En apparence ce n’est qu’une petite tache noire, ronde. Cette tache on la trouve dans un texte quand on termine une idée et on commence une autre, une ouverture vers d’autres idées et d’autres histoires. Elle nous rappelle qu’on doit utiliser une majuscule ou retourner à la ligne. Ce n’est qu’une étape pour passer à une autre.
Le point final est toute une autre histoire. Il a la même allure, la même rondeur, la même taille minuscule, mais il cache en lui pleins de significations parfois apparentes et parfois cachées qu’on doit creuser pour les trouver.
Ce point final est une nécessité, une obligation, une fatalité. On peut parfois le prévoir, sentir son arrivé, le savoir approcher, l’imaginer, sans besoin de le voir. Parfois, il est brusque, il vient à l’improviste, au moment où on ne s’attend pas à lui. Il est tranchant, blessant, ne laissant même pas un moment de réflexion. Dans les deux cas, le point final est toujours une coupure, une blessure mais aussi une guérison.
Dans la vie, on a beaucoup de point final. Ces points, comme la fin d’une enfance, fin des études, fin de célibat, fin d’une maladie, d’une peine, d’un amour… ne sont que des petites étapes qui passent parfois sans vraiment s’en attarder. Mais ces points, bien qu’influant dans la vie de chacun ne représentent que des étapes qui annoncent l’arrivée d’une autre, ce n’est qu’un livre qu’en termine pour en prendre un autre, différent avec d’autres histoires et d’autres petits points.
Entrer dans une autre étape de la vie, peut parfois tracer un point final à la précédente. Certains considèrent par exemple que le mariage met un point final à l’amour. Les problèmes financiers, la vie commune, le manque de dialogue et de communication… participent à la naissance lente d’un point final de l’amour. La routine met aussi un point final à la passion… Ces points arrivent lentement, comme s’ils sont cultivés et nourris par de l’insouciance. Mais dans ces cas, le point, bien que final, peut être effacé, en écrivant une autre étape après, en ayant plus de créativité, et l’amour et la passion renaitront de nouveau.
D’autres points sont irréversibles. La mort et un point final définitif à la vie. Le divorce et une fin du mariage, l’absence est une fin de la présence…
Parmi les points finals les plus douloureux, c’est la fin d’une amitié. L’amitié qui a pris du temps pour s’installer. Installer une confiance et une complicité. Un échange de rires et de beaux souvenirs. Une épaule où crier ses peines ou fêter ses joies. Un conseil, une folie, ou simplement une oreille pour écouter sans rien commenter. Une amitié sans limites et sans trop calculer.
Mais quand le point final s’installe, c’est un point de non retour, un point encré difficile à effacer. Et c’est vraiment dommage que ce point final soit tracé même si on veut parfois le nier, mais il est là, si rond et si noir.














