
Quand je l’ai vue, je l’ai connue, j’ai su qu’elle représentait par excellence cette expression. Une mère aussi dévouée, je n’imagine pas que ça puisse exister, au point qu’elle exagère parfois.
Elle a deux enfants, elle les a eus après une grossesse difficile et un accouchement aussi douloureux. Mais c’est normal, aucune mère ne dira que sa période de grossesse ou son accouchement n’étaient qu’une partie de jeu.
A une simple égratignure, une monté de fièvre, une toux, elle est la première présente chez le pédiatre ou parfois même aux urgences, elle ne tolère jamais que l’un de ses enfants puisse souffrir pour un moment. Elle connait alors la liste de tous les anti inflammatoires, les antibiotiques, elle les a tous utilisés que les petits corps de ces deux enfants ne pouvaient plus résister même à une brise d’été (j’exagère surement, mais elle en fait trop).
D’un autre coté, elle veille si bien sur leur éducation, sur leurs bonnes manières en société et sur l’accomplissement de leur personnalité. Entre la danse, la natation, la peinture pour sa fille qui n’a même pas les cinq ans, elle ne fait que courir d’un lieu à autre sans arrêt et sans fatigue. C’est une femme dévouée, qui a les moyens d’offrir à ses enfants toutes les opportunités, alors pourquoi les priver ?
Son petit qui n’a que deux ans est vraiment à croquer. Aussi beau et aussi mignon avec son sourire et son hyperactivité, devant toutes les bêtises qu’il fait, personne ne peut le gronder.
Depuis quelques jours, le drame est annoncé, ce petit n’a que quelques semaines à vivre. Tous les proches le savaient, mais personne n’a osé l’annoncer à la mère, comment pourrait elle l’accepter.
Des paroles de ma grand-mère me revenaient, elle disait que quelques enfants portent en eux la mort, tellement beaux, tellement adorables, tellement rayonnants, qu’ils ne sont pas fait pour vivre et la mort les prends aussi tôt.
Quand je regarde cette femme porter son enfant dans ses bras, l’embrasser, le serrer fort à elle, l’admirer jouer, je vois dans ses yeux une lueur étrange qui me disait, que même si elle ne le savait pas elle le sentait surement. Le cœur d’une mère sent le drame arriver, même si elle ne perçoit pas avec précision ce que c’est.
Et je me demande, comment peut-on consoler une maman qui perd son enfant ?
Qui perd son bébé, qu’elle a passé des longs moments à l’imaginer, grandir devant ses yeux. L’imaginer porter son premier cartable et son premier tablier, l’imaginer ayant son bac et passant à l’université, l’imaginer un jeune marié, tenant la plus belle fille à ses cotés… Comment pouvoir accepter que tous ces rêves s’effondrent par fatalité ? Comment admettre ne pas sentir son parfum, voir son sourire ou l'entendre dire maman?
Des milliers d’enfants meurent chaque journée, sous les bombardements assassinés, d’autres par la faim ou la maladie et derrière chacun d’eux il y a surement une mère qui les pleurait, mais pourraient elles l’admettre ou l’accepter ? Ou auraient-elles la possibilité, qu’un jour elles pourraient oublier ?
Croire que c’est une volonté des divinités peut parfois apaiser, un sentiment d’impuissance devant leur grandeur, mais n’empêche, que c’est cruel de voir son enfant disparaitre de devant ses yeux. Une mère donnera sa vie pour son enfant et préfère mourir mille fois que de le voir souffrir.
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Et je tourne le visage, essuyant une larme que je n’ai pas pu garder dans mes yeux, refusant d’imaginer cette maman, souriante jouant avec son bébé dans quelques semaines le pleurer.


















