Les rencontres de si Lahbib et sa voisine deviennent de plus en plus régulières. Ils ne peuvent plus attendre les voyages de sidi Ali pour se voir. Les jeudis matin sont devenus sacrets pour les deux amants. Après avoir passé une heure à son bureau, il sort sous prétexte de papiers à régler, il passe voir sidi Ali dans son entrepôt pour être sur qu’il y est et passe vite chez sa voisine.
Le bain est un rituel pour elle et il l’est devenu pour lui. Il s’est demandé parfois le pourquoi. Pourquoi elle insiste toujours à le laver avant de passer à la chambre à coucher ? Le considère-t-elle si sale lui qui vient juste de prendre sa douche matinale ? Est elle une maniaque de propreté qu’elle le veut toujours si frai ? Il lui a posé une fois la question, elle a répondu qu’elle n’a jamais eu d’enfant et elle veut avoir la sensation de gâter son petit qui devrait être le plus cher et qu’elle n’a pas de plus cher que lui. Depuis, à chaque fois qu’elle savonne son corps il fait encore l’enfant pour lui faire et surtout se donner plus de plaisir.
Lella Feyza n’a jamais douté de son mari et surtout de la voisine. Parfois elle prépare un bon déjeuner qu’elle donne à son mari pour lui faire gouter ses plats quand sidi Ali est absent. Si Lahbib faisait semblant qu’il ne voulait pas y aller, mais elle le suppliait car elle avait des choses à faire à la maison. Elle n’a jamais su qu’elle a participé à les approcher, en offrant à son mari et à sa voisine un petit moment d’intimité.
Lella Feyza se croyait intelligente, que son mari est un acquis et que jamais l’idée de voir ailleurs puisse l’affleurer. Elle donne même des conseils à ses collègues de travail pour pouvoir garder à elles seules leurs hommes. Il faut être vigilante, bien surveiller, charger leurs emplois du temps par des affaires qui concerne la famille ou des connaissances partagées. Et surtout, surtout ne pas lui laisser la liberté financière. Une maitresse pour elle ça nécessite des dépenses, et tant qu’il est fauché et tout son argent casé selon ses loisirs à elle il ne pourra jamais y penser…
Si Lahbib se sentait au septième ciel. C’est cette femme qui lui convenait, le gâtant, le respectant et surtout elle ne pose jamais de conditions ou de questions et n’a jamais eu d’exigences. Elle n’a même pas besoin de cadeaux… Elle ne lui coute rien sauf une présence hebdomadaire pour un moment de plaisir partagé. Ses jeudis avec la voisine lui font oublier les charges de la famille, du travail et toutes ses obligations. La relation a duré pendant plus d’un an, personne n’a douté ni lella Fayza, ni sidi Ali, ils cachaient bien leur jeu et prenaient toutes les précautions.
Si Lahbib se plait dans sa nouvelle relation, un jour, il a demandé à la voisine de se marier, de laisser tomber leurs familles et de vivre à deux. Mais elle a refusé. Ce qui les liaient n’était juste qu’une entente et un plaisir partagé. Elle n’a jamais pensé laisser le luxe où elle vivait et que la vie commune ne pourra que les éloigner. Si Lahbib s’est énervé. Il a senti pour la première fois qu’il vivait une double vie et qu’il trahissait sa femme et ses enfants.
Et il a décidé de tout arrêter. Il a informé la voisine qu’il va la quitter. Il a demandé sa permutation à une autre ville. Avec toute sa famille il a déménagé à des centaines de kilomètres de toutes les tentations que la voisine lui offrait. Dans une autre ville, plus petite que la capitale où il pourra être plus proche des siens. Lella Feyza l’a suivi sentant que les avantages sont grands pour les enfants qui seront plus entourés dans leur adolescence. La voisine l’a supplié de rester, de continuer leur double vie sans poser trop de questions mais pour lui il ne voulait pas les choses à moitié.
Après plus que deux années, si Lahbib pense encore à ses bons moments passés avec la voisine. Mais une sensation de culpabilité le dérangeait. Il a senti qu’il a trahi sa femme qui l’aimait et qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Mainte fois il a eu l’envi de tout lui dévoiler, de se livrer de ce fardeau qui le dérangeait. Mais ne voulant surtout pas la blesser, il n’a jamais osé.
Dans son journal intime, qu’il garde bien au fond d’un tiroir dans son bureau ; il a écrit une lettre à sa femme qu’il ne lui a pas encore donné. Essayant de lui expliquer ce qu’il a fait et au fond de lui un espoir d’être pardonné.
« Ma chère épouse.
Je voulais commencer cette délivrance par t’affirmer que je t’aime et que je ne pourrais jamais te blessé. J’ai eu une aventure passagère qui n’a pas trop duré. C’était la voisine que tu connaissais. Elle m’a bien gâté et j’ai même pensé un jour te quitter pour vivre ma vie avec elle. J’ai fait une grande bêtise, je le sais, et j’aurai dû t’en parler avant de chercher le plaisir ailleurs.
Mais tu es en partie responsable de ce que j’ai fait. Tu me considère comme si j’étais ta propriété privée, que je dois me plier à tous tes loisirs et tout ce que tu aimais. Tu m’as négligé et tu t’es négligée. Depuis quelques années tu n’es plus la femme que j’ai aimée. Tes cheveux longs que j’ai adorés tu les as coupés puis sous une voile cachés. Tous tes habits sexys tu as jeté. Tout le temps tu ne t’occupais que de ton travail, de la maison, des enfants et de ton image que tu voulais refléter sans jamais penser à ce que j’aimais. En hivers tu refusais toute intimité, ne voulant pas à chaque fois te doucher. Quand un jour je t’ai acheté un parfum et une lumière tamisée tu m’as dit qu’on est vieux pour ces jeux et que les enfants commencent à nous guetter.
Notre vie de couple se limite à des petits instants dans le noir volés car tout le temps tu es fatiguée. J’ai essayé de t’en parler, de te changer, de reprendre la jeune femme qui m’a un jour impressionné par son sourire et ses grands rêves. Je veux reprendre ma belle chérie qui était unique à mes yeux et que je n’ai pas cessé d’aimer.
Le temps est passé, mais entre moi et toi je veux qu’on soit toujours des jeunes amoureux comme on l’a été pour de longues années. J’ai peur qu’une autre fois la tentation me prends loin de toi.
Au fond de nous ma chérie on est toujours des enfants, ou je ne suis qu’un enfant qui a besoin de plus d’intérêt, plus de temps à parler, à oublier tout ce qui nous entoure et de vivre juste pour nous deux, je n’ai pas trop demandé…. »
Si Lahbib cherche encore une solution pour s’en sortir et ne pas encore tomber dans les pièges de la tentation car il aime sa femme et ne veux plus la blesser même si elle ne le saura jamais…


















