليه، حقّي و واجبي كيما هو حق و واجب كل تونسي يحب هل البلاد بعيوبها و نقائصها اما راهي تونسنا، و اللّي ما عجبوش، اتو ندبّرلو حرقة احسنلو و احسن لهال البلاد

وقّيت مالا، هز بطاقة تعريفك و طيرلاقرب مكتب تسجيل، و انتي خارج تفكّرني كان حسّيت اللّي حسّيتو آني، تونسيّة وديما راسي عالي و نفتخر ببلادي و نغير عليها و ما نتمنّالها كان الخير

mercredi 20 juillet 2011

Une guerre est toujours une guerre...


"Les guerres ne sont jamais gagnées, elles sont toujours perdues"

Une guerre n'est pas toujours deux armées qui s'affrontent, qui se battent pour se tuer...
Une guerre n'est pas toujours un gagnant et un perdant qui cède du terrain au premier...
Une guerre n'est pas toujours du sang qui s'écoulent et des cadavres éparpillés...
Une guerre n'est pas toujours une haine qui met face à face deux ennemis effarouchés...
Une guerre n'est pas toujours la seule démarche, la seule solution pour avoir une paix...

Une guerre est toujours un mal, une mal compréhension, un blocage de communication...
Une guerre est toujours un terrain brulé, une vie saccagée, un massacre et une division...
Une guerre est toujours une porte fermée, une idée, un préjugé et un refus de toute discussion...
Une guerre est toujours une énergie saccagée, une créativité condamnée et une hallucination...

Il y a des guerres qui font du mal beaucoup plus qu'une arme dans une main d'un guerrier...
Il y a des guerres qui séparent des cœurs qui se sont jurés que pour toujours ils vont s'aimer...
Il y a des guerres où aucune gouttes de sang n'a coulé, mais des rivières de larmes elles font verser...
Il y a des guerres non annoncées, non prononcées, mais avec elles on ne fait que reculer même avec une impression de la gagner...

Et c'est pour ça, dans une guerre, personne ne peut prétendre avoir gagné ou emporté son trophée...

Dans une guerre les moments son pénibles, les sensations contradictoire, mais faut il une guerre pour savoir savourer la paix?

Tendons nos mains, acceptons nos différences et nos différents, tolérons nos fautes et nos bêtises, apprenons à pardonner et fondons ensemble en paix notre vrai paix...

mardi 19 juillet 2011

انا قيّدت و انتي وقتاش؟


بالامس فقط حملت نفسي و سجّلت اسمي للمشاركة في انتخابات المجلس التّاسيسي. الظروف طيّبة للغاية في مكتب التّسجيل الاقرب من مقرّ اقامتي، شابّتان في مقتبل العمر، مبتسمتان مع اسنقبال رائع و خدمة سريعة. لولا فضولي لما تجاوزت عملية التّسجيل الدّقيقتين...

انا مبارح سجّلت و ليوم هزّيت جارتي سجّلت، قالولي الزّوز بنيّات انو الاقبال شويّة و خاصّة النّساء و الشّباب بين 18 و 25 خذيت على روحي عهد الاّ اني ماني مخلّية حتّى حدّ نعرفو الا ما نهزّو يسجّل، ما فهمتش فاش يستنّاو... هذا حقّ و زادا واجب... و الي ما زال، وقيّت يحرّك روحو اصلحلو و انفعلو..

jeudi 14 juillet 2011

معانقة النّسيان


خذ معك كتبي و اوراقي
خذ معك لحنى و اشعاري
خذ معك حبي و كياني

خذ معك جنون احلامي

خذ معك عشق وجداني
خذ معك لغط اوهامي
خذ معك دمع احزاني

خذ معك كلّ كلماتي


خذ معك ذاكرتي

و دفتر اسراري

ارحل

فمراكبك غادرت شطآني
و مرافئي اهترات تحت دوس الاقدام
وسمائي سئمت سياط الاوجاع

ارحل

و اترك لي لحظة
استمتع فيها
بمعانقة النّسيان

vendredi 8 juillet 2011

Tu n'as pas le droit



Que fais tu seul sur ce pont
Avec des larmes pleins les yeux
Tu jures par le nom de Dieu
Que ta vie est finie
Que tu es sans courage
Que tu es sans mirage
On ne meurt que deux fois, alors
Alors pourquoi pas toi

Tu n'as pas le droit
Ne baisse pas les bras
Quelques part quelqu'un n'attend que toi
C'est pourquoi tu n'as pas le droit
De laisser tomber ta croix
Il y a encore de l'amour pour toi

Je ne suis pas prophète
J'ai connu bien des tempêtes
Mais j'ai toujours vue dans le ciel
Renaître le soleil
Retrouve ton courage
Ce n'est pas un mirage
On ne vit qu'une fois
Alors pourquoi pas toi

Tu n'as pas le droit
De baisser les bras
Quelqu'un quelques part n'attend que toi
C'est pourquoi tu n'as pas le droit
De laisser tomber ta croix
Il reste encore de l'amour pour toi

Moque toi de tes tempêtes
Et oublie les prophètes
Tu verras le soleil
Renaître dans le ciel

Que fais tu seul sur ce pont
Avec des larmes pleins les yeux
A jurer par le nom de Dieu
Que ta vie est finie
Oublie tes défaites
Il te reste des fêtes
Quand la vie semble fini
Il reste l'infini

Tu n'as pas le droit
De baisser les bras
Quelqu'un quelques part n'attends que toi
C'est pourquoi tu n'as pas le droit
De laisser tomber ta croix
Il reste encore de l'amour pour toi

samedi 2 juillet 2011

Une promesse, sur le pont de Passy…


C’était en début juillet, une nuit, à Paris, la capitale de tous les rêves, de toutes les promesses, et de tout l’amour…

De tous les ponts de Paris, qui traversent la Seine sur de long kilomètres, elle a choisi ce pont… Pas loin de la tour Eiffel, spécifique par son architecture, le viaduc ferroviaire lui ajoute beaucoup de charme et le rend si spécial pour elle… Elle lui préfère son ancien nom, le pont de Passy devenu le pont de Bir-Hakeim, mais ce n’est pas ça l’essentiel, car c’est sur ce pont qu’elle aura une promesse donnée depuis une éternité déjà…

Elle a visité Paris plusieurs fois, mais à chaque visite, elle lui découvre un charme nouveau, un charme féérique, hors norme et hors dimension. Elle adore errer dans ses rues, dans ses grandes surfaces, visiter ses monuments grandioses et majestueux. Elle aime s’immiscer dans la foule, observer ses mouvements, ses enchainements, et les lumières des appareils photos captant des moments à ne jamais oublier. Écouter ses cris d’émerveillement, ses pas résonnants… Elle aime faire ça en silence, discrètement, ses sens sur terre et sa tête dans les nuages, dessinant à sa façon une réalité et un rêve qui ne vont jamais se croiser…

Ses pas la mènent au le bord de la Seine, laissant derrière elle une foule de toutes les nationalités venant visiter ce qui a pour longtemps été une des merveilles du monde, une tour en fer ou en acier qui s’élève haut vers le ciel… Elle se trouve au bord de ce pont, la nuit étale son obscurité sur les lieux, une obscurité déchirée par mille lumières qui scintillent. Elle se rend compte qu’en dessus, le métro passait, elle entend ses roues caresser les rails quand elles traversent sa voie ferrée…

Arrivée à son milieu, elle regarde cette ile artificielle sur laquelle son pont reposait. Elle observe cette route étroite où s’allongeait, avec deux lignées d’arbres aux cotés. Elle arrive même à voir cette miniature de la statue de la liberté qui est dressée à l’autre bout de l’ile aux Cygnes…

Elle marche d’un pas lent, laissant tout derrière elle, pour regarder la tour briller à sa droite et admirer les bateaux mouches qui sillonnent l’eau sous son pont, avec une musique douce, et des voyageurs qui admirent la beauté des lieux… Sa robe longue dansait aux sons de toutes ces lumières, de toutes ces musiques, de toute cette nuit lumineuse qui l’enveloppait…

Elle a pour un moment hésité quelle robe porter. Sa robe bleue azur, couleur d’une mer qui connait tous ses secrets. Un bleu à qui elle a confié ses joies et ses moments amers. Un bleu à qui elle a offert, un jour, un rêve tant espéré en le découpant en milles morceaux. Un rêve perdu à jamais. Son bleu l’a trop supporté, l’a trop écouté, l’a englouti avec ses humeurs et ses mystères, qu’elle le laisse pour ce soir en paix…

Elle a enfin opté pour une robe verte, avec des feuilles blanches d’un jasmin qui chatouillait ses narines avec une senteur d’été. Un mariage entre la verdure d’une nature prometteuse et la pureté d’une fleur symbole des terres qu’elle vient de quitter. C’est une robe qui enveloppait son corps, laissant ses épaules nues savourer la douceur d’une nuit de juillet…

Elle entend ses pas derrière elle, des pas lents mais surs. Elle sent son parfum qui a enveloppé son cœur la rendant plus légère qu’une plume que le vent mène à des lieux imaginaires. Elle le sent approcher, s’arrêter à ses cotés, envelopper ses épaules par ses mains puis par sa veste avec laquelle il la couvrait. Il pensait que c’est cet air frais du soir qui causait ce frisson en elle, il ne savait pas quel effet sa présence avait sur elle…

Sans un mot, il a déposé ses lèvres sur les siennes, elle a levé la tête pour accueillir l’élixir de la vie, de l’amour, de l’éternité…

Elle ne saura jamais quel temps tout ça a duré, mais elle a été emportée, elle a posé sa tête sur son épaule et fermé les yeux. Sur son épaule elle aime tant se reposer, faire filer tous les chagrins du passé. Sa main posée sur sa taille réduisait toute distance qui puisse les séparer. Elle voulait garder en elle ce moment, un moment d’une promesse jurée. La promesse d’un long baiser, un baiser partagé une nuit de juillet, sur le pont de Passy… Et cette promesse a été honorée, et ses effets dureront pour l’éternité. Une promesse n’est que pour une fois donnée et elle ne se renouvellera plus jamais…

jeudi 16 juin 2011

TRACY CHAPMAN: THE PROMISE




Si tu m'attends
Alors je viendrai pour toi
Bien que j'eusse voyagé loin
J'ai toujours gardé une place pour toi
Dans mon coeur
Si tu penses à moi
Si je te manque un seul instant
Alors je reviendrai à toi
Je reviendrai et remplirai ce vide dans ton coeur

En me souvenant de ton toucher
De ton baiser
De ta chaude étreinte
Je retrouverai mon chemin
Vers toi
Si tu attends

Si tu rêves de moi
Comme je rêve de toi
Dans un endroit où il fait chaud et sombre
Dans un endroit où je peux sentir
Les battements de ton coeur

Je t'ai attendu avec impatience
Et j'ai désiré
Voir ton visage et ton sourire
Pour être avec toi partout où tu étais

S'il te plaît dis-moi que tu attendras
Ensemble à nouveau
ça serait si bon d'être dans tes bras
Là où tous mes voyages finissent
Si tu fais une promesse
Si c'est une que tu peux tenir
Je jure revenir à toi
Si tu m'attends
Et me dis que tu garderas
Une place pour moi
Dans ton coeur

lundi 13 juin 2011

أقلام و ألوان





طفلة كانت، تحمل حيث تذهب أقلامها، و دفترا لعدّة أوراق بيضاء اختلطت بأخرى لم يعد فيها مجال لجرّة قلم...
أوراق بيضاء كانت تملؤها برسومات... أو بالأحرى هي خربشات تصوّر بها ما يجول بخاطرها...
قبل أن تتعلّم الرّسم بالكلمات، كانت ترسم بالألوان...
قدرها أن يكون القلم رفيقها، صديقها، أنيس وحدة لازمتها منذ الصغر...
بعض الألوان اهترأت لكثرة الاستعمال...
الأصفر لشمس ترسل بشعاعها في شكل خطوط تنطلق من ركن ايمن لتملأ كلّ المجال...
الأزرق لبحر او لسماء، ترسمهما كما ترسم الصّفاء الذي لا تشوبه شائبة...
البحر عشق، و العشق كما البحر هدوء ثم زبد ثم هدوء لا نهاية له، يزاوج الأفق في لقاء بدون لقاء...
السّماء أمل، مناجاة، يداعب فيها القلم الأزرق نقاوة الصّفحة البيضاء، كما تلامس أنامل العاشق، برفق، ابتسامة على ثغر حبيب...
الأخضر حياة، عشب و أشجار، تراقص ريحا خفيت عن الأنظار، تصوّر إنبعاثا، أملا وانتظار إزهار...
الأحمر أقحوانة، غافلت سنابل القمح لتزين صفرتها ، و تشاركها تراتيل صلاتها، و تزين بالياقوت و المرجان بريقا صقله الصيف منبئا بحلول الحصاد...
الأحمر ابتسامة شفاه، لحظة صفاء، نداء للحب الى حد العشق، الى حدّ الذّوبان...
طفلة كانت، تلقي بأقلامها البيضاء، ماذا يفعل البياض لصفحة بيضاء؟
مجرد إكمال للعدد كان يعني لها، او ضرورة لتدرّج الألوان ، فمن الأبيض يكون الإنطلاق، وصولا لحلكة السّواد...

.......

تقدّمت السّنوات و تحوّل بياض صفحاتها الى سواد...
غدر و خيانات...
دموع و خيبات...
تعب و تهيّؤات...
فما أحوجها اليوم إلى أقلامها البيضاء، ترسم بها و لو خطّ أمل رفيع ينير كل السّواد...
لم تحتجها صغيرة فالقتها، و عندما احتاجتها اليوم لم تجدها، إذ ضاعت مع الأيّام و السنوات في سلّة المهملات...
فلم يبق للأوراق بياضها، و لم تبق من الأقلام الاّ السوداء...

.
بحثت في محافظها القديمة، طرقت أبواب الجيران ... سألت كلّ الأطفال...
أهدوها أقلامهم البيضاء... فكل ما حولهم ضياء...
رسمت في سواد الظلمة قمرا... منيرا، مشعّا، متألّقا رغم حلكة اللّيل و رهبة الظلام...
واحتفظت لأطفال يرسمون اليوم شمسا و بحرا و حقل أقحوان... ببعض البياض لأيّام لا تتمنّاها لهم بدون اقمار...
ظل قمرها و راء سحب الشتاء الحالكة...و ظلت تترقبه ككل الحالمات... ففصل الشتاء زائل و الربيع قادم...
سيزهر كما أزهر زهر الأقحوان... أو شقائق النعمان... ستشرق شمسها وتنير كما كانت تشعّ على كلّ الأرجاء

samedi 11 juin 2011

L’allumeuse…


Comme chaque soir, elle franchit les portes de ce bar de luxe très fréquenté comme toutes les fins de semaine. Elle est moulée dans sa robe rouge rubis, qui mettait en valeur toutes les courbes de son corps, dessinant ses fesses rondes, sa poitrine saillante et dévoilant des épaules biens arrondies. Ses hauts talons aiguilles battaient le granite du parterre attirant des regards assoiffés guidés par son parfum fort qui emplissait la salle dépassant l’odeur du tabac. Elle s’installe sur sa chaise haute et commande son premier verre qu’elle boit d’un seul trait cherchant à trouver le courage ou l’audace pour commencer la tâche qui l’attendait.

Une couleur rose apparait sur ses joues déjà trop maquillées. Un sourire dessine ses lèvres pulpeuses tracées par un rouge vif bon marché qui a laissé ses traces sur le cristal de son verre déjà vide. Elle dresse les épaules, lève sa tête en ajustant une mèche de ses cheveux couleur de miel tenus en chignon derrière sa nuque avec un geste lent et provocateur. Elle fait le tour des tables avec son regard expert, évitant les tables où s’installaient des couples, avec eux ça ne dépasse jamais un regard d'admiration ou un sourire discret. Ses proies s’installent souvent seuls au bar et elle sait faire la différence entre ceux qui viennent boire un verre et partir et ceux qui se fuie et fuie leur réalité pour une sensation forte même s’ils sont certains que ce n’était qu’illusoire. Parmi ces derniers, elle cherche ceux que le portefeuille peut supporter toute une nuit avec des boissons couteuses et prêts à partager cette évasion d’une nuit avec une inconnue.

Elle sait qu’elle n’est qu’une fille de nuit, une fille de joie, mais quelle joie ? Cette joie qui l’a quitté depuis des années ? Ou les nuits qui ne se terminent jamais ? Elle ne faisait que fuir la joie dans la discrétion de ses nuits…

Elle a perdu depuis si longtemps sa joie de vivre, perdu son sourire qui se dessinait seul sans besoin de le forcer, perdu son dynamisme qui d’habitude la rendait comme un beau papillon aux reflets du printemps et de la beauté de ses couleurs ensoleillées. Elle a aussi perdu une spontanéité qui la caractérisait, qui laissait son cœur et son corps s’exprimer sans besoin de les freiner. Elle a perdu tout ça dans un moment où elle a découvert qu’elle n’était que cette allumeuse aux yeux de ceux qu’elle croyait tout son univers et toute sa vie, aux yeux qu’elle croyait la comprendre, quelle croyait l’aimer. Un moment de déception lourd, comme toutes ses déceptions...

Quelle douleur de se voir différente aux yeux d’un être cher. Quelle douleur de voir un visage, un reflet, qui n’est pas sien mais qu’on lui a donné malgré elle, le reflet d’une allumeuse qui n’est point différente des filles de la rue. Et le plus dur, c'est que ça vient dans un moment de sincérité...

Et depuis, elle a décidé de l’être, chaque soir, quand tout envi de vie l’emmène à ce bar, exercer son boulot, pour un verre ou deux gratuit, pour une danse, une chanson, un rire qui n’a jamais dépassé les limites de ses lèvres.

Son charme, l’étincellement de ses yeux sous l’effet d’un verre bu à la hâte, ses gestes gracieux, son intelligence, la mettaient toujours en bonne compagnie. Elle passe une partie de la nuit à boire, à bavarder, à charmer, à faire l’idiote pour faire croire à son partenaire qu’il a déniché la plus rare des perles et qu’il est le plus intelligent ou le plus chanceux. Quand c’est prémédité, quand elle ne fait que manipuler, quand c’est des gestes bien étudiés et préparés, c’est toujours réussi. C’est bien le boulot d’une allumeuse…

Mais, ne se fait-elle pas croire qu’elle peut encore plaire ? Qu’elle peut encore charmer et avoir de l’effet ? N’essaye-t-elle pas de fuir d’elle-même et fuir le mal qui se creuse au fond d’elle, qu’elle seule sentait, et savait bien le cacher derrière un masque de gaité?

Une allumeuse elle est, ou elle a décidé de l’être. Personne ne pourra lui échapper ou même lui résister, une experte elle est…

Une allumeuse, c’est son identité, une fonction qu’elle à choisi d’exercer, et dans tout ce qu’elle fait, elle a l’habitude de toujours exceller…

Une allumeuse elle est classée, car aucun sentiment n’émanait de son intérieur, de son cœur et c’est sans aucun plaisir il était fait, c'était juste un jeu…

Une allumeuse elle est considérée, car on sait qu’il faut la payer pour tout ce qu’elle fait, un verre ou même un regard doux et charmé lui suffisait…

Juste une allumeuse elle est, elle ne fait qu’éveiller, des désirs refoulés, et prendre la fuite avant qu’une main ne puisse sur elle se poser…

Une faible elle est, mais elle ne veut jamais l'admettre ou le montrer. L'alcool seul la fait libérer. Une grande tristesse couverte de trop de bonté, en larmes est extériorisée. Une seule espérance, un seul rêve elle avait, sentir un jour qu'elle est vraiment aimée, et vivre enfin en paix...

jeudi 9 juin 2011

Aujourd'hui, on commence le bac...


Depuis ce matin, en faisant mon tour quotidien, j'ai passé devant les deux lycées et centres d'examens de ma ville. La radio dans la voiture ne parlait que de ça, et des envoyés reportaient la situation dans les quatre coins du pays. Conclusion générale: tout va bien, tout est en ordre, tous sont mobilisés pour faire réussir cet examen national qui est aussi un examen pour tout le pays.

Je commence par souhaiter bon courage et bonne chance à tous ceux qui sont en ce moment précis entrains de philosopher. Bon courage à leurs parents, leurs enseignants qui eux aussi passent indirectement les différentes épreuves.


Les jours comme celui ci, me font revenir des années en arrières, et je réalise que ça fait presque un quart de siècle que mon père, et pour trois jours à l'époque, me conduisait au lycée et m'attendait à ma sortie à la fin des épreuves. Depuis, beaucoup de choses ont changé.


Je commence par comparer les 19% comme taux de réussite à l'époque et les 60 et même 70% de ces dernières années, le niveau a surement changé, et je ne pense pas que c'est vers le mieux.


Le bac a perdu beaucoup de son charme. Ces 25%, n'a fait qu'augmenter les taux de réussite mais en contre parti a multiplié les bénéficiaires et surtout ceux qui donnent des cours particuliers et l'acharnement des professeurs pour enseigner les classes terminales. Et je me rappelle encore les consignes des directeurs d'établissements pendant les conseils de classes pour que la plupart des élèves aient leur moyennes, ce qui permettra d'augmenter le nombre des admis.
Tout cela sans tenir compte du niveau des diplômés, et les professeurs universitaires vous diront des merveilles sur le profil des nouveaux bacheliers.

Je me rappelle aussi le jour des résultats, c'était un jour si spécial, où tout le monde attendait 16h pour passer au lycée, le seul lieu où on peut savoir nos résultats à travers ce haut parleur et on voyait ceux qui n'ont pas eu la chance de réussir s'éclipser en silence, les larmes aux yeux, sans aucun mots, les autres poussaient de cris de victoire et échangeaient les félicitations. Cette chaleur humaine donne une sensation difficile à décrire.
A l'époque il n'y avait pas de portables, alors à la maison, la famille, les voisins et les amis sont tous à l'attente du premier qui arrivera avec la bonne nouvelle. Quand on réussi, on ne rentre pas aussitôt, mais on partage notre joie avec nos amis, on encourage ceux qui vont passer dans quelques jours les contrôles, et on réconcilient ceux qui n'ont pas eu de chance.
Et je ne vous raconte pas quelle sensation j'avais en arrivant à mon quartier en klaxonnant et que tous ceux qui étaient à l'intérieur, sans aucune nouvelle, sortaient m’accueillir, certains les larmes aux yeux, d'autres avec des cris de joies en se précipitant pour m'embrasser et me serrer fort, et j'étais comme si j'ai fait le grand exploit ou emporter le plus grand des trophées. Et c'était vraiment un exploit pour une paresseuse comme moi qui a sur un coup de tête fait au bac une réorientation pour passer de la branche math science à la branche littéraire.
Et je n'ai pas seulement réussi, mais aussi avec mention assez bien.

Le jour des résultats ces dernières années n'a rien de spécial, avec un sms on peut avoir même la moyenne et les notes, certains ne passent même pas à leur établissements, ça devient trop froid et sans aucune chaleur ou suis je peut être trop nostalgique?...


Mais n’empêche, que cette chaleur je l'ai senti ce matin, en voyant les parents souriant accompagner leurs jeunes bacheliers, et avec le sourire vigilant, ces parents qui ne se connaissaient pas il y a de là un mois, se chargeaient (avec d'autres) de la bonne marche des examens en formant des barrières de protection devant les différents centres d'examens, c'est comme ces comités qui surveillaient les quartiers pendant des nuits en janvier et même après, et ça fait vraiment chaud au cœur.


Enfin, je n'ai qu'un souhait, revoir le bac tunisien reprendre sa valeur nationale et internationale, et cela ne peut arriver que si une grande réforme bien étudiée touche les programmes et les pédagogies d'enseignement ainsi qu'une prise en charge du corps enseignant ainsi que des élèves pour que le tunisien soit toujours à la hauteur, et ne cherche plus le bonheur loin de la frontière de notre patrie.


Pour l'occasion, je souhaite aussi la réussite pour les plus petits, qui passeront le concours de neuvième année ou de sixième année pour s'inscrire aux lycées et aux collèges pilotes. Et un souhait spécial de réussite et d'excellence pour deux petits garçons si spéciaux pour moi (A et Y) qui passeront ces examens dans quelques jours, ainsi que ceux ou celles que je connais ou je connais leurs parents soucieux de la réussite de leurs petits.

samedi 4 juin 2011

Mendier… La profession de luxe.

Être mendiante comme je suis, n’est pas juste un boulot, un travail ou un métier, c’est une profession. Pour réussir cette tâche, il faut bien être professionnel.

Le professionnalisme apparait à plusieurs niveaux. Il faut avant tout être connaisseur de la psychologie des gens, leur état de morale, leurs attentes, leurs valeurs et convictions, ce qui facilite le ciblage du public auquel on est censé demander ce qu’on leur doit.

En second lieu, il faut connaitre la conjoncture sociopolitique et socioéconomique de l’environnement où on doit exercer. Cette connaissance permet d’orienter le discours qui doit être bien étudié et bien appris avant de le présenter et cela en fonction du lieu où on tend la main.

Enfin, et pour ne citer que les conditions de base de la profession de mendier, il faut se mettre à jour, en suivant les informations qui ne concernent pas seulement l’état des lieux mais aussi la conjoncture mondiale pour bien choisir le personnage qu’on doit jouer pour être plus influent et pour que la rente soit plus conséquente.

Là, je n’ai parlé que de généralité, et surtout des connaissances qu’il faut avoir pour réussir ce métier et être professionnel. Mais il faut avant tout avoir le bon profil. Pour cela je vais parler de mon expérience personnelle qui saura convaincre que mendier est vraiment le plus beau métier et que c’est une profession de luxe.

Je suis une femme qui approche la cinquantaine, et j’ai presque quatre décennies dans le métier. Avant tout, je veux préciser que je viens de terminer ma villa dans mon village natal sur un terrain qui dépasse les milles mètres carrés. C’est ma maison pour la retraite, les trois appartements que j’ai achetés aux fils des années me permettront une bonne rente mensuelle digne d’un président qui a préféré seul dégager.

Je suis née dans une famille très modeste, pour ne pas dire très au dessus du seuil de la pauvreté. Dès mes sept ans, j’étais déposée chez une famille à la capitale pour sortir du trou de rats où on habitait et aider ma grande famille. Au bout de deux ans, j’ai réalisé que je suscite toujours la pitié avec ma jambe que je déplace difficilement et ma figure d’une pauvre innocente imbécile. Alors, j’ai bénéficié de beaucoup de dons qui dépassaient de loin mon salaire de rien de tout. Et c’était un gain facile sans aucun effort comparé aux taches que je devais accomplir pour mériter ces quelques sous qu’on envoie à mes parents sans que je sente même leur odeur. Ces années m’ont permis de savoir qu’il ne faut pas toujours mettre de l’effort pour avoir ce qu’on veut.

A dix ans, j’ai fugué, pour me retrouver à la rue, ma plus grande école. J’ai commencé par vendre les papiers mouchoirs aux stations ou à courir les voitures que certains conducteurs me donnaient de l’argent en lavant leurs vitres aux feux rouges… Mais la fatigue est grande et le gain n’est pas si grand.

Devenant plus mure, j’ai changé les méthodes de travail. Il y a des moments où la pauvreté pèse sur la conscience des gens, et ils se sentent qu’en donnant un peu de ce qu’ils possèdent apaisent leur conscience et les rends plus satisfaits d’eux-mêmes. Ces moments là n’en manque pas, une rentrée scolaire, la période des examens quand les parents n’attendent que la réussite des siens, les catastrophes que provoquent la nature dans les quatre coins du monde et qui donnent au gens une sensation que la mort n’est pas loin d’eux. Il fallait juste choisir les bons mots, qui se dirigent vers le point sensible dans chacun pour qu’il mette vite la main dans la poche et sortir ce qu’il peut de pièces de monnaies et parfois même un billet. Tout ça sans parler des occasions religieuses ou les vendredis où le rendement est très honorable même pour les apprentis mendiants.

Mon mari qui est aussi du domaine, a choisi un autre secteur de fonction. Il a choisi les hôpitaux où il lui manquait toujours de l’argent pour faire un scanner ou un IRM pour un parent gravement atteint, et ceux qui sentent le mal de la maladie sont les plus sensibles aux maux des autres.

La révolution a été aussi bénéfique, bien que beaucoup d’intrus soient entrés dans le domaine, mais ils sont loin d’être professionnels. Montrer un cachet sur un passeport et des points de sutures bien dessinés en disant être rescapé des bombardements de tripoli à la recherche de quoi rejoindre une famille qui n’a aucune nouvelle, rend la rente si énorme qu’on est obligé de la déposer dans nos comptes bancaires…

Le seul inconvénient, c’est le vision qu’a la société de nous, biens que les mêmes personnes qui nous fait vivre et s’enrichir nous considèrent comme des parasites qu’il fallait s’en débarrasser. Et cela s’est aggravé par les méthodes primitives qu’utilisent les nouveaux qui les rends connus dans un même lieu et avec les mêmes paroles et leur manque d’orgueil en se jetant sur les gens et en trop insistant. Car, pour être un mendiant professionnel, il faut savoir être fier, car ce qu’on fait est noble, on ne fait qu’apaiser la conscience de ceux qui susceptibles d’avoir un infarctus ou de devenir fous à cause du stress de la vie.

Par ailleurs, chaque personne dans ce bas monde ne fait que mendier, chacun à sa façon. Mendier la paix, la liberté, l’amour, mendier une nuit sans cauchemars… Et j’espère juste qu’on n’arrive jamais à mendier, un pays qu’on a lutté pour construire et qui se perd dans les obscurités… Le chercher, et ne plus le trouver…

Ou arriver un jour, à mendier une autre patrie, fuyant la notre où il n'y aura plus de liberté, si on baisse les bras, laissant à ceux qui se disent démocrates nous dicter nos vie... Il n'est plus temps de mendier... Il faut savoir garder... Il faut savoir lutter, pour que vers l'avant on puisse aller...